mardi 4 novembre 2008

Temps de travail, salaire et retraite

Trop de règles...

Une question récurrente que je me pose est la raison de réglementer certaines choses. Cette question se fait d'autant plus pressante qu'enFrance, on vote une loi autorisant le travail jusque 70 ans, et en Belgique, on parle norme salariale 2009-2010.

Je pense que tant pour le temps de travail que pour la retraite, il doit s'agir d'un choix personnel qui doit être éclairé par les conséquences qu'ils génèrent.

La réforme des pensions ne passera que par la transformation radicale de notre façon d'envisager l'organisation et la rémunération du travail.

Temps de travail

Je serais personnellement très frustré de ne devoir travailler que 35 ou 38 heures... et encore plus, que le fait de travailler plus soit limite punissable vu le taux d'impôts frappant nos heures supplémentaires ou nos bonus/primes.

L'avenir n'est pas à une réglementation sur le présentéisme en entreprise ou sur la durée du temps de travail mais sur l'adéquation entre besoin de l'entreprise et besoin du travailleur. Une constante dans les deux en général : la demande de flexibilité. Imposer 38 heures par semaine, c'est faire l'impasse sur le fait qu'on a des activités cycliques, des périodes de hautes charges et des périodes creuses.

Pourquoi ne peut-on ainsi pas négocier en bonne intelligence des horaires variables?
Par exemple 48 heures semaine en période de rush, 30 heures en période creuse?
Pourquoi ne pas imaginer que je n'ai pas besoin de travailler plus de 22 heures en été mais prêt à en faire 50 en hiver? Le tout bien sur avec un salaire qui peut varier tout autant.

Pourquoi n'aurais je pas le droit à décider de travailler, tant que je suis jeune, en forme et en bonne santé, une cinquantaine voire une soixantaine d'heures par semaine? Et au fil de la vie, selon les circonstances, adapter notre rythme de travail. C système serait compatible avec, par exemple, un système de point donnant droit à une part de retraite. Et vous pourriez ainsi accumuler les 'points retaites' à votre rythme et selon votre besoin.

Ainsi, heureux Papa, pourquoi ne pas avoir la possibilité, outre quelque jours de congés, d'adapter facilement ses horaires et son temps de travail? Avec adaptation du salaire bien entendu.

Puis quand les enfants grandissent, se remettre un peu plus à fond dans le travail. Tout comme, l'âge de la retraite approchant, une adaptation du temps de travail devrait être prévue pour tenir compte aussi de la santé physique, de la motivation moindre etc. et autoriser les gens à travailler trois quart temps et d'avoir un rôle de coaching par exemple.

Cette flexibilité doit aussi permettre à l'employé qui le désire en accord avec la société qui l'emploie de travailler plus tard s'ils le souhaitent tout deux. Et ce... sans préjudice des points retraites accumulés... Qu'il peut sit commencer à percevoir en sus de son salaire, soit continuer à capitaliser pour plus tard...

Evolution salariale

Aujourd'hui, ce genre de chose est impossible de par les règlements et de par les lois sur les salaires qui empêchent une ré-adaptation du salaire vers le bas. Aujourd'hui, un salaire ne peut évoluer que vers le haut car, pense-t-on, l'ancienneté le justifie. Pourquoi ne pas lier plus le salaire à l'implication dans la société, aux résultats générés etc.


La courbe de votre salaire aujourd'hui, ressemble à la courbe suivante:



La flexibilité, l'évolution salariale new generation (voir graphique projection) permettrait cette évolution.



Un avantage concret de la méthode permettrait une meilleure adéquation des revenus aux besoins réels des personnes.

Je m'explique...
24-25 ans : on termine ses études, on commence à travailler, on a besoin d'un logement. Le problème, c'est que vu la vitesse de l'évolution salariale, et la contrainte "d'ancienneté", l'employeur ne peut aujourd'hui vous augmenter autant que vous le mriteriez peut être. Son souci, il n'a pas moyen de redescendre le barême après. Bref, vous bossez comme un fou mais ne vous sentez pas reconnu. En prime, vous ne savez pas vous prendre entièrement en charge.
Avec le nouveau système, votre salaire croît plus vite et vous pouvez prendre plus facilement et rapidement votre envol

28-35 ans : Vous vieillissez, vous avez enfin un logement, c'est pas facile, il faut le financer, mais ça passe. ... Arrivent les premiers enfants, les couches, les crèches,... vous êtes à nouveau sur la corde raide. Heureusement, votre salaire avait commencé à grandir. Vous êtes éduqués,formés, compétents et ultra motivé.
Avec le nouveau système, vous parvenez à tout assurer en même temps, vous savez toujours vous offrir quelques loisirs et même épargner pour les temps plus durs ou pour votre pension.

35-45 ans : votre salaire décole enfin, les enfants grandissent, pas encore d'études à financer. Tout ça va bien. Vous calmez votre ardeur au travail. Vous êtes compétents, éduqués, avez de l'expérience (qui pallie la baisse de motivation) mais vous impliquez moins dans la société. Votre vie de famille prends un peu le pas sur le boulot.

45-55 ans : si vous avez de la chance, vous avez toujours un boulot. Les enfants grandissent et entament leur parcours académiques supérieurs. Pour un peu, vous devez aussi financerla voiture et le kot en sus de votre propre domicile. Les contraintes de la vie ne vous laissent pas souffler, vous avancez mais votre revenu parvient à boucler vos fins de mois, enfin quelques loisirs.
Dans le nouveau système, vous êtes au pic de vos revenus, vous parvenez à assumer ce train de vie sans soucis et à assurer l'avanir de vos enfant sans hypothéquer le votre. Dans quelques temps, votre salaire va diminuer, pas de soucis car d'autre part, votre prêt hypothécaire touche à sa fin.

