jeudi 25 juin 2009

Les vrais chiffres de la Dette Belge...

Ou comment présenter un bilan catastrophique comme étant une grande victoire?

Voilà des années que l'on vante la magnifique et magnificiente gestion de la dette publique belge. Qu'à coup de grande communication, on vante les mérites de l'Etat, probe et efficace (sic) qui parvient à faire baisser toujours plus le poids de la dette des épaules des ménages.

Une agence a même été créée pour cela : l'Agence de la Dette.
Cette agence n'est pas mal dans son style communiquant. Ainsi, les chiffres flatteurs sont-ils proposés sous forme de graphiques (ouaw, c'est super, la dette diminue) quant aux chiffres montrant la catastrophe annoncée vers laquelle nous nous dirigeons à grand pas, tel le Titanic vers son Iceberg, ils sont proposés dans d'austères documents pdf remplis de chiffres et planqués au fond d'une arborescence.

Communiquons...

Quand on se ballade sur le site de l'Agence, quand on écoute les communiqués officiels à la télévision ou en radio, quand on lit les journaux, on apprend que la gestion dynamique et efficace de la Dette publique belge a permis de passer d'un taux d'endettement de 133% du PIB à 84% du PIB en 2007.

2008 et la crise font passer ce taux d'endettement à 89,7%. Premier couac.
Mais l'Agence annonce fièrement sur son site :

"Evolution du taux d'endettement (en % du PIB): le taux d'endettement a atteint le niveau record de 133,5% du PIB en 1993. Depuis lors, ce taux à diminué de manière constante."
Et de publier un joli graphique à l'appui de cette proposition:


Nous voilà donc, nous, citoyens, rassurés pour notre avenir. La dette diminue. L'austérité et les efforts conscentis payent. Avec un peu de chance, nos enfants vivront mieux et sans cette épée de Damocles au dessus de leurs têtes.

Les gouvernements pourront dégager des marges et alimenter le Fond Argenté. On pourra entreprendre des politiques sociales bien pensées etc.

Cette pensée est d'ailleurs renforcée par le deuxième graphique (magique) de la page et le texte l'accompagnant:

"Evolution des soldes primaire et de financement (en % du PIB): un surplus
primaire substantiel et un budget structurellement équilibré"


  • solde de financement
  • surplus primaire
  • charge d'intérêt

Avouez que le graphique et la légende qui l'accompagne sont doctes, jolis, et que la communication (méthode Coué?) nous montre que tout va bien, soyons appaisés...

Hélas trois fois Hélas...

Je passe le fait que le quidam lambda ne se préoccupera pas de ce qu'est le solde primaire (différence entre les recettes de l'année et les dépenses de l'année hors paiement des intérêts de la dette!). On lui dit que tout va bien, c'est que c'est vrai. En plus, on le voit bien, on a une jolie courbe qui descend. Ah, c'est la charge d'intérêt... tant que le PIB augmente plus vite que la dette, c'est logique... mais ça ne veut pas dire que la dette diminue hein...

On nous dit qu'on a un surplus primaire substantiel... oh... c'est fantastique, ...sauf qu'à bien y regarder, ce surplus primaire à tendance à diminuer depuis 2001... (il passe de 6,9% à... 2,5!!!). Ce qui signifie en français que l'on a moins de moyens pour payer les intérêts de la dette...

...quant à l'affirmation "budget structurellement équilibré", je me permettrai de ne pas insister lourdement sur le nombre de mesures "one shot" (vente de bâtiments entre autre, libéralisation d'un autre etc) qui font que, non, cet équilibre n'est justement pas structurel!

Revenons aussi sur le passage surprise de 84 à 89,7% du PIB... D'accord il y a la crise... Mais avec les chiffres réels, rien qu'une stagnation de notre PIB avec une légère augmentation de la dette dûe au déficit public nécessité par le renflouement des Banques, nous aurions déjà une augmentations du niveau.

Il n'y a pas de mystère à ça, en chiffre absolu, la dette de la Belgique n'a jamais cessé d'augmenter... Elle est ainsi passée de 255 Mia d'€ en 2001 à 319,75 Mia d'€ en mai 2009 (soit une croissance de 25%). Et, le graphique vous le montrera, ce n'est pas l'effet de la crise que nous traversons!

De fait, nous avons une "accélération" de l'endettement dûe à la crise, mais cette dette restait de tout façon en croissance.

En comptant que nous étions 10 Mio d'habitants en 2001 et que nous sommes aujourd'hui 11 Mio, ça signifie simplement que la dette par tête de pipe est passé de 25.500€ à 29.065€. Chaque enfant belge qui nait commence avec une dette de près de 30.000€ à éponger!

