samedi 28 mars 2009

Juste parce que...

Juste parce que c'est beau,
Juste parce que c'est positif et que j'avais envie de le partager avec vous...
Juste parce que ça m'a fait du bien...

Bon week end...



vendredi 20 mars 2009

CCB, BBL et CGER bientôt de retour ?

Je ne peux pas prédire l’avenir bien sur, mais il se pourrait que d’une façon ou d’une autre nos chères vieilles enseignes soient bientôt de retour.

Si ça ne devait pas se passer, je plaiderai pourtant pour que ce soit le cas. Tout comme je plaide (ça fait au moins dix ans que j’en parle) pour le démantèlement des conglomérats et autres ensembles mastodontes. A ce jour d’ailleurs, rien ne prouve qu’ils aient été bénéficiaires aux stakeholders, quels qu’ils soient (clients, employés ou actionnaires).

(vous excuserez la brièveté de mon propos et le fait que je n'éttaie pas tout, le temps me manque pour ce faire. Ensuite, je me remets juste dans le bain après un relativement longue pause... mais.. cette forme d'ellipse permet aussi... d'ouvrir le débat).

Le cas Dexia

Aujourd’hui, rien ne justifie le maintien de cette étrange structure qui n’a toujours pas montré ni ses synergies ni son intérêt. On a la holding qui détient Dexia Belgique et Dexia Credit Local de France.

Dexia Belgique, ex-Crédit Communal, dispose de son réseau d’agence, récolte l’épargne et met l’argent collecté à disposition d’emprunteurs. Mission bancaire traditionnelle et classique s’il en est.

Dexia Credit Local de France est une banque d’investissement, sans réseau d’agence et qui détient un rehausseur de crédit américain nommé FSA…
Jusqu’en 1999 d’ailleurs, ces deux métiers étaient incompatibles de par le Steagul act mais passons…

Nous avons donc là deux entités… deux entités qui collaborent mal, voir très mal, les Français n’ayant jamais accepté qu’un belge puisse diriger leur partie, qui n’ont pas vraiment de complémentarité (sauf la mise à disposition des dépôts belges pour le financement de l’activité d’investissement ?)
Nous avons aussi un résultat 2008 : -3.3 milliards d’euro…
Nous avons un rideau de fumée : Mariani qui met tout sur le dos de l’ex-management, donc des belges…

Alors même que les choses doivent être nuancées de la façon suivante :

  • Perte 2008 Dexia : 3.3 milliards d’euro
  • Perte 2008 Dexia Crédit Local : 3.1 milliards d’euro (dû à FSA)
  • Le management belge voulait virer FSA, le management français s’y est opposé…

Nul besoin d’un petit dessin pour vous expliquer que nous devons à tout prix faire sauter ce modèle qui n’a et ne montre aucune rationalité à ce jour et pénalise lourdement l’entité belge, ces actionnaires (les communes essentiellement), les clients (ex : les taux d’intérêt dans les banques « aidées » par les gouvernements sont plus élevés que dans les banques « libres »), et les employés qui doivent fatalement se serrer la ceinture.

Il faut, nous devons, retrouver des entités manœuvrables comme l’était le Crédit Communal de Belgique (CCB), indépendantes et gérées traditionnellement comme devrait l’être une activité dans laquelle des épargnants confient leurs économies (et n’investissent pas, ils économisent juste).

Le cas ING

Structure belgo hollandaise issue du rachat de BBL par ING il y a dix ans.
ING, tout comme Fortis est issue du monde de l’assurance. L’activité principale d’ING Groep reste d’ailleurs le monde de l’assurance (qui assure aujourd’hui 77% du CA). Pour le reste la majorité du solde vient de son pôle bancaire… et c’est là que cela pêche…

  • Perte ING Groupe : 1 milliard d’euro (estimation)
  • Bénéfice ING Belgique : 835 millions d’euro

A ce jour, le groupe demande à la Belgique de se serrer la ceinture alors que la Belgique est l’entité la plus rentable…

On notera aussi qu’au niveau Retail (banque des particuliers) ou securities (échange de titre), tout comme pour Dexia, les entités sont indépendantes. Les marchés et réglementations locaux sont différents, l’approche d’un client particulier, tant par ses intérêts que par sa culture sont foncièrement différents au Pays-Bas et en Belgique.

La seule structure cross-country qui peut faire encore un peu de sens serait les clients « corporates » pour autant qu’ils aient des activités internationales… et encore… Bref, je ne vois aucun intérêt à conserver une structure où quand

  • Ça va bien localement : vous subsidiez le reste du groupe
  • Ca va bien globalement : on vous demande d’être plus efficace et de faire un effort
  • Ca va mal localement… ben faites aussi un effort…

C’est une constante d’ailleurs et j’y reviendrai sur la fin de cet article, la conviction que, à ce jour, une entreprise « européenne » n’existe pas (et n’est pas prête d’exister). Bref, chez ING comme chez Dexia, la branche belge pour ce que j’en lis semble faire les frais d’une politique européenne à tendance très nationaliste.

Le cas Fortis

Est-il besoin de m’étaler sur Fortis après tout ce que l’on en a lu ?
Toujours est-il que la grenouille qui se voulait plus grande que le bœuf finit par exploser. Je ne vais pas revenir sur la saga mais plutôt me pencher sur son avenir actuel.

