lundi 30 janvier 2012

Les syndicats? Des modèles vertueux à suivre?

Passant mon temps, ainsi que les autres indépendants, à me faire traiter de fraudeur par mes amis les syndicats, je me suis demandé si je pouvais m'inspirer de leurs pratiques pour être moins fraudeur et encore plus vertueux.

Alors que ma société est en Belgique, a ses comptes en Belgique, rémunère son gérant en Belgique, déclare tout ses revenus, a une personnalité juridique et peut être citée en justice, ne fait pas de "noir", publie ses comptes annuels et est imposée à l'ISOC...je me suis demandé ce que j'avais fait de "mal". Les syndicats, sont ils des modèles des théories qu'ils défendent?

Ma société a une personnalité juridique

"La personnalité juridique est l'aptitude à être titulaire de droits et de devoirs". Toute personne physique dispose de la personnalité juridique de par sa naissance. Une société, ou personne morale, dispose de la personnalité juridique de par sa constitution et la volonté des personnes morales qui la créent.
Les conséquences de la personnalité juridique: elles ont des droits qui les font assimiler à des personnes physiques. Elles peuvent ainsi posséder des biens, conclure des contrats, ester en justice ou être citées.

Les syndicats, en Belgique, n'ont pas de personnalité juridique. Si vous avez un conflit avec un syndicat, il est inutile de déposer plainte ou de demander à ce qu'il comparaisse en justice. Vous ne pouvez citer un syndicat. Alors même que la loi leur reconnaît à eux d'attaquer ma société en justice sur les plans pénaux, sociaux, responsabilités civiles ou autre, moi, je ne peux rien faire à leur encontre, quand bien même ils causeraient grand tort à mon entreprise ou se retrouveraient civilement responsables de dégats.
"Bien que les syndicats ne disposent pas de la personnalité juridique en Belgique, la loi leur reconnaît le droit d’ester en justice et d’entreprendre des actions légales et également de conclure, au nom des travailleurs qu’ils représentent, les conventions collectives du travail" source: Droit Belge.

Ce fait n'est nullement ignoré du législateur qui le souligne lui même notamment dans des débats sénatoriaux:
"Il est dès lors très surprenant que les syndicats, qui sont de grandes et de puissantes institutions — et qui disposent de moyens légaux et de moyens financiers considérables — sont inexistants en fait sur le plan juridique. C'est en vain que l'on recherchera l'ASBL « FGTB » ou la scrl « CSC », parce que les syndicats belges ont toujours été des associations de fait sans personnalité juridique. Il n'est pas étonnant que, du côté des responsables politiques, des universitaires et des employeurs, des voix s'élèvent régulièrement pour affirmer qu'il serait quand même préférable que les syndicats se dotent de la personnalité juridique, a fortiori après des prises d'otages menées par des délégués syndicaux contre des membres de la direction d'entreprises comme Sigma Coatings ou AGC Automotive à Fleurus.
Les syndicats se sont toutefois toujours résolument opposés aux demandes en ce sens des responsables politiques et de la société.
Doter les syndicats de la personnalité juridique ne constitue évidemment pas un but en soi. La demande en ce sens est fondée sur la conviction qu'eu égard au rôle qu'ils revendiquent et qu'ils jouent dans notre société, les syndicats doivent faire preuve de transparence et rendre compte de leurs actions. (...) La question est donc de savoir pourquoi ils adoptent pareille attitude et si celle-ci est encore admissible au début du vingt et unième siècle. (...)
L'éternel argument qu'ils invoquent pour justifier leur refus — à savoir, qu'ils se trouveraient dans une position de faiblesse vis-à-vis des employeurs si ceux-ci connaissaient l'état de leurs caisses de grève — n'a aucun sens, d'abord, parce que, dans notre pays, les conflits sociaux qui durent des semaines, voire des mois, et dans lesquels chaque partie cherche à pousser l'autre dans ses derniers retranchements, sont (heureusement) fort rares, et, ensuite, parce que les syndicats possèdent eux aussi de très nombreuses informations stratégiques sur la situation des entreprises et peuvent savoir ainsi combien de jours de grève une entreprise peut (ne peut pas) se permettre. Le fait que dans d'autres pays européens, comme les Pays-Bas, les syndicats aient la personnalité juridique et publient leurs données financières, prouve de surcroît que les arguments des syndicats belges ne tiennent pas.
En refusant d'acquérir la personnalité juridique, les syndicats refusent aussi toute responsabilité ainsi que le corollaire juridique de celle-ci, à savoir la responsabilité civile. Il est regrettable que, dans le cadre des actions qu'ils mènent, les syndicats nuisent régulièrement aux intérêts de tiers, mais cela semble inévitable." Source: Senat, Proposition de loi déposée par Mme Annemie Van de Casteele)
Mais les syndicats, n'en veulent pas...
«Nous n'avons de statut juridique et nous ne tenons pas à en avoir. Nous respectons la loi et la situation actuelle garantit la liberté d'action et de grève. Un statut juridique nous affaiblirait, car nous pourrions dans ce cas, être poursuivis pour des actions de grève sauvages»,défendent en choeur les syndicats. source La Libre Belgique
Conclusion du point un, si je veux être vertueux, surtout ne pas m'inspirer de l'attitude syndicale en matière juridique...
 
