mercredi 15 octobre 2008

Avoir tort ne donne pas raison à l'autre...

Je dis ça parce que l'empapilloné du Boulevard de l'Empereur semble jouir d'une possibilité de justification du socialisme par la négation du libéralisme (voire du capitalisme vu qu'il confond tout).

Tout comme André Comte-Spontville déniait au capitalisme le droit de se justifier par l'existence même du communisme et de ses horreurs, le socialisme ne se trouve pas justifié par la déroute économique actuelle.

Commission d'enquête...

Le PS local demande donc une commission d'enquête parlementaire pour débusquer les responsables de la crise actuelle (vous avez remarqué cette tendance à trouver des responsables pour tout?).


"Ces experts, payés chèrement, qui connaissent le système mondial mieux que quiconque ne pouvaient-ils pas envoyer des signaux?"
Est-il utile de signaler que la crise est mondiale, trouve son origine aux Etats Unis et que la petite Belgique est peut être mal placée pour donner des leçons de bonne gestion. De plus, au niveau des responsabilités et des origines, de l'effet domino etc, de nombreux experts se sont déjà largement exprimés... est-il besoin d'une commission en plus? Ne pourrait-on utiliser les parlementaires à des choses plus utiles?

Mais soit... si pour lui les responsables de la crises peuvent être trouvés et si Didier Reynders et le MR doivent être considérés comme étant ses responsables (d'une crise mondiale originaire de l'autre côté de l'Atlantique?) alors pour moi, je ne comprends pas qu'il dise être toujours innocent des affaires de Charleroi et des affaires issues de son propres partis... Elio n'aurait-il pas reçu les signaux que quelque chose était pourri dans la barronie du Hainaut?

Bon, les "affaires" n'exonèrent pas le crash actuel. Mais je pense que si nous pouvions prévoir les gros soucis de Fortis à cause du rachat pour raison d'égo d'ABN, pour Dexia, KBC et les autres banques belges, non, ils ne pouvaient faire plus que ce qui a été fait. C'est à dire des signaux depuis plus d'un an qu'une crise liées aux prêts subprimes arrivait. C'était dans les journaux. Et quoi? Pouvait on interférer pour autant dans les affaires des banques américaines?

Pour le reste, Dexia, KBC, et même Fortis, ce sont, ça reste des banques foncièrement saines victimes de spéculations boursières.

Effondrement libéral

Elio entretient soigneusement la confusion entre capitalisme, libéralisme et ultra-libéralisme (tout comme d'autre celle entre socialisme et communisme...) quand il dit :


Nous vivons depuis 10 ans avec un concept selon lequel il faut réduire à sa plus simple expression l'autorité publique ainsi que tous les mécanismes de régulation
... mensonge que cela... Les libéraux ne prônent pas de réduire l'Etat à ses fonctions régaliennes (ce serait plutôt le fait de l'ultra-libéralisme).

On constate que dans toute une série de domaine nous avons connu une évolution technique permettant d'augmenter l'efficacité de l'administration. Ainsi, est-il nécessaire de conserver 820.000 fonctionnaires? Nous sommes les recordmen européens en nombre de fonctionnaires par habitant... est ce à dire que les autres pays son mal gérés?

Moins de régulation? Vu le nombre toujours croissant de pages du Moniteur Belge, je crains que ce ne soit pas la voie choisie... Ce serait pourtant une bonne chose dans certains domaines... tout comme le contraire dans d'autres domaines.


"aujourd'hui, les banques s'effondrent et avec elles, l'idéologie libérale".
N'en déplaise à Elio, la banque existe depuis des centaines d'années. Je ne vais pas faire un cours d'histoire sur la question, toujours est-il que force m'est de constaté que la banque a existé quelque soit le régime politique. Parfois elle fut certes nationalisées comme ce fut le cas en France mais ... il n'en reste pas moins que la banque est dénuée d'appartenance idéologique. Même Arlette Laguilier travaille d'ailleurs au Crédit Lyonnais...

La banque n'est pas là pour défendre des valeurs libérales ou socialistes, la banque est un rouage essentiel de notre économie. Elle travaille pour ses actionnaires. Généralement pour servir au mieux les actionnaires, il faut qu'elle serve au mieux le marché.