Soit une augmentation de 13,98% par habitant en 8 ans... Et heureusement que notre population est en croissance sinon ce serait encore pire...

Communiquons aussi!

En vue annuelle, voici ce que donne l'évolution de notre dette publique depuis 2001...
La dette de la Belgique à augmenté de 25% en 8 ans... tout celà reste fort loin des discours officiels et des évangélistes budgétaires vous annonçant des marges et des miracles pour demain.



...et juste pour le fun la même dette en vue mensuelle. On notera une meilleure maîtrise de cette dette de 2005 à 2007... mais à part ça... point de salut...


Nous voici donc fort loin des discours officiels que l'on nous serine depuis 10 ans. Il est évident en connaissant ces chiffres que le moindre accident de conjoncture entraîne un effet mécanique important sur notre endettement.

Crise, effet mécanique et futur...

De manière évidente, si nous arrivons dans une période de crise, c'est à dire de décroissance du PIB... même avec une dette n'évoluant pas en valeur absolue nous aurons un taux d'endettement plus important...

Si en prime, cette même dette augmente... mécaniquement, l'effet dette/PIB est renforcé. C'est encore pire quand on sait qu'en période de crise, ces effets sont inévitables et conjugués! Et que la dette augmente d'autant plus que le PIB diminue.

Si le PIB diminue, ça veut dire que l'on produit moins, nous avons donc besoin de moins de gens pour produire, augmentation du chômage, donc augmentation des dépenses sociales avec en même temps des recettes en baisse (IPP, ISOC, TVA)... nous entrons dans une spirale potentiellement infernale!

Il suffit d'ailleurs de lire le graphique de l'agence de la dette pour montrer que nous ne sommes jamais entrés dans un cercle vertueux... mais entreront très rapidement dans un cercle vicieux:
Il faut environ 2 ans pour que le taux d'endettement diminue de 6 % alors qu'en 6 mois, nous venons de l'augmenter de 6%.

Il est d'ailleurs étonnant que les agences de presse (j'ai presque envie de dire de propagande du coup) n'expliquent jamais des choses aussi simple aux gens: le niveau d'endettement peut diminuer même si la dette augmente. Il suffit simplement que la dette augmente plus lentement que le PIB... avec tout les risques que cela comporte.

L'homme politique qui parviendra à faire comprendre ça au gens sera un homme intelligent. Celui qui leur fera comprendre que l'Etat va mieux gérer les recettes pour diminuer la valeur nominale de la dette mais que celà nécessitera de revoir le systèmes des droits acquis sera un Homme d'Etat.

Prospective

A défaut d'homme d'Etat donc, nous sommes forcés de tirer un premier constat: nous sommes dans la mouise.

Le deuxième constat est que les plans de stabilisation et de retour à l'équilibre que l'on nous propose sont LARGEMENT insuffisants. En effet, un retour à l'équilibre en 2015 signifie attendre la prochaine crise. Il faut dire que les crises ont toujours été des prétextes facile pour ne pas tenir ses engagements ou faire passer des choses inacceptables.

Nous sommes en 2009... considérons que les cycles se maintiennent... la crise a éclater mi-2008, fin 2007... Nous avons des cycles d'environs 6 ans...
Soyons très clair, je ne sais pas ce qui causera la prochaine crise. Ce sera probablement une bulle, toutes les règlementations que l'on mettra en place ne pourrons l'éviter (les systèmes et règles implémentés à postériori évitent juste de répéter les même erreurs), le système fonctionne et évolue comme ça. Je sais juste qu'en 2014-2015 nous aurons une crise.

On le sait... il nous faut donc :

  1. être à l'équilibre budgétaire à fin 2012 (et un équilibre Structurel et non One-Shot)
  2. dégager des marges pour revenir au niveau d'endettement de 2007 pour 2013 en gérant la dette de manière active et en activant des programmes d'austérité
  3. profiter de la croissance que nous connaîtrons en 2012 au plus tard pour limiter les dépenses sociales et augmenter les revenus de l'Etat, ce qui implique une révision des systèmes de "droits acquis".
  4. s'attaquer à la valeur nominale de la dette pour rentrer dans un cercle vertueux
  5. dégager des marges et des réserves pour la prochaine crise, alimenter le Fond Argenté.

C'est un programme ambitieux certes mais a-t-on encore vraiment le choix?

Bien sur, ce n'est pas très porteur électoralement...du moins aujourd'hui...

vendredi 19 juin 2009

Une réponse aux Producteurs de Lait... un "OPEL"

Je pense que la majorité d'entre nous a entendu l'appel criant de nos agriculteurs, dépassés par des prix du lait indécent: 22cent le litre alors même que le produire en coûte 40...