Ma société a ses comptes en Belgique et publie des comptes annuels
 
Non seulement elle a ses comptes en Belgique, mais ceux-ci peuvent être contrôlés à tout moment par les agents du Fisc (en matière d'impôts des sociétés), de la TVA, de l'ONSS etc. De même, quelle que soit la dépense ou la rentrée financière, celle-ci doit être inscrite dans la comptabilité avec des pièces justificatives, et doit se rapporter à l'objet social de l'entreprise. Cette comptabilité résulte en des comptes annuels qui sont publiés à la Centrale des Bilans, sont publics et accessibles à tous par différents moyens dont internet.
 
En matière de transparence, on fera difficilement mieux. En cas de doute, le fisc, l'administration TVA ou l'ONSS peuvent procéder à un contrôle de votre comptabilité, des pièces justificatives, peuvent perquisitionner à toute heure du jour et de la nuit, sans mandat d'un juge d'instruction et toute preuve non régulièrement récoltée devient recevable (l'indépendant et la PME sont donc traités pire que des terroristes pour qui il faut: une instruction ouverte, un mandat du juge d'instruction, attendre 5heures du matin pour perquisitionner etc).
(...)ce jugement "ouvre la boîte de Pandore" et désormais, le fisc va se voir accorder "des pouvoirs illimités" lors de contrôles fiscaux. Selon Me Maus, ce jugement rompt avec quelques principes fondamentaux qui encadrent le travail de l’Inspection spéciale des Impôts. "Les inspecteurs ont le droit de fouiller dans toutes les armoires et tous les tiroirs, y compris la nuit, ce qui n’est même pas admis dans le cadre d’affaires pénales, pour lesquelles les perquisitions se font sous la supervision d’un juge d’instruction." Le fisc ne doit, toujours selon les termes de ce jugement, demander à personne la permission pour agir de la sorte. Dans la loi, il est fait mention d’assistance du contribuable mais selon le tribunal, ceci signifie seulement que l’inspecteur peut demander à être aidé par le contribuable lorsqu’il n’arrive pas à mettre la main sur certains documents. Enfin, toujours selon Me Maus, le tribunal semble appliquer aux affaires fiscales la jurisprudence "Antigone" - qui stipule qu’une preuve irrégulièrement acquise peut dans certains cas néanmoins être retenue(...) Source: La Libre Belgique, 20 janvier 2012
Où sont les comptes bancaires des syndicats? Pas en Belgique! (Pas tous à tout le moins). Les comptes bancaires des syndicats, leur trésor de guerre se trouve(nt) dans des paradis fiscaux!
Malgré les pourcentages avancés par les uns ou les autres, on n'en connaît pas vraiment le montant. Tout au plus, la CSC déclare qu'elle a mis une partie de la caisse de grève (environ 25 millions d'euros) au Grand Duché de Luxembourg.  
«Ce n'est pas de l'argent noir. Le transfert d'une partie de la caisse de grève à l'étranger a notamment pour but de limiter la vulnérabilité du syndicat notamment contre une intervention des pouvoirs publics (entre autres blocage des comptes) en cas de grève générale ou d'autres actions», explique Roland Dewulf du secrétariat de Josly Piette, patron du syndicat chrétien. Source: La Libre Belgique
A l'abri de tout regard indiscret du fisc ou de ses affiliés. Ces comptes ne sont pas déclarés, les revenus qu'ils génèrent ne sont donc pas soumis au précompte mobilier que paie tout citoyen ou toute entreprise de ce pays. ET C'EST MOI QU'ON TRAITE DE FRAUDEUR?
 