Que pourrais-je dire moi de notre Etat qui avait réussir à faire atteindre à notre dette publique 130% de son PIB? N'importe quelle société privée aurait été mise en faillite.
L'Etat ne pu être mis en faillite car il lui suffit de ponctionner un peu plus le citoyen. Alors facile de critiquer les banques quand on est soit même un piètre gestionnaire mais... qu'on ne peut être mis en faillite ou rendu responsable...

S'il y a une différence à retenir c'est que dans le libéralisme, les sociétés privées et les individus sont responsables et responsabilisées dans leur gestions et leurs actions. Dans le socialisme, l'Etat ou l'individu ne sont compris que comme une masse où tout le monde donc personne n'est responsables, où il n'y a aucune notion de bonne gestion et de bonne gouvernance.

Le code de gouvernance des entreprises est certes imparfait, mais il vaut toujours mieux que pas de code du tout...

Avoir honte d'être...

Aujourd'hui, on sort l'adjectif libéral ou socialiste comme une injure... dans un cas comme dans l'autre je trouve ça très triste et dénué de sens. Personnellement, quand je tire sur les socialistes en Belgique c'est pour le motif qu'ils ne sont souvent socialistes que dans leurs discours. C'est aussi parce que ma façon de voir le bien commun et ma vision du "comment" y parvenir ne colle pas avec la leur.

Je crois que l'intérêt commun n'est pas l'apanage socialiste et que ma conviction profonde est que le libéralisme est par essence social... et qu'en sus de cet aspect là, il prend nettement plus en compte l'être humain et son épanouissement que le socialisme. Mais ce n'est pas pour autant que 'socialiste' est un gros mot.

Par contre se servir de son cerveau pour sortir des âneries et le faire consciemment (je rappelle que monsieur est docteur en sciences donc a priori suffisamment éduqué que pour éviter les propos approximatifs) est impardonnable.

Solution d'avenir

Et notre ami au noeud papillon de nous dire que "le socialisme est une solution d'avenir"
Face à la faillite du libéralisme, le socialisme est "moderne" et incarne une "solution d'avenir", a clamé Elio Di Rupo. Selon le président du PS, le socialisme "est le seul capable de concilier progrès social et développement économique", là où, selon lui, "le libéralisme s'avère incapable de générer spontanément du progrès social".
A ce jour, et dans l'histoire de l'humanité, le système le plus performant pour créer le progrès n'est ni le socialisme ni le libéralisme, c'est le capitalisme. Le socialisme ou le libéralisme sont la couche que l'on met au dessus pour pallier aux imperfections, ou plutôt à l'intransigeance du système aveugle (comme on met un matelas pour palier à l'intransigeance de la gravité, elle est aveugle la gravité comme l'est le capitalisme, ils ont des lois et les suivent).

Bref, et ma conviction est que plus on est proche du capitalisme, plus on obtient un système performant (mais amoral et tenant moins compte du facteur humain) et que le meilleur compromis se situe dans le libéralisme.

Pour que le système fonctionne, il faut tant que faire se peut libérer les facteurs de production (capital, ressources humaines, environnement légal...) tout en l'encadrant pour qu'il reste conforme à une norme éthique commune et dispose d'une légitimité dans ces moyens.

Actuellement, les contraintes légales encadrant tant la création, l'innovation que la gestion d'entreprises sont telles qu'elles augmentent l'incertitude plus qu'elle ne la réduisent. Au point que parfois le danger n'est pas dans votre gestion ou votre environnement concurrentiel mais dans vos rapports à l'Etat. La confiscation des moyens de production par le biais d'impôts et taxes rendent le système sous régime socialiste si peu rentable qu'il finit par ne plus produire, par ne plus rechercher le profit... Or sans recherche de profit et de lutte contre la concurrence : aucun progrès social, aucune innovation, aucune concurrence, aucune amélioration de la qualité.

Autre exemple intéressant, les Etats Unis sont un des pays les plus innovants, nos cerveaux les plus brillants s'y rendent pour participer à des projets de recherche dont les moyens sont sans communes mesures avec ce que l'on peut connaître en Europe. Alors certes, le système américain est bien imparfait, mais les crédits de recherches sont néanmoins souvent privés. Non, il n'y a pas que l'Etat qui est capable de se préoccuper de recherches, de bien social etc. Avez vous vu le nombre de fondations et leurs moyens aux USA? Avez vu quelque chose de semblable en Europe? Pourtant, les Etat Unis ne sont pas socialistes.