55-65 ans : Les enfants prennent leur envol, vous commencez à lever le pied. Ce n'est pas très bien vu dans la boîte qui a le courage de vous employer... Vous êtes au pic de votre salaire, vous êtes moins motivés, vous avez moins de besoins, vous commencez à lorgner vers votre pension. Vous avez de très hauts revenus mais ne savez quoi faire de tout cet argent. Il aurait pu arriver plus tôt.
Quant à la pension, oui, vous y pensez, mais vous préféreriez un passage graduel, lever le pied, et éventuellement même continuer 1 jour par semaine après...mais la loi ne vous l'autorise pas.
Dans le nouvau système, vous travaillez à temps partiel et à des tâches d'encadrement, passage de connaissances coaching. On ne vous cote plus à la performance mais plutôt au savoir que vous partagez. Vore salaire a diminué mais votre maison est payée, vos enfants ont fini leurs études. Vous avez votre épargne, vos revenus sont corrects. Votre employeur est content aussi, il garde un talent, un talent satisfait qui plus est, et qui ne coûte pas les yeux de la tête. De par la flexibilité, le senior reste motivé...

Etc etc. c'est un peu caricatural, mais c'est à ça que devra ressembler lemonde du travail de demain.
Cette évolution ne sera rendue possible que par une croissance plus rapide et précoce de votre salaire, une stagnation et une légère décroissance en fin de carrière. En global, le volume sous les courbe reste le même mais il vous a permis de mieux vivre, plus tôt, d'économiser, de ne pas être la corde au cou aux étapes clés de votre vie.

C'est une formule gagnante pour tout le monde. Pour vous car il y a une meilleure adéquation entre vos revenus votre parcours de vie. Pour votre employeur qui est moins tenté de vous virer en fin de carrière ou de vous prépensionner, votre salaire n'est plus un obstacle mais un atout, il y a un meilleur transfert de connaissance, etc

La pension

Il doit d'ailleurs en être ainsi de notre pension, et à cet égard, le système français va dans le bon sens me semble-t-il.

Si un âge légal de départ à la retraite doit offrir la garantie à tout un chacun de pouvoir à cette date butoir prendre sa retraite, on doit aussi offrir un peu de flexibilité aux gens.

Si une personne veut continuer à travailler, oui, elle doit avoir ce droit sans être "punie" pour ça. En Belgique, un retraité n'a le droit que d'arrondir ces fins de mois... et encore... vu les montants autorisés, il vaut mieux encore travailler en noir. Alors qu'autoriser les personnes à continuer à travailler permet à celle-ci de continuer à se sentir utiles, à s'offrir des choses qu'elles n'auraient pu avec juste leur pension (et donc de payer aussi la TVA) ... et comme il s'agit d'un salaire, de payer un impôt sur le revenu. Résultat.. même l'Etat sort gagnant de ce nouveau contrat.

Le système de points que j'ai brièvement évoqué dans cet article permet à chacun de travailler selon ses envies et d'adapter son rytme de travail tout en prévoyant son futur. Il sait combien de points il a besoin pour recevoir une pension... tout comme le montant dont il disposera le jour de sa retraite. Cela suppose aussi un passage à la pension par capitalisation...

Paradoxale augmentation de l'âge...

Aussi bonne devrions nous considérer l'idée d'autoriser si la personne le souhaite, le travail après 65 ans, autant il est paradoxal d'entendre que celà doit permettre d'assurer les pensions futures. Sauf votre respect, cela n'assure juste rien du tout. Le système de retraite par répartition est mort. Seule le passage à la retraite par capitalisation peut nous sauver.

Car à quoi bon autoriser (et ensuite augmenter l'âge légal) le travail après 65 ans quand le taux d'emploi des soixantenaires est de 16%en France. Seul 38% des plus de 55 ans ont encore un emploi. Qui donc va profiter du système?

Réforme insuffisante!

La réforme pour intéressante soit -elle se plante complètement et va rater son objectif!

1. Elle se destine à une minorité. Le taux d'emploi des plus 55 ans est dramatiquementbas. Plutôt que proposer au plus de 65 ans de continuer à travailler, l'Etat doit inciter les entreprises à conserver et à embaucher les plus de 45-50 ans.

2. Cette incitation à l'embauche et au maintient des "seniors" en entreprise ne passera que par une refonte de notre système salarial. Le plus grand péchés des aînés sur le marché du travail est leur prix et leur fatigue légitime.

3. Cette adaptation du système salarial passera aussi par une revue de notre mode d'organisation du et au travail. Une plus grande flexibilité va être demandée de part et d'autre (employeur et employé). Si cela se passe en bonne intelligence, tout le monde sortira gagnant.

4. Il faut aussi interdire les pré-pensions et limiter la durée des allocations de chômage dans le temps. Les premières car elles permettent trop facilement aux entreprises de se "débarrasser" des plus âgés sur le compte de la société, les deuxièmes car elles n'incitent nullement à rester actifs sur le marchés de l'emploi.

5. Ces réformes ne sont possibles qu'avec un véritable partenariat avec les syndicats. Ce partenariat n'est possible que si les syndicats représentent les travailleurs... et exclusivement les travailleurs. Il est donc hors de question de continuer à financer les syndicats par rapport au nombre de chômeurs.