Voyons ce qui s’est passé… la branche Fortis Bank hollandaise… a été reprise par l’Etat Néérlandais. Bon ou mauvais deal peu importe, toujours est-il que Fortis NL n’est plus…

Reste Fortis en Belgique… Fortis en Belgique appartient aujourd’hui à l’Etat Belge et à la Holding Fortis.

On veut à tout prix l’adosser à BNP… Est-ce une bonne idée ? Non, pour ce que j’en pense personnellement non.

Le Belgique sera encore les dindons de la farce d’une politique nationaliste, les synergies annoncées n’auront pas lieu. Et tout comme pour Dexia ou ING, nos banques étant restées concentrées sur leur métier de base qui est la récolte de dépôts, Fortis servira à augmenter les ratio de solvabilité et les fonds propres du nouvel ensemble. Aujourd’hui, la presse manque, me semble-t-il, singulièrement d’expertise ou tait les avis divergeants à ce sujet.

La solution stand alone est la plus viable, la plus rentable pour tous les stakeholders (clients, employés et actionnaires). Et un stand alone, c’est un retour de… la CGER.

Encore quelques mots et autres arguments

Non, définitivement non. Les grands ensembles bancaires n’ont pas de sens. On ne crée aucune véritable synergie ni plus value pour personne. Et si on m’oppose le passé, je vous oppose le présent.

Comment les banques ont obtenu des valorisations folles ? Simplement par l’application de normes comptables déconseillées par tous les experts. Cette valorisation au cours du jour des actifs est mauvaise, foncièrement mauvaise et imprudente.

Peut être que notre comptabilité européenne était et est encore un peu conservatrice, mais au moins, dans un bilan nous avons une valeur patrimoniale un peu plus fiable et non « virtuelle » comme c’est le cas dans les nouvelles normes. Pour imager mon propos, c’est comme ça que la bulle immobilière s’est créée aux USA : on prêtait aux gens la valeur actuelle de leur bien avec plus value comprise… jusqu’au jour ou le marché immobilier s’est retourné.

L’intégration des différentes banques n’a jamais eu lieu complètement. C’est souvent ignoré, volontairement ou non mais les banques issues des fusions dépensent des fortunes pour intégrer les systèmes informatiques… les trois quarts du temps, que ce soit chez Dexia, Fortis ou ING, ces systèmes informatiques ne sont jamais complètement intégrés et remplacés… (ou alors, il faut une moyenne de 10 à 15 ans pour y parvenir…)

L’intégration des différentes banques ne sert pas le client, jamais… il suffit de comparer les taux d’intérêt que vous recevez dans les plus grandes banques… ils sont systématiquement inférieurs à ce que vous offrent les banques challengers… et les crédits systématiquement (pour ne pas dire systémiquement) plus chers !

L’intégration des différentes banques ne sert pas l’actionnaire, jamais,… il suffit de regarder les courbes de valeurs boursières post-annonces de fusion, reprise pour se rendre compte que de manière systémique, la valeur baisse…

L’intégration des différentes banques ne sert pas non plus les employés… jamais. Car bien sur que l’on a pas besoin de deux services « achats » ou « ressources humaines »… ce qui ne veut pas dire que cette réduction d’ailleurs entraîne un regain d’efficacité, que du contraire… mais plus de gens ne résolvent pas non plus l’équation. Le secret est dans la taille « humaine » de la société… pas dans sa taille absolue.

Alors… à quoi servent-elles ces fusions bancaires si ce n’est à nourrir l’ego de certains ? Les économies d’échelle n’ont pas lieu dans le domaine bancaire, ou plutôt disparaissent dépassée une certaine échelle…

En dehors des banques…

Je crois, moi, à un retour aux banques de dépôt séparées des banques d’investissements. Je crois à un retour des entreprises au niveau LOCAL, je crois à un e retour des entreprises au niveau NATIONAL, je crois aussi à une re-création d’un tissus INDUSTRIEL.

Une économie de service n’a pas de sens si elle ne repose pas sur un socle industriel, de production de BIENS.

Je crois aux champions nationaux contrairement à Monsieur Lippens. Je respecte énormément Monsieur Lippens et regrette l’opprobre qui s’est abattue sur lui. Je vous passerai mes pensées profondes par rapport au gens qui restent tranquillement dans leur fauteuil en attendant la suite. On ne grandit qu’en s’exposant. Je n’étais peut être pas d’accord avec Monsieur Lippens, je ne suis d’ailleurs toujours pas d’accord avec lui, MAIS, je respecte ce qu’il a fait, atteint et osé ! Il fallait le faire même si le dernier mouvement était le mouvement en trop.

Je crois aux champions nationaux car malgré la construction européenne et les multinationales, le premier endroit où l’on restructurera sera chez le voisin. Les faits me donnent par ailleurs raison… regardez l’automobile, regardez la banque.

C’est une logique que je connais depuis que je travaille. J’ai toujours travaillé dans des multinationales, les entités belges ont toujours été sur-performantes par rapport à l’ensemble. Néanmoins, c’est toujours la Belgique qui doit faire des efforts. Quand elle va bien, on vient «pomper» les bénéfices. Quand ça va mal, on demande à la Belgique de faire un effort… Bref, je prône pour ma part des ancrages nationaux tant que nous ne serons pas réellement capable de penser «global» ou «européen».

Toutes ces raisons me font dire que nous pourrions retrouver le Crédit Communal, la CGER ou la BBL d’ici peu… et faute que ça se produise au moins l’espérer.