La Rupture...
Répétant sa volonté d'une meilleure régulation du monde économique et d'un contrôle du monde financier, Elio Di Rupo a invité les militants socialistes à rester vigilants. Il faut s'organiser en une véritable "force de progrès pour éviter le retour de ces gens", a-t-il dit, appelant syndicats, mutuelles, secteur associatif, bénévoles et militants à se mobiliser avec les socialistes pour "fédérer" tout le pays dans cette gestion de "rupture" avec le système actuel.
En parlant de rupture, je me demandais si Elio pensait sérieusement ce qu'il disait... étant donné que les écuries d'Augias socialistes me semble encore particulièrement pleines.

Où est la rénovation? Où est le changement? Quand je vois certains mandataires politiques socialistes dont le cabinet de réviseurs engrangent contrat après contrat auprès des instances publiques qu'ils contrôlent, je m'interroge.
Quand on accepte de mandataires socialistes qu'ils signent des contrats engageant toute une région pour des millions d'euro sans même lire lesdits contrats parce qu'ils sont en Anglais et qu'on ne comprend pas l'Anglais, je m'interroge.
Où est la rupture tant annoncée et tant prônée? Où sont les rénovateurs?

Si le libéralisme a fait ses preuves en matières d'entreprises et de créations d'emplois, que les syndicats si prompts à donner des leçons de gestions me montrent quels entreprises et quels emplois ils ont créé? En tant qu'entrepreneurs, je suis fatigué de lire ce mot comme l'équivalent d'inhumain, d'exploiteur ou de fraudeur. Moi je travaille, je produits de la richesse, je paie des impôts. Avec pour résultat entre autre que j'aurai une pension inférieur à une personne ayant chômé toute sa vie... C'est ça le socialisme?

Les emplois créés par les syndicats tels les délégués permanents sont payés par les entreprises qu'ils combattent... un non sens n'est-il pas?


"Ne croyez pas qu'ils vont se laisser faire. Ils ont quémandé l'Etat", et aujourd'hui ils sont "à Monaco! ", a dit le président du PS, en référence à un lunch organisé vendredi par la branche Assurances de Fortis dans le plus somptueux palace de la principauté et à un événement similaire mis sur pied par Dexia.
De fait, Fortis Insurance, non touché par la présente crise a organisé un dîner pour 150.000 euro (d'autres citent des chiffres inférieurs). Dexia itou...
Cela n'a aucun rapport avec le besoin de capitaux...

Au demeurant, tant qu'à citer des chiffres... est-il besoin de rappeler que le gusse socialiste, ministre des sports, a, à ce jour, rentré pour 75.000euro de notes de frais pour lui tout seul aller se pochtroner à Pékin? Pour rappel ça, ce sont 75.000euro pour lui tout seul... les 150.000euro de Fortis sont partagés entre des courtiers qui génèrent de la richesse et donc permettent de financer les gabegies étatique...
Toujours chez le même ministre (merci Phineas!):
Pour Francorchamps, il (M. Daerden) remet le couvert en paradant aux nombreuses tables [17 rien que ça !] réservées au nom de la Région wallonne dans les salons VIP de l’Eau Rouge à 2500 € le couvert le week-end de 3 jours. Sans la moindre gêne, alors que le Grand Prix réalise l’exploit de faire 5,5 millions € de déficit en 2 ans. C’est le même Daerden qui avait déjà investi plus de 15 millions € pour remettre le circuit à neuf.

N’importe quelle société privée aurait arrêté les frais devant des résultats financiers aussi catastrophiques. Mais ici, on s’en fiche : c’est le contribuable qui paie l'addition finale...
Et puis, ce GP, vous comprenez, c’est tellement bon pour l’image de la Wallonie.

Alors, le dîner "libéral" à 150.000euro, sur des deniers qui ne sont pas publics (je rappelle que l'Etat n'a pas subisidié Fortis ou Dexia, il prend part au capital avec en échange des dividences, un droit de vote etc) comparé aux 75.000euro de Pékin, aux 17 tables de Francorchamps financés eux sur l'argent public, il y aurait bien des choses à dire.