Les syndicats ne publient pas de comptes annuels. Et pour cause, ils n'ont pas la personnalité juridique et ne ressortent donc d'aucune norme comptable. Est-il bien normal qu'un organisme comme un syndicat n'ait pas de comptes financiers à rendre? Un syndicat est un intermédiaire qui paie les allocations de chômage et reçoit pour ce faire de l'argent public.
 
En outre, un syndicat fait du bénéfice: argent des entreprises (car c'est le plus surprenant, les entreprises financent, par le biais des primes syndicales, les syndicats qui s'amusent à les bloquer...), cotisations des membres (déductible fiscalement d'ailleurs), financement de l'Etat. Tout ceci génère un bénéfice qui n'est pas imposé! Et c'est encore moi qu'on traite de fraudeur? Si vous voulez une étude du financement des syndicats, je vous suggère de lire: "Financement des syndicats: étude d'administration comparée. Le cas de la Belgique". Ou encore l'article de La Libre Belgique sus mentionné.
 
Conclusion du point deux: en matière de transparence financiaire et de contribution à la solidarité: ne pas imiter les syndicats.
 
Ma société me paie un salaire qui est déclaré et imposé en Belgique
 
Outre le fait que ma société, par un caprice étrange du législateur, paie une cotisation sociale, ma société me paie aussi un salaire.
 
Ce salaire est déclaré, je paie un IPP dessus et des cotisations sociales. lL tout est contrôlé à l'aide d'innombrables fiches de déclaration et je peux être contrôlé à tout moment et blablabla, voir un peu plus haut.
 
Et le syndicat? Le syndicat réclame à cors et à cris que les salaires des patrons et des administrateurs soient publiés en toute transparence. Réclame que le moindre avantage soit taxé, retaxé et de préférence surtaxé pour participer à une solidarité à laquelle finalement lui, ne participe guère...
 