Qui ne serait touché par leur situation? Mais aussi ... qui en est responsable? Souvenez vous d'un article écrit voici 2 ans (...et un jour très exactement!) sur la Wal-Martisation de la société. La recherche permanente du low cost rend la plupart des consommateurs complices de cette situation.

Mais je ne peux pas me limiter à vous dire "tous coupables"... les producteurs le sont au moins tout autant, et la réponse qu'ils cherchent auprès des autorités européennes n'est pour moi, qu'un manque de responsabilisation et d'intelligence... ou plutôt, c'est très intelligent et c'est gagner deux fois... pendant que le consommateur paiera...3 fois.

Retour en Aout 2007

Août 2007, la situation était quelque peu différente... Pour rappel, nous vivions une première crise alimentaire. Les prix des céréales et matières premières flambent, on accuse les prix du pétrole et les bio-craburants.

Dans le même temps, vous souvenez vous des prix du lait et de ce qu'il se passait sur ce marché? Et bien pareil... les prix du lait grimpaient, la production n'était plus suffisante! Le journal français le Monde mentionnait même :

Des mesures pourraient être prises dès fin septembre. "Si les tensions persistent et si les industriels rencontrent des difficultés pour s'approvisionner dans de bonnes conditions, nous pourrions augmenter les quotas de production de lait en consultation avec l'ensemble des acteurs de la filière", affirme Eric Alain. De façon durable, le gouvernement peut augmenter de 0,5 % les quotas des producteurs français. Il peut aussi leur allouer provisoirement des quotas supplémentaires de 10 % à 15%. (...)

Deuxième pays producteur en Europe derrière l'Allemagne, la France compte 3,8 millions de vaches et 100 000 producteurs, mais ne réalise même plus le maximum du quota qui lui a été accordé par Bruxelles jusqu'en 2015. (...)

"Il manque un milliard de litres en Europe", résume un industriel. (...)
En cas de pénurie sur le marché européen, les industriels avaient l'habitude de se fournir sur le marché mondial. Mais ce dernier est lui-même confronté à un excès de demande, en raison de la hausse de la consommation dans les pays émergents.
Malgré les prévisions pessimistes et l'annonce d'augmentation de tarifs de 10% en fin 2007 et de 5% en 2008, il semble que le marché se soit complètement retourné (-30%) au point que les prix du lait n'ont jamais été aussi bas (à l'achat dans les laiteries).

Alors... la faute aux quotas? Justement non... mais à une diminution forte de la consommation couplée à une pression forte des centrales d'achats.

La réponse dans les quotas?

NON, NON, NON! Trois fois non. Car ici, le dindon de la farce c'est... le consommateur. Alors OUI, il serait normal que le prix du lait augmente légèrement en grandes surfaces... pour autant que cela permette de rémunérer NORMALEMENT les producteurs. Actuellement la marge prise par les distributeurs sur les produits laitiers semble totalement disproportionnées (mais personne n'en a la preuve vu l'opacité de la formation du prix).

Premières mesures basiques (au niveau européen)

On peut donc déjà envisager deux actions sans toucher aux quotas. D'abord, l'application de la loi qui interdit de vendre à perte! Ce qui obligerait les centrales d'achats à acheter à minima le lait au prix coûtant, et aux agriculteurs de ne pas perdre de l'argent. Celà implique aussi que les grandes surfaces cessent de se servir du lait comme produit d'appel. En effet, de forts soupçons de ventes à pertes existent au sujet des prix pratiqués par certaines grandes surfaces.

Deuxième mesure, légère augmentation du prix du lait en grande surface. Bien que produit de base, de première nécessité, le prix actuel du lait devient tout de même indécent...

Déjà, ces deux mesures doivent permettre de rétablir un tant soit peu les prix du lait et permettre aux agriculteurs de mieux vivre de leur travail.

Il faut aussi savoir qu'à ce stade, les quotas sont toujours en place... ils ne disparaîtront qu'en 2015. Entretemps, demander de remettre en place les quotas me semblent pour le moins malheureux. De plus, quand on limite la production... on garanti aussi une aide à l'agriculteur pour ce qu'il n'a pas le droit de produire... Donc, dans les deux mesures simples et évidentes, l'agriculteur commence à gagner trois choses : prix à l'ahcat, prix à la vente, aide sur quota.

La raison du refus de quotas

Je refuse les quotas car ils ne répondent en rien à la problématique qui existe. La crise de 2007 est là pour le démontrer. Une fois on produit trop, une fois on produit trop peu. Le système n'est pas très flexible.