La crise économique n'est pas le triomphe du socialisme ni la mort du libéralisme!

Si j'ai tort quand je dis que 1+1=4, cela ne signifie pas que vous aurez raison en disant que 1+1=0...

Ce qui m'offusque le plus c'est la désinformation permanente que subit le public, cette pré-campagne électorale mensongère et relayée par les journaux, les chaînes de télévision sans mise en perspective est lamentable.

Le libéralisme n'est peut être pas le meilleur des systèmes, mais à ce jour et en Belgique, il ne trempe pas dans une montagne d'affaires comme le parti socialiste.
Se gargariser d'une crise, externe au parti libéral et touchant tous les systèmes, socialistes comme libéraux montre bien le rideau de fumée que l'empapilloné tente de dresser entre son parti et les affaires qui ne s'arrêtent pas.

La crise ne signe pas la mort du libéralisme mais une crise de régime et une nécessité d'adaptation des règles qui régissent le système c'est certain. Elle est surtout très utile à la gauche pour masquer son incapacité latente à créer elle même de la richesse. Elle critique le libéralisme mais s'en sert pour pour créer la richesse à confisquer et à redistribuer.

Je reviendrai dans un post futur sur les tracas et les contrôles qu'un indépendant, un entrepreneur, un employeur subit tous les jours et les amendes incessantes qui le menacent comparées à l'encouragement au chômage que l'on retrouve sur les sites syndicaux... au manques de contrôle ou de pointage des chômeurs...

lundi 13 octobre 2008

Leçon d'économie et de politique...

En ces temps troublés de crise où des empapillonés ne pensent qu'à hurler à la mort du Libéralisme, voire du Capitalisme... j'ai trouvé l'édito de Michel Konen dans La Libre de ce jour particulièrement pédagogique. Le fait que l'empapilloné soit président de parti et homme de sciences diplômé me déçoit énormément. Ses discours actuels sont populistes, démagogique et oublient ce que ses diplômes sont sensés lui avoir appris : des faits, de l'objectivité et de la rigueur. A son égard, une petite leçon d'économie et de vocabulaire s'impose.

Je me permets donc de vous publier cet excellent édito...

On entend des voix qui s'élèvent aujourd'hui pour signer la mort du libéralisme et appeler l'Etat à jouer un rôle plus déterminant dans la gestion de l'économie et des finances. C'est oublier le sens des mots.

Le capitalisme est un système économique et social fondé sur la propriété privée des moyens de production et d'échange. Il se caractérise par la recherche du profit, l'initiative individuelle, la concurrence entre les entreprises. L'humanité n'a pas connu de système aussi puissant pour assurer son développement. Elle n'a pas connu non plus de système qu'il faille autant réguler pour éviter les abus.

Le
libéralisme est une doctrine économique et politique qui tend précisément à réguler les excès du capitalisme. Selon elle, l'état ne doit pas gêner, par ses interventions, le jeu de la libre concurrence. Il doit au contraire permettre à celle-ci de s'exercer pleinement en évitant, en particulier, les régimes des monopoles.

Le
socialisme se définit par la condamnation de la propriété privée des moyens de production et d'échange pour aboutir au communisme avec la collectivisation de ces moyens de production.

L'économie est comme un réseau routier sur lequel circulent les voitures.
-Le capitalisme laisse les véhicules se débrouiller seuls : que les camions écrasent les autos puisqu'ils sont les plus gros.
-Le libéralisme consiste à réguler le réseau en inventant le code de la route, par exemple. Ce qui n'empêche pas les accidents (les crises) mais n'empêche pas non plus chacun d'aller où il l'entend au volant de son véhicule.
-Le socialisme veut mettre un chauffeur dans chaque automobile quand il ne veut pas obliger les citoyens à n'utiliser que le car collectif.
-Le communisme, lui, vous impose l'heure et le lieu de départ tout comme le lieu d'arrivée.

La crise actuelle doit créer un code de la route collectif, pas une appropriation collective des moyens financiers. L'intervention des Etats ne doit être que provisoire et circonstancielle. Sous peine de voir régresser les libertés !