Vous serez donc ravis d'apprendre que les syndicats ne paient pas de cotisations sociales sur les salaires qu'ils versent. Tenez, il n'y a même pas de contrat de travail légal vu qu'ils n'ont pas la personnalité juridique. Ils échappent donc à toute législation sur les licenciements, durée de préavis, concertation sociale et autres amuseries du genre qu'ils se plaisent à imposer aux différentes entreprises: ." Source: Sénat, proposition de loi.
"En refusant de se doter de la personnalité juridique, les syndicats échappent également à l'obligation de payer des cotisations sociales sur la rémunération complémentaire valant partie de salaire qu'ils versent aux employés qui sont détachés auprès d'eux. Comme les syndicats sont des associations de fait, aucune cotisation sociale ne peut être prélevée sur la rémunération complémentaire qu'ils versent aux employés qui sont détachés auprès d'eux. En effet, il ressort d'un arrêt du 11 février 1988 de la Cour du travail de Liège qu'aucun contrat de travail ne peut exister entre l'employé détaché et l'organisation syndicale auprès de laquelle il est détaché. En conséquence, les organisations syndicales ne peuvent pas être considérées comme l'employeur de ces employés dispensés de service et elles ne doivent dès lors pas payer de cotisations sociales sur les indemnités complémentaires en question. Pour la sécurité sociale, il en résulte un manque à gagner de 1,4 million d'euros par an.
Finalement, cette situation a également d'importantes conséquences pour les travailleurs des syndicats en général. S'ils ne peuvent pas être désignés en tant qu'employeur dans les contrats de travail qu'ils concluent, il n'est jamais possible de les assigner en justice en cas de conflit de travail. Les travailleurs des syndicats se trouvent ainsi dans une position de grande faiblesse par rapport à un employeur, qui, comble d'ironie, est précisément chargé de défendre les droits des travailleurs en général
J'attends par ailleurs, comme corolaire aux demandes syndicales de transparence en matière de salaires des grands patrons, que ces même syndicats publient les salaires (non imposé?) et avantages en nature de leurs dirigeants. Ces syndicats qui critiquent les véhicules de sociétés mais en fournissent à leur classe dirigeante. Publiez donc s'il vous plait.

Conclusion du point 3: en matière de concertation sociale, de transparence sociale et de participation à la solidarité: Ne pas imiter les syndicats.

Conclusion

Les syndicats, ces associations de fait, sans personnalité juridique, sont-elles si bien placée en matière de moralité ou de responsabilité sociale?

En résumé:
- pas de personnalité juridique
- pas d'obligation de publication des comptes
- pas d'imposition sur le résultat
- usage des paradis fiscaux et argent noir
- pas de précompte mobilier
- des charges sociales réduites
- du personnel sans contrats légaux
- du personnel sans représentant pour le défendre
- l'impossibilité d'ester en justice que ce soit en matière de responsabilité civile pour les dommages causés lors de leurs actions ou
- en matière de contrat de travail pour leurs travailleurs
- pas de transparence en matière de politique salariale de leur dirigeant.
- et peut être d'autres aspects que je n'ai pu citer, ai oublié ou n'ai pas connaissance.

Et "ÇA" mesdames et messieurs, ça se permet de donner des leçons en matière de gestion, de responsabilité ou d'orientation de notre socitété.
Et bien "ÇA", je suis navré, je ne pourrai jamais le respecter, alors même que je suis convaincu que des syndicats peuvent être de vrais partenaires.

mercredi 25 janvier 2012

Je suis un indépendant, pas un fraudeur.

En ces temps d'austérité économique, pas un jour ne passe sans que de nouvelles mesures fiscales ne soient prises pour renflouer les caisses vides de notre bon Etat pseudo social.

1. Les voitures de sociétés

Je vous avais parlé en novembre de la razzia gouvernementale sur les voitures de société, avec ce corolaire probable qu'à trop vouloir pomper dans les poches des travailleurs, le gouvernement finirait peut être par se retrouver avec moins de revenus que ce dont il disposait aujourd'hui. Et ces mesures ne sont pas prêtes de diminuer au fil des publications gouvernementales.

Ainsi, soupçonnant la fraude et le vol probable des deniers de l'Etat, le gouvernement a décidé que même les véhicules d'occasion seront soumis à la nouvelle imposition à concurrence d'un MINIMUM de 70%.
Ainsi Le Soir écrit:


L’avantage sera calculé sur 100% de la valeur catalogue de la voiture augmenté des options à l’achat. Après un an, il sera calculé sur 94pc de ce montant. Celui-ci continuera à diminuer ensuite de 6% par année jusqu’à un minimum de 70%.

Petite réflexion de base: PLUS PERSONNE NE PAIE SA VOITURE AU PRIX CATALOGUE. Mon avantage est-il réellement ce prix catalogue "foireux" et artificiel offrant justement des marges de négociations aux deux parties? J'ai pu personnellement négocier une remise de 10% de la valeur catalogue et ai reçu des options gratuites. Pourquoi dois je être imposé là dessus?