Je m'oppose aux quotas car on déresponsabilise les agriculteurs. Parce que la PAC est déjà le premier budget européen et que généralement, justement, les aides en place ne vont pas sauver la "petite" agriculture, celle qui est vraiment menacée. Dans les différentes publications européennes, on s'apperçoit que les bénéficiaires principaux des aides européennes en matière d'agriculture sont justement les grandes exploitations qui du coup, bénéficient à la fois des économies d'échelles et des aides publiques. En résulte un dumping "subsidial". Ils peuvent écraser leur prix en dessous même de leurs coûts de prodution et faire du bénéfice grâce aux subsides.

Je m'oppose aux quotas car au lieu de s'organiser (comme on les voit capable de le faire en bloquant Bruxelles...) ils demandent à l'Europe de prendre des décisions et que les choses leur tombent toutes cuites dans la bouche (ok, je caricature un peu là, je ne perds bien sur pas de vue que c'est un métier extrêmement pénible et difficile).

Je m'oppose aux quotas car le pigeon dans l'histoire, c'est le consommateur... et on ne règle toujours pas l'abus de position dominante des Centrales d'achats.

La résultante de la mise en place de quotas est quadruple:
  • L'effet mécanique pur:
    ==>quota = moins de production
    ==>Moins de production=baisse de l'offre à demande constante
    ==>Augmentation prix à l'achat
  • L'effet induit:
    ==>Augmentation du prix à l'achat= justification d'augmentation du prix à le vente
    ==>Généralement, comme on a une justification, on en profite pour augmenter aussi la marge (ce qui ne bénéficie pas aux producteurs soit dit en passant)
    ==>Augmentation de prix triple!
  • L'effet européen:
    ==>Qui dit Quota dit limitation de le production
    ==>limitation légale de production alors que capacité existe = indemnisation pour quantité non produite
    ==>Indemnisation = budget en augmentation (ou coût d'opportunité sur d'autres filières!)
    ==>Soit augmentation de taxe soit autre filière pénalisée.
  • Déresponsabilisation des acteurs en place (proposition dans la section suivante)

En conséquence, je ne peux pas accepter que l'on vienne exiger, manu militari, la mise en place de quota qui ne sont en rien une réponse aux véritables problèmes des agriculteurs et qui sont :

  1. la baisse de la consommation (je cherche les chiffres officiels)
  2. le rôle des centrales d'achat
  3. une modernisation mal maitrisée

La réponse dans "l'OPEL"?

Petit clin d'oeil à l'automobile ici (qui n'est pas non plus à la fête ces temps ci.. et pour le même genre de problèmes de surcapacité d'ailleurs et de manque de responsabilisation des acteurs).

OPEL? Mais cèkoiça?

Simplement un acronyme de mon invention en référence à l'OPEP... Ce pourrait être "l'Organisation des Producteurs et Exportateurs de Lait" par exemple.

Vous me demanderez en quoi ils peuvent ainsi résoudre leurs problèmes...

Ce que moi j'ai vu dans Bruxelles, c'est une mobilisation européenne, c'est une mobilisation organisée et qui aurait pu avoir encore plus d'ampleur. Si localement les producteurs d'allient parfois en coopérative, pourquoi ne pourraient-ils pas s'organiser plus largement?

Je sais qu'on n'aime pas les acteurs dominants.. .mais si celà a pu être fait pour le Pétrole, pourquoi ne pourrait-il en être de même pour les producteurs de laits ou autres produits agricoles?

Nos petits acteurs sont bien confrontés à d'énormes centrales d'achat qui imposent leurs conditions non? Donc qui sont à tout le moins Dominantes si pas organisées en Cartel pour imposer leur prix d'achat! Bref, pour y répondre pourquoi pas des Centrales de Ventes, voire, au niveau Européen un OPEL?

Reprendre la maîtrise de son marché : centrales de vente

L'idée que je mets derrière, c'est un monde agricole qui rentre de plein pied dans le 21ème siècle et qui utilise l'économie de marché plutôt que la subisse. On ne sait pas toujours changer les règles, mais on peut se changer soi.

Si les producteurs s'allient au delà des petites coopératives et répondent aux Centrales d'Achat par des Centrales de Vente avec des vendeurs aguerris aux méthodes des multinationales, il commencent déjà à reprendre une certaine maitrise.

Si on vend 1.000litres, on n'est rien... si on en vend 1 Millions, on commence à pouvoir vendre à ses propres conditions. On commence à travailler avec des partenaires et non avec des dominateurs. On rééquilibre la donne.

Enfin, certains acteurs / producteurs dominants ont même le moyen d'imposer un prix de vente final ou a tout le moins de publier un prix recommandé ce qui limiterait la prise de marge indécente par les distributeurs...