Merci Michel pour cet édito qui remet quelques pendules à l'heure et réexplique la pensée économique et sociale de chacune des tendances.
Merci d'avoir rappeler que le capitalisme, comme la gravitation, ne sont que des systèmes...

jeudi 9 octobre 2008

Ce n'est plus une crise de confiance!

Ca devient aujourd'hui de plus en plus clairement une crise spéculative...

... De fait, voici déjà quelques temps que je vous bassine avec une "crise de confiance"... Si ce fut le cas, j'ai tout doucement l'impression que nous sommes en train, depuis quelques semaines, de changer radicalement la nature réelle de cette crise. Et ce, pour des motifs bassement mercantiles. Décodage.

Les Origines.

Au commencement, nous avons la crise des "subprimes".
En cours, les banques américaines vendent des crédits à des gens qui ne sauront pas les rembourser.
On planque le tout via une titrisation. On fourgue le tout au marché. On assure le reste...
Arrive le jour où, bien sur, les preneurs de crédits ne peuvent plus rembourser.
Ce jour là, l'impact va toucher :
  • les banques américaines vu que les clients ne remboursent plus leurs dettes.
  • les assureurs (AIG) qui avaient assuré des risques mals évalués
  • les banques du reste du monde qui ont acquis les titres pourris.

Les banques américaines vont rencontrer un problème de liquidité et de solvabilité. Pas de secret, c'est la faillite sauf si l'Etat rachète ces banques.

Les banques du reste du monde (ou même les rares américaines qui n'ont pas trop misé sur les CDS, CDO et autres titres pourris) vont acter des moins values dans leurs comptes. L'impact se retrouve au niveau bilan (dû à cette satanée norme IFRS que je conteste depuis des années) et dans une diminution de fonds propres. Néanmoins... elles devraient pouvoir traverser cette crise!

Le Domino... spéculatif

Mais voilà... Si les banques américaines connaissent un problème de liquidité et... de solvabilité, la crise débarque quand même en Europe. Les différentes banques actent les moins values. Ca ne fait certes plaisir à personne certes mais l'ensemble est sain, nous sommes en bonnes positions pour traverser sans trop de heurts.

Il faut ensuite différencier les cas... car si tout le monde s'accorde sur l'origine... les conséquences n'ont pourtant pas la même origine...

Fortis et la confiance

Fortis s'est embourbée dans un rachat disproportionné comparé à sa taille. Sa grande erreur n'est pas tant le rachat que de l'avoir bouclé sans avoir bouclé son financement... Il lui restait plusieurs milliards à trouver quand la crise américaine éclate.

Devant l'incertitude et la méconnaissance des risques réels encourrus par chaque banque, la marché des liquidités s'asèchent, Fortis ne parvient plus à boucler le financement, c'est le début de la fin.

Crise de panique et de confiance, on ne prête plus à Fortis... qui achève bien tristement sa vie démantelée entre différent pays.

Mais est-ce bien là LA vraie et seule raison?

Dexia, KBC et les autres...victimes spéculatives

Si Dexia est touchée par le subprime via sa filiale FSA (héritée rappellons-le des... Français du Crédit Local, je préfère le rappeler vu que les Français accusent la Belgique dans la gestion...), il n'en reste pas moins que la société Dexia est saine.

Elle a un très solide ratio de solvabilité, contrairement à ses consoeurs américaines, elle recueille aussi les dépots, elle n'a pas investit dans les subprimes (sauf FSA et encore, c'est du rehaussement de crédit).

Malheur, Paulson décide de faire couler Lehman Brothers, elle victime de la crise de confiance. Les banques saines qui ont investit dans des produits de banques saines tel Lehman se retrouvent le bec dans l'eau. C'est le déclenchement de la guerre spéculative.

Car, et alors même que tout le monde crie "ayez confiance, Dexia est saine!", on lui coupe l'accès aux crédits...

Fortis, même si partiellement victime de l'ego de ses dirigeants et du manque de liquidité, de la "crise de confiance", je note que l'issue de son histoire n'est pas négative pour tout le monde. En vrac, ABN retourne en Hollande à moindre coûts, l'Etat hollandais rafle Fortis NL pour une croute de pain, l'Etat Belge fait une plus value potentielle de plus de 1 milliard d'euro et BNP rachète Fortis (sans la partie Toxique que l'on délaisse aux petits actionnaires!) pour à peu près rien...