Secundo, un véhicule s'amortit en 4 ans...pourquoi l'avantage ne décote-t-il que de 6% par an? Et que même après 5 ans, l'avantage reste bloqué à 70%? Si une telle mesure n'est pas du racket sur le travail, je ne sais pas ce que c'est. Car petit rappel indispensable, les véhicules de société n'existent que parce que l'imposition du travail est déjà trop forte. Quasi recordman européen que nous sommes, ce gouvernement a l'ambition de battre un nouveau record, après celui tristement célèbre des 540 jours, et de devenir champion tout catégorie en matière de racket de l'activité.

Le corollaire annoncé ne se fait pas attendre: d'une part on annonce un nombre croissant de Belges faisant immatriculer leur véhicule au Luxembourg (pas sur que ce soit intelligent, les plaques jaunes étant depuis longtemps dans le collimateur du fisc, et l'indice est plutot du genre "grosse cible, vas y butte moi") et d'autre part, les demandes de travailleur demandant de rendre leur véhicule et de recevoir l'équivalent en salaire commence à apparaitre. Et ce n'est pas fini, attendez que les permières fiches de salaires tombent.

Ce qui aura un effet dramatique pour les PME! Pour rappel, j'avais fait un petit calcul, hors carburant, un véhicule en leasing à 500€ par mois coûte net environ 378€-420€. Pour le même avantage en nature payé en salaire, le coût pour l'entreprise sera de 1.300€. Vous pensez vraiment que les petites entreprises pourront le financer?

2. Les indépendants et les sociétés de management

Autre cible...les indépendants... Ces imbéciles qui ont décidé de prendre un risque et que l'Etat a décidé de livrer à la vindicte populaire. Haro sur les indépendants! Ces sales petits fraudeurs et voleurs qui refusent de payer leur quote part à la solidarité.

2.1 Les réformes fiscales 2000-2010

On nous annone sans cesse que l'Etat a diminué l'impôt et que le contribuable y a gagné. C'est vrai dans une certaine mesure. Mais ce qui fut donné aux uns, fut repris aux autres. L'impôt des indépendants n'a JAMAIS diminué. Sur les 10 dernières années, les études montrent que la pression fiscale sur les indépendants n'a jamais cessé d'augmenter. Alors? Des gens qui ne veulent pas "participer à la solidarité" les indépendants?

Un indépendant, c'est une personne qui a pris le risque de lancer son activité, de s'endetter, de créer de la richesse. C'est une personne qui n'a pas droit au chômage ni à certains mécanisme de sécurité sociale. C'est un idiot qui paie cher pour sa pension mais recevra in fine une des pensions les plus faibles d'Europe et plus basse que celle d'une personne ayant chômé toute sa vie. Est-il anormal qu'une personne qui a pris tous ses risques, qui travaille souvent 60 à 70 heures par semaine, tente de limiter sa pression fiscale et de profiter des fruits de son travail? Est-il anormal qu'elle cherche à économiser pour ses vieux jours? Est ce la description d'un "fraudeur"?

2.2 Sociétés de management

Quand on est indépendant, souvent on se constitue une petite société. Réduire, comme le fait aujourd'hui le gouvernement Di Rupo, la société à un véhicule fiscal échappant à l'impôt est réducteur, bête, et mensonger. C'est d'ailleurs une technique habituelle de nos gouvernements que de livrer à la vindicte populaire une tranche de la population pour expliquer ses déboires financiers. Il y a quelques années, ce sont les profs qui étaient des "je men foutistes", "glandeurs", "carotteurs" et qui ne pensaient qu'à leurs congés et à leurs prépensions (et après on s'étonne du manque de considération pour les profs? Merci Laurette de les avoir démoli aux yeux de la population), puis on a eu droit au "marché" (c'est pratique le "marché", sauf que c'est plus difficilement imposable), les banques y sont passées (elles ne sont pas des blanches colombes soit, mais on en profite pour occulter que les Etats, personne ne les forçait à s'endetter) etc etc.