Reprendre la maîtrise de son marché : contrôler sa production

Deuxième action sur un terme plus long, agir sur le marché de la production. Ce n'est rien faire d'autre qu'utiliser les règles du marché: si l'offre diminue, le prix augmente... L'OPEP organise elle même sa pénurie de Pétrole et maîtrise quelque peu la production... les producteurs agricoles peuvent faire de même! Ils veulent des quotas? Qu'ils les mettent eux même en place! Qu'ils organisent une forme de "pénurie".

On revient aux effets mécaniques d'une baisse de l'offre avec une demande constante, les prix augmentent. Si en plus ils s'organisent en Centrales de Vente, ils peuvent gagner deux fois:

  1. l'effet mécanique
  2. l'effet négociation

Responsabilisation

Bien sur, ce qui leur déplaît ce sera de perdre l'aide européenne qui va avec les quotas...

Ca m'a l'air évident. Pourtant, les agriculteurs (surtout les plus petits) sont des gens courageux, travailleurs, levés aux aurores et couchés à pas d'heure... ils ont les moyens de prendre leur destin en main.

Ils ont des syndicats? Ils ont montré qu'ils savent se mobiliser, ils peuvent aller plus loin.
Moi, j'en ai marre des syndicats donneurs de leçons à tout va mais qui n'ont jamais, eux, créé et géré une entreprise!

Qu'ils aillent au charbon et mettent en place les structures et organisations modernes qui permettent de répondre à une problématique moderne! Ils ne peuvent tout attendre de l'Europe et demander un soutien toujours croissant quand ils refusent leur part de travail.

Je refuse que l'on continue à mettre en place des solutions inéfficaces qui in fine mèneront à des situations aussi problématiques que l'état de l'automobile dans le monde. Les surcapicités et les demandes d'indemnisations pour limitation de capacité ne résolvent rien et incitent de plus, à organiser la surcapacité.

Réponse immédiate

Alors, que pour une fois, l'Europe donne une réponse claire et immédiate avec une mesure intelligente. Non, on ne touche pas aux quotas... mais

  1. on commence par demander la publication des marges réelles des distributeurs et intermédiaires de la filière, cette simple publication mènera à une autorégulation.
  2. interdiction d'acheter à perte aux producteurs (et mise en place de barrière d'entrée aux produits non européens pour éviter les dumping divers. la mondialisation oui, mais bien pensée)

Ensuite, d'ici à 2015 (fin des quotas) mise en place des structures modernes d'une sorte d'OPEL. Répondant aux besoins du marché par une offre adapatée via une responsabilisation et une auto-régulation du secteur.

Ne demande pas à l'Europe ce qu'elle peut faire pour toi... aide toi toi même!

vendredi 12 juin 2009

Le coût d'un emploi "Vert"

Je dois dire que j'ai toujours maintenu depuis des années que la vague verte recelait un énorme potentiel d'emplois et permettrait, comme chaque bond technologique, de créer une masse importante d'emplois qualifiés ... ou moins qualifiés.

Une connaissance m'a par contre communiqué un article du WSJ qui parle justement de cette problématique... et qui tend à prouver le contraire...

Alors... que coûte réellement un emploi "Vert"?

Du Postulat à la réalité

Le Wall Street Journal s'est penché sur le cas de l'Espagne, pays souvent cité en exemple pour son avance rapide dans le domaine de l'énergie verte et pays dans lequel de nombreuses expérimentations et études sont menées.

Autant on parle d'énergie durable, autant, de plus en plus on le met en parallèle (moi y compris) avec la notion d'emplois durables, les nouveaux "Green Collars"... ces emplois liés à la nouvelle ère de croissance autant aujourd'hui, il en devient iconoclaste, politiquement incorrect d'oser mettre ces postulats en doute. Tout qui le ferait est d'ailleurs rapidement taxé de réactionnaire, de conservateur et pourquoi pas de pollueur en puissance.

Pourtant il s'agit bien de postulat, aucune étude ni aucune démonstration mathématique n'ayant pu démontrer la chose. Or, tout un chacun sait que si un postulat ne peut être démontré, tout cas démontrant par empirisme le contraire élimine ce postulat.

Le Cas espagnol: 1 emploi vert détruit 2.2 autres emplois?

Ce n'est pas le Wall Street Journal qui l'affirme mais une très sérieuse étude publiée par l'Universitad Rey Juan Carlos qui démontre que pour 1 emploi créé dans les énergies renouvelables, on détruit 2,2 emplois ailleurs dans l'économie.

Comment parviennent-ils à ce résultat?