...sans la partie toxique...

Et si donc, cette crise de confiance n'était là que pour légitimer des choses bien moins avouables? S'il y avait un agenda caché? Loin des théories du complot, le scénario est de plus en plus à envisager.

1. Crise de confiance? Non, crise spéculative!

Vous la voyez où vous la crise de confiance? Voyez-vous des files aux guichets des banques? De retraits massifs? Des émeutes pour récupérer de l'argent? Non. Il y a certes d'après mes informations plus de passages dans les agences, plus de retraits qui sont de toute façon recaser dans d'autres banques, mais de vraie panique? Non.

Qui panique? Le gouvernement belge quand il brade Fortis et accepte que l'on jette Miller comme un malpropre.

Bref, si crise de confiance il y a, elle n'est pas chez le particulier. Alors... les institutionnels? Ceux là même qui nous disent "N'ayez pas peur! La Banque machin est saine! La Banque truc est solvable"? Non... car ils ont raison... Mais... ils ne prêtent malgré tout plus leur argent...

Pourquoi? Par manque de confiance? J'aurais de moins en moins tendance à le penser. Aujourd'hui, mon hypothèse est de plus en plus que certains vont réaliser une remodelage complet du paysage bancaire à moindre coût!

Ce qu'ils n'ont pu obtenir par OPA, ils l'auront par l'assèchement du crédit! Comme aux bons vieux temps moyennageux, rien de tel qu'un bon siège, un bon blocus pour amener l'ennemi à céder...

2. Assainissement à peu de frais

L'objectif secondaire de l'opération est, après avoir récupéré la cible, de laisser les petits actionnaires avec la partie "toxique".

C'est l'étape la plus intéressante et la moins éthique du processus. On récupère les patie rentables en prenant en sus l'habit de "chevalier blanc" mais on éjècte toutes les crasses. Comme pour Fortis, on va laisser la partie "toxique", "pourrie", risquée aux petits actionnaires. Ces parties partiront probablement tôt ou tard en faillite. On va juste limiter les dégats en essayant de récupérer les créances qu'on peut. Le reste, ce sont les petits actionnaires qui en font les frais

C'est une manière crapuleuse de dire "vous êtes actionnaires, assumez le risque" alors même que les gros actionnaires institutionnels ne l'ont, eux, pas assumé. En somme, si vous êtes petits, démerdez-vous!

L'objectif n'est pas de sauver les petits actionnaires, l'objectif est d'assainir rapidement et à moindre coût le marché financier.

3. Terre d'essai?

A cet égard, la crise ne fait que commencer en Europe. Je pense qu'elle va durer 8 mois à un an maximum. La Belgique pourrait servir de ballon d'essais.

Je ne crierais donc pas victoire dans les autres pays... la pseudo crise de confiance, véritable crise spéculative n'en est qu'à ces début. Et les prêts massifs des Banques Centrales n'y changeront rien car les "spéculateurs" n'ont cure de la solvabilité des banques.

Par spéculateurs, il faut comprendre les autres banques qui ne prêtent plus aux autres, tout en les sachant saines, dans le seul but de faire leurs emplettes à moindre coût. Avec probablement la complicité des gouvernements qui le font dans le but, non avoué, d'assainir aussi rapidement que possible le marché financier.

Pour moi, la seule vraie victime de la crise de confiance est Lehman Brothers. Après, c'est le déclenchement d'une offensive massive sur les valeurs bancaire dans un but de restructurations du paysage.

Ce ne sont bien sur que pensées et conjectures personnelles... et votre avis, même contraire, est le bienvenu...

lundi 6 octobre 2008

Agence de Notation ou Critique Facile...

La Libre m'apprend ce soir que la célèbre agence de notation Standard & Poor's a modifié la perspective associée à la note à long terme de BNP Paribas. Celle-ci passe de "stable" à "négative".

Fort bien... j'ai juste envie de dire : "la critique est facile mais l'art est difficile". Or, il se fait qu'ici l'art n'est point de prédire mais de faire.