Aujourd'hui donc, outre les voitures de sociétés des employés (et des indépendants), on a décidé de massacrer littéralement les indépendants eux même, les PME et les sociétés de management.

Une société de management permet, il est vrai d'optimiser son taux d'imposition. Il faut quand même savoir que c'est un droit dont dispose tout contribuable et qui a été reconnu dans divers jugements des cours et tribunaux. L'optimisation fiscale n'est pas de la fraude, elle est le choix de la voie la moins imposée.

Une société de management, ce n'est pas que ça pour l'indépendant entrepreneur. (notez la subtilité; entrepreneur: celui qui entreprend, qui lance une activité. Pas celui qui va gérer une grosse entreprise sur BEL-20 sans avoir pris le moindre risque hein...).

Une société de management, c'est:
  • un outil permettant de protéger le patrimoine familial en cas de problème financier. C'est séparer les deux patrimoines et créer une personne morale avec des droits et beaucoup d'obligations et un contrôle renforcé.
  • un outil permettant d'assurer la crédibilité de l'activité auprès des banques et des clients. Il faut un capital minimum, il faut publier des statuts, des comptes annuels.
  • un outil permettant à l'indépendant de se préparer une forme d'épargne pension car l'indépendant a une des pensions les plus misérables d'Europe malgré son travail et ses cotisations.
  • une marque et une image de marque.
  • etc
Réduire la société de management à un mécanisme frauduleux est tout simplement mensonger et inepte. Et c'est en outre insultant pour celui qui a pris le risque de créer son propre emploi. Qu'il y ait des abus, on ne peut pas le nier. On notera d'ailleurs que ces sociétés de management ont été un mécanisme de prédilection de beaucoup de politiciens se trouvant opportunément "placés" dans des entreprises publiques et autres intercommunales. Le tout bien sur, eux, sans avoir jamais pris le moindre risque.

2.3 Les mesures...

Outre le fait, je l'ai déjà dit, que le taux d'imposition des indépendants n'a jamais cessé de grimper ces dernières années, l'Etat a donc décidé de nous presser un peu plus.

a) Dividendes

Jusqu'ici, et dans une certaine limite liée au capital libéré (ce qu'oublient souvent de mentionner nos formidables écrivaillons de la presse de qualité de notre pays), les dividendes étaient taxés à 15%. Pour partie seulement, cas fort logiquement, ce qui dépassait de cette limite était requalifié en revenu et taxé au taux IPP (50%). Demain, les dividendes seront taxés à 25%.

Ces dividendes ne sont pas le fruit de mon capital! Mon capital est le fruit de mon TRAVAIL! Quand j'ai commencé mon activité d'indépendant, je n'avais rien. Je risquais même de tout perdre comme le savent ceux qui me connaissent. Ma banque m'a fait confiance sur base de mon plan financier et m'a prêté le capital minimum de 12.400€. Je payais alors 11% car il s'agissait d'un prêt personnel. Quand j'étais prêt à tout perdre, OU ETAIT L'ETAT? Nulle part! A part me faire payer pour enregistrer les statuts, ouvrir un numéro TVA etc, nulle part.

Je dois payer 25% sur mes dividendes? C'est oublier que j'ai du bosser pour rembourser mon emprunt personnel (votre société ne peut le payer pour vous ni s'auto-constituer un capital). Mes intérêts de 11% étaient-ils déductibles de mon IPP? NON. Alors pourquoi mon bénéfice doit il l'être aujourd'hui? Je ne nie pas la nécessité de l'impôt et de la solidarité. Mais il faut que cette fiscalité soit juste! Et que la solidarité soit réellement partager par tous. Payeurs comme allocataires.

b) Avantages de Toute Nature (Nature)

Au titre des ATN, on retrouve la maison de l'indépendant ou sa voiture de société. Ils sont clairement dans le collimateur du fisc. Ainsi, sur base de mes quelques ATN, fruits de mon travail je le répète, je ne les ai volé à personne. N'ai demandé aucune aide, aucun subside, je ne vole pas mon salaire...
Bref, sur base de mes quelques avantages, mon PRP vient d'exploser de ... 26%. Vingt-six pourcents d'augmentation! Et mon salaire, je l'ai fixé en 2006, je ne l'ai jamais indexé.