Les auteurs de l'étude calculent que les emplois dans les industries productrices d'énergie solaire, eolienne ou hydraulique ont été massivement subsidiés pour un montant global excédant les 28.6 milliards d'euro. Par ailleurs, ce montant n'inclut pas les aides directes, pour construire les fermes électriques par exemple, car le gouvernement espagnol n'en aurait qu'une vague estimation (d'environ 1.1 milliard d'euro).

Ce montant de 28.6 milliards inclu uniquement l'accroissement de prix que les consommateurs ont été obligé de payer par l'inclusion obligatoire de ces énergies dans le réseau électrique.

Si d'aucun commentateur dira que par emploi vert créé, l'Espagne a détruit 2,2 emplois, l'étude parle, elle, de coût d'opportunité. Ce qui n'est pas pareil du tout!

Le coût d'opportunité

Le coût d'opportunité (ou coût d'option) désigne le coût d'une chose estimé en termes d'opportunités non-réalisées (et les avantages qui auraient pu être retirés de ces opportunités), ou encore la valeur de la meilleure option non-réalisée. Plus trivialement, c'est la mesure des avantages auxquels on renonce en affectant les ressources disponibles à un usage donné.

En français dans le texte, cela signifie que SI on n'avait PAS créé ces emplois verts, on aurait pu en créer 2,2 fois plus. C'est le prix que l'on paie pour avoir utilisé les resources de manière dite "non efficace" (voir le sophisme de la vitre brisée de Bastiat).

On reconnaitra que le raisonnement est pernicieux. Mal interprété, cela revient à aller dire à un "green collar" que le fait que l'on ait créé son emploi a détruit un peu plus de deux opportunités d'emplois. Qu'à cause de lui, 2 à 3 personnes au chômage ne trouveront pas d'emploi.

Mais pour pernicieux soit-il... le raisonnement n'est pas faux... sauf s'il revient a accuser l'employé vert qui, lui, a trouvé un emploi plutôt que d'inciter les 2 ou 3 chômeurs à trouver ou créer leur emploi, ou d'admettre que la création de cet emploi implique que l'on en détruit 2,2 ailleurs... et donc, non par la faute des personnes qui se trouvent au chômage.. mais par celle du gouvernement qui gère mal sa politique de subsides, alloue ces ressources de manière non optimale. On a connu pire bombe électorale d'après vous?

Et une...bulle...une!

Ce qui est aussi moins dit, c'est que cette politique de subsidiation massive conduit à créer une bulle qui finit par éclater (je vous fais un dessin? La crise actuelle, comme celle de 2001 ont été dûes à des bulles...)

Je signale d'ailleurs que l'on fait aujourd'hui la même chose en Belgique ou en France! C'est politiquement incorrect à signaler, mais depuis deux ans, les parcs éoliens déployés et à déployer ne rapporteront rien... ni économiquement, ni écologiquement. Cela rapportera finacièrement à ceux qui les ont déployés grâce aux énormes subsides reçus pour les installer. Mais les meilleurs emplacements, les plateaux venteux, sont déjà pris depuis longtemps. Avec la technologie actuelle, les nouveaux parcs éoliens coûteront plus chers à la collectivité qu'ils ne rapporteront.

De ce fait, coût d'opportunité, des subsides auraient pu être mieux dirigé, mais en plus, on crée une véritable bulle financière en faisant miroiter des revenus qui disparaitront avec les subsides...et les prix garantis... et une bulles d'emplois qui ne sont que le résultats de subsides et non d'une réalité économique.

Car les prix garantis, donc le coût direct à charge de la collectivité, implique une augmentation de tarifs pour garantir un prix minimum aux producteurs d'énergie verte!

En chiffre?

Sur 10 ans, un coût de près de 30 milliards dans les factures d'électricité.
La garantie d'un prix de 575% (oui, 575!) du prix du marché pour les petites fermes solaires et de 300% pour les plus gros producteurs d'énergie solaire.

Ce genre de garantie a, fatalement, eu pour résultat la mise en place de petites fermes solaires inefficaces (comme nos éoliennes belges...) tant sur les plans économiques qu'écologique d'ailleurs...mais qui rapportaient le plus de subsides!

En 2007, le Gouvernement Espagnol comprend ce qu'il se passe et décide de réorienter les subsides pour favoriser les plus gros producteurs plus efficaces. Mais malgré cela, les primes restent si généreuses que la situation ne change pas foncièrement... Mi-2007, le gouvernement espagnol donne un sursis d'un an au système de subsides avant de le changer drastiquement...pour les nouveaux entrants, les autres conservants les avantages concédés. Résultat... on n'a jamais tant construit d'installatione solaires que durant cette année! 83% de la capacité totale de l'Espagne a été déployée cette seule année!