Crise Septennale

Il faut d'abord et avant toute chose signaler que cette crise est un phénomène économique normal. Certains vont diront qu'avec plus de régulations ça n'arriverait pas, que le grand capitalisme est malade etc etc. Balivernes que cela, ce n'est pas le capitalisme qui est malade. Il ne peut pas, il n'est qu'un système, comme la gravitation est un système en physique newtonnienne. Vous conviendrez avec moi que personne n'a jamais dit que la gravitation était "malade".

Le problème, c'est l'être humain... L'être humain est, pardonnez-moi, moyennement bête, suroptimiste, orgueilleux et amnésique. Il est toujours persuadé d'être plus intelligent que son voisin, d'avoir trouvé la martingale et qu'au pire, il va se "refaire".

Ici, on pensait avoir découvert le moyen de faire une montagne d'argent avec des dettes... il y a sept ans, on croyait à la croissance infinie grâce à la nouvelle économie, on a joué avec l'immobilier comme on a joué avec les valeurs internet.

Nous sommes amnésiques car il y a sept ans, nous avions aussi tous les signaux dans le rouge, nous avions aussi des voix insistantes qui signalaient que nous avions une bulle qui allait éclater et nous ne les avons pas on plus écoutées...

L'être humain est ainsi fait qu'il causera des crises économiques tout les septennats, c'est inévitable.

La régulation?

Ne croyez pas qu'elle apportera une solution à nos problèmes de manière durable. Que n'avons nous entendu en 2001 : "Ca nous a servi de leçon!" "On ne nous y reprendra plus" "On va mettre des systèmes de contrôle en place" etc.

De fait, nous n'aurons probablement plus une crise dûe aux subprimes... mais nous aurons une autre sorte de crise, causée par une autre "martingale", par l'amnésie et la surdité de l'homme. Si d'aventure nous mettions en place un système régulatoire fort, trop fort oserais-je dire, proche de l'autoritarisme d'un état qui se voudrait "éclairé", nous n'aurons peut être pas de crise dans sept ans, mais nous ne connaîtrons pas non plus croissance, progrès ou innovation. Nous entrerons dans une société stagnante, dans le "non-changement"... or tout ce qui est immobile est appelé à mourir.

Agence de notation et amnésie

Mais, après cette disgression en réponse aux appels pressants à la régulations, revenons-en à notre agence de notation...

Reprenons donc la dépêche et commentons là.

Si les notes à long terme "AA+" et à court terme "A-1+" de BNP Paribas sont actuellement confirmées par Standard & Poor's car elles reflètent la solidité de son profil opérationnel et de son profil financier, elles pourraient être abaissées si l'intégration de Fortis présentait des difficultés inattendues et que BNP Paribas ne parvenait pas à rétablir la crédibilité de la marque Fortis, dit Standard & Poor's.

...Bravo... c'est subtil remarquez... Je traduis : votre fils a un bon bulletin, mais si il échouait à son prochain examen, il aura une mauvaise note. C'est ce que j'appelle de la non information. Ca ne m'apprends rien sauf que... BNP est solide (enfin, moi, je n'en suis pas sûr, voir mon précédent billet)
Selon l'agence de notation, la transaction opérée par BNP Paribas est conforme avec la stratégie du groupe sur le marché européen. Le nouveau groupe deviendra la première banque commerciale en Belgique et au Luxembourg. L'opération ne devrait avoir qu'un impact modéré sur le profil financier du groupe mais elle "présente des risques financiers et des risques d'exécution pour l'ensemble des acteurs du secteur bancaire", selon le communiqué de Standard & Poor's.
Notez que si un étudiant me remplit sa feuille d'examen comme ça, il ne risque pas d'obtenir A ... plutôt un F. Je n'apprends rien une fois de plus... sauf que ça va bien quoi.