Sur base des dernières simulations, mes cotisations sociales exploseront (désolé de la répétition, je ne trouve pas d'autre mot) de 18%. Mais je n'aurai pas une prestation sociale en plus.

Et pourtant ces ATN sont une source de revenus pour l'Etat!
Sans ma société, jamais je n'aurais pu acheter ma maison actuelle. Maison sur laquelle l'Etat a touché 21% de TVA. Cette maison, c'est aussi de l'emploi généré dans le secteur de la construction. Bref, oui, je pourrais m'acheter une maison, mais pas une maison aussi neuve ou aussi chère. Et donc, cela générerait moins de revenus pour l'Etat.
Ma voiture? Ma voiture, je me demande si je ne vais pas la racheter en mon nom propre pour non pas limiter mon impôt mais ne plus avoir à le payer du tout. Voilà, à trop vouloir prendre, l'Etat aura moins. Et encore une fois, en mon nom propre, j'aurais acheté un véhicule plus petit probablement... si tous les indépendants ont la même réflexion, le parc automobile a des chances de diminuer en gamme et en valeur. Résultat? Baisse des recettes TVA, de la TMC, de la Taxe de roulage, du revenus des assureurs et des concessionnaires automobiles. Ca, une mesure simple? Je crains que le législateur ait très mal évaluer la portée de ces décisions.

3. Je suis un indépendant, pas un fraudeur

En tant qu'indépendant, je savais que je prenais un risque. Je me suis endetté. J'ai mis ma maison en garantie. J'ai sauté sans filet. J'ai créé mon emploi.

Depuis, les années ont passé et ma vie s'est, il est vrai, améliorée. Améliorée à force de travail. J'ai fait 4 ans (en 6, ok...) d'études, les ai financées moi meme en travaillant à mi temps. Puis j'ai travaillé temps plein. J'ai continué en cours du soir, sans facilité, 3 ans. Puis je me suis consacré plus à mon activité à coup de 60 voire 70 heures semaines. Sans vacances pendant parfois plusieurs années d'affilée. Non, je ne m'en plains pas. J'aime ce que je fais et je ne jalouse personne. Mais ma modeste réussite, je ne l'ai volée à personne et j'estime avoir le droit légitime d'en retirer aujourd'hui quelques fruits. Sans devoir être traité de fraudeur, de voleur, de personne qui ne veut pas participer à la solidarité.

Si vous me lisez, vous savez que je suis pour la solidarité. Mais bien ordonnée et juste. Aujourd'hui, moi qui ai toujours payé plus d'impôts, je me fais insulter et, pardonnez moi l'expression pour populiste qu'elle est, racketter par l'Etat. Et j'en ai marre.

J'ai toujours dit à mon comptable: "c'est normal que je paie des impôts, c'est normal que j'en paie plus quand je gagne plus. Mais optimisons quand même, les taux actuels sont prohibitifs et la gestion des deniers publics est tellement exécrable que c'est un gaspillage de ressources".
Aujourd'hui, je me pose la question, ai je envie de continuer comme ça? Ne vais je pas doucement penser à délocaliser? Ou travailler moins, vu ce que ça me rapporte encore marginalement?

Tous mes revenus bruts vont soit diminuer soit disparaître de ce pays. Et l'Etat, en m'ayant toujours ciblé plus aura fait de moi un évadé fiscal et verra ses revenus baisser d'autant. Le citoyen n'est pas fraudeur mais l'Etat l'y pousse dangereusement.