2005 : la capacité en énergie solaire croit de 118%
2006 : 308%
2007 : 458%!
Entre 2004 et 2008 la capacité en énergie solaire à cru de 20.000%!
Si ça, ce n'est pas une bulle, il faudra me dire ce que c'est!

Conséquences...

La méthode espagnole pour définitivement régler ce problème a été d'imposer un quota de nouvelles constructions. Le résultat ne va pas être très long à se faire sentir et la douce euphorie de la croissance verte retombera comme un soufflé...

L'Espagne limitera dorénavant les nouvelles constructions à 15% du nombre installé en 2008... Or, la majorité (66%) des emplois verts créés (50.000) ne l'ont pas été dans l'énergie elle même mais ... dans la contruction et l'installation des infrastructures solaires.

Les conclusions de l'étude sont que le déploiement des énergies vertes ne fonctionne que par l'injections massives de subsides transférés de secteurs productifs vers ceux qui, comme les oligarques russes en leur temps, cherchent à s'enrichir rapidemment sur le dos de la communauté. Et ... le maintient de ces même jobs ne serait possible que par la mise en place de prix garantis au détriment des consommateurs...

Interrogations personnelles

Personnellement, je prends certaines précautions et pose certaines questions sans remettre pour autant en cause le contenu, intéressant, de cette étude

  • D'abord, je ne sais pas qui l'a financée et ça, c'est un des éléments qui doit permettre de juger de la pertinence des argumments...
  • Ensuite, si effectivement, cette politique d'injection massive de subsides cause une bulle qui va éclater (si ce n'est déjà en cours), on peut imaginer des variantes plus correctes et mieux orientées.
  • Sans cette "amorce" financière pourra-t-on obtenir la mise en place d'énergies vertes?
  • Sans cette mise en place d'infrastuctures, même inefficaces, peut-on faire avancer la technologie pour suffisamment l'affiner que pour qu'elle devienne rentable?
  • Pourrait-on être plus strict dans l'attribution des subsides de manière à ne financer que les installations avec un réel potentiel de rentabilité?

Peut être que poser ces questions c'est déjà y répondre... Ne devrait-on pas attendre que les technologies soient vraiment mures et prouvent leur efficacité que pour les déployer?

Aujourd'hui, en Brabant Wallon, de nouveaux projets voient le jour... ils ont les mêmes caractéristiques que celles décrites ci dessus et ne seront probablement pas rentables... ni écologiques. Il est normal de s'y opposer (même les Ecolos s'y opposent d'ailleurs). Seul les vrais projets démontrant une vraie rentabilité, écologique à tout le moins, devraient être acceptés.

A défaut, nous allons créer les prémisses d'une bulle verte qui éclatera dans quelques années aussi fort que la bulle internet de 2001... qui causa elle aussi la perte de nombreux emplois...

vendredi 5 juin 2009

Drôle de Campagne...

J'ai rarement vu une campagne plus mal menée (et malmenée) que cette campagne Euro-Régionales...

J'ai honte pour le "spectacle" que nous avons reçu... Honte car nos résultats auraient pu ressembler aux résultats hollandais. C'est une chance qu'on a en Wallonie, nous n'avons pas de parti "populiste" structuré... Mais quid de la Flandre?

De toute manière, le résultat que l'on recevra ne sera que le reflet d'une campagne désastreuse, d'un désaveu de la politique, d'une perte de contact entre réalité citoyenne et réalité politique ou politicienne.

Voter ou pas?

Je ne vous le cache pas, cette année, pour la première fois, j'ai failli ne pas aller voter. Pour la première fois, je suis arrivé à un niveau de dégoût de la démocratie imposée que j'ai bien failli m'abstenir.

Démocratie imposée? Imposée car nous sommes obligés de voter. De légitimer des élections qui ne sont pas démocratiques.

Ce n'est pas le citoyen qui fait les listes électorales, pas lui qui les valide.
De même, quelque soit le résultat des votes, on a déjà vu des unions de perdants...
Ne pas voter... car je ne retrouve aucun parti qui me correspond... même de loin. Un gros sentiment quand tout les programmes sont les mêmes et en tout cas peu innovants.

Parce que, quand on connait les règles électorales, contester n'est pas si simple... ainsi, un internaute m'avait interpellé en me les rappelant...
En bref...
  • Ne pas voter : statistiquement vous renforcez la majorité. En prime, vous pouvez juste la fermer pendant 4 ans (c'est la raison pour laquelle je voterai, je refuse d'etre réduit au silence!)
  • Voter nul : dans le cadre du vote papier, vous savez voter nul.. l'effet est le même que si vous ne votez pas, vous renforcez la majorité, c'est mathématique... dans le cadre du vote électronique, cette possibilité vous est ôtée.
  • Voter blanc : non, votre vote ne vas pas à la majorité. Le vote nul est comptabilisé à part mais l'effet mathématique reste le même... ce sont les autres qui décident pour vous.
  • Voter pour un petit parti : je rappelle qu 'en Région wallone 12 listes se présentent (quoi? ça vous choque de le découvrir? On y reviendra). Le problème est que si le parti en question n'atteint pas les 5%, la répartition des sièges se fait entre les grands partis. Eh oui... votre voix compte... mais pas toujours!