"Il est essentiel que BNP Paribas rétablisse rapidement l'image de Fortis aux yeux des clients de ce dernier. Si BNP Paribas maintient de bons résultats ainsi qu'un profil de risque stable et que l'intégration de Fortis se déroule bien, la perspective pourrait être ramenée de "négative" à stable", conclut le communiqué.
Donc, dans tout le communiqué, on vous annonce que là, ça se passe bien... mais au final, on va quand même passer la perspective à négative... juste comme ça. Ce n'est pas pédagogique me semble-t-il et est la pire chose que le marché aurait pu entendre. Puis ptêtbien que, en fonction du vent et de la procréation des Iguanes en Terre Adélie, nous pourrions si, l'herbe pousse drue et verte, éventuellement et sous certaines conditions que nous ne pourrions vous préciser, penser à revoir la note à "stable". Je vais rester poli mais je ne vous cache pas qu'un gros juron encombre ma gorge...

Inconséquence, inconscience ou sabotage volontaire?

Ah... pour les gens qui ont envie d'entendre ces oiseaux de mauvais augures, je vous signale qu'un peu plus haut, je disais que l'homme est amnésique. Alors avant de les écouter, souvenez vous que c'est le même Standard & Poor's qui posait des ratings triple A sur les CDO, CDS et autre actions pourries liées aux subprimes!

Je me demande comment ils osent encore la ramener après le bourbier qu'ils ont participé à créer.

Aujourd'hui, tout le monde s'accorde à dire, qu'au niveau européen surtout, la crise est essentiellement une cirse de confiance. La confiance n'existant plus, nous arrivons à avoir des sociétés saines, j'insiste, des sociétés SAINES, qui partent en faillite (telle Lehman ou ... Dexia qui est en mauvaise postures). Lehman n'aurait JAMAIS du être mises en faillite. Mais le gel de ses liquidités pas JP Morgan au plus mauvais moment l'a précipitée au sol.

Aujourd'hui, Dexia est victime de rumeurs essentiellement. Fortis, aussi mal embarquée dans un fusion à laquelle je ne croyais pas, n'aurait pas pour autant du faire la culbute. Car leur fondamentaux et leurs capitalisations sont suffisantes. Le problème est que ces rumeurs sapent la confiance et que le système repose sur la confiance et sur la circulation d'argent.

L'annonce inconséquente de Standard & Poor's ne repose sur rien, nous venons de le montrer mais va amener le marché à paniquer plus encore. L'homme est bête et perd toute sa raison dans la panique actuelle. Je ne dis pas ici que BNP est sain (je pense que le marché français n'est pas encore contaminé mais pas plus que le nuage de Tchernobyl ne s'est arrêté aux frontières française, la crise leur tombera aussi dessus!). Si communication il doit y avoir, il faut qu'elle soit basée sur des faits et uniquement des faits. Sinon, le marché français tombera comme le belge.

A cet égard, les déclarations hollandaises à l'égard de Fortis comportent aussi une dose de responsabilité dans ce qui lui arrive.

Dernière hypothèse, affreuse mais réaliste s'il en est:

A qui profite le crime?

L'Etat Batave a mis la main sur ABN AMRO et sur Fortis à un prix défiant toute concurrence... Barclays a racheté Lehman pour une croute de pain... BNP récupère Fortis à moindre coût... Dexia est menacé tant et plus. Il y a quelques mois, une banque américaine en rachette une autre ... puis quintuple finalement le prix offert. Quel est le sens? Quelle réalité? Même une banque ne sait plus en chiffrer une autre? A la limite... mais entre 1 et 5... quelle énormité!

Je rappelle que nous sommes ici dans le cadre de rumeurs, de paniques, de surdité, d'émotions et non de faits... Si je regarde les faits, je m'apperçois qu'on est gentiment en train de redistribuer les cartes et les contrôles à moindre coûts, et sans le moindre droit de regards des actionnaires de ces sociétés (à cet égard, il semble que des actionnaires Fortis se réveillent et comptent lancer une procédure par le biais de Maitre Modrikamen)... Que les banques en questions disposaient de fondamentaux stables et corrects, en ligne en tout cas avec les attentes de solvabilité du monde bancaire. Elles étaient toutes peu touchées par les subprimes, en ce compris la banque américaine Lehman.

Dès lors, et devant ce faisceau de coïncidences, je m'interroge sur la réalité de la crise en Europe et sur le sens à donner aux différents annonces en cours. Cette crise est réelle car nous nous appercevons clairement du ralentissement de la circulation d'argent et l'augmentation des taux d'întérêts... mais les causes exactes me semblent peu claires.