Bref... au vu de cela... autant voter même si contester devient trèèèèès difficile.

Combien de listes dites vous?

Vous avez bien lu il y 12 listes qui se présentent. Alors admettons que vous voulez contester, comme dit plus haut, il faut que le parti en question atteigne les 5% et déjà ce n'est pas gagné.

Il faut pour cela que le parti se fasse connaître... mais diable... il semble que:

  • les panneaux électoraux restent réservés aux 4 grands partis
  • l'espace médiatique restent une zone réservée aux 4 grands partis qui ont un temps de parole totalement disproportionnés
  • que le financement est prévu pour ne profiter qu'aux partis déjà en place! En effet, les partis recoivent un financement en fonction du nombre de voix reçue aux dernières élections. Bref, ils ont dès lors plus de moyen financiers pour communiquer tout au long de la législature aussi.

Pas très joli hein? Encore que remarquez, si le citoyen n'est pas encore entièrement rebuté, il peut encore aller rechercher lui même. Ce que j'ai fait et ne m'a pas fort convaincu. On dira juste que j'ai eu des suprises, y compris dans les programmes de grands partis, les plus "innovants" ou les plus "orientés entreprises" n'étant pas toujours ceux qu'on croit.

Une campagne populiste et désorientée partout...

La campagne n'a ressemblé à rien. Invectives, insultes, affaires, mélanges des genres et j'en passe... et ce pas uniquement en Belgique. Cette pauvreté du débat et des idées ne peut qu'engendrer un désaveu de la classe politique! Je note par ailleurs avec intérêt l'absence complète du débat européen, quelque soit le pays.

J'entends déjà en resultat dans les sondages un taux inégalé d'abstention et un taux record d'indécis à la veille du scrutin. C'est hallucinant.
Je constate par ailleurs une percé importante des populistes aux Pays-Bas.

Bien entendu, on accusera l'électeur d'être "idiot", "anti-politique primaire", de "céder au populo-demago-poujadisme" et autre stupidité. Mais au final, c'est le politique qui a donné le baton pour se faire battre. Et bien fort encore bien.

Non, le "peuple" n'est pas anti-politique, c'est le politique qui a oublié qu'il était élu, payer par et pour le peuple. Le politique est déconnecté de toute réalité. L'anti-politisme est alimenté par l'attitude dénigrante et hautaine des élus, par leur mauvaise gestion et leurs mauvaises moeurs. Non, ce n'est pas le citoyen qui est "con"... En d'autre temps et avec moins de confort de vie, je pense que certains élus se seraient retrouvés pendus haut et court.

On vote pour quel niveau???

Je rappelle que l'on vote pour les Régionales, les Communautaires et les Européennes. Pourtant, regardons la campagne en Belgique tout simplement:

  • Qui a suivi une campagne "européenne"?
  • Quels sont les idées pour l'Europe?
  • Quels ont été les débats organisés autour de la question européenne?
  • Pourquoi s'acharne-t-on à faire le bilan du fédéral alors même que l'on vote aux régionales?
  • Pourquoi les questions dans les débats confondent-elles profondémment tout niveau de compétence? On parle politique fédérale alors qu'on n'a que des compétences régionales ou communautaires?
  • Aujourd'hui on parle déjà de remanier le Fédéral après les prochaines élections...
  • Si par ailleurs se cas se produisait, on aurait une situation amusante comme le référendum Irlandais :
  • ==> vous pouvez voter... mais si vous votez "mal", on va vous gronder et on vous redemandera de voter jusqu'à ce que vous votiez bien! C'est un véritable déni de la souveraineté du peuple...

Que demain nos politiciens ne s'étonnent pas des résultats, ne s'étonnent pas du désintérêt croissant et de la déconnection toujours plus pregnante. Ils en sont les responsables directs... et les médias en auront été leurs complices durant toute la période.



UPDATE : La Libre Belgique révèle que le Ministre de la Justice ne prendra aucune sanction contre les personnes n'allant pas voter. Il s'engage à ce que personne ne soit poursuivi...
... à quoi bon alors maintenir le vote obligatoire?
...à quoi bon alors maintenir des sanctions qui ne sont pas appliquées? (enfin, ça, c'est pas neuf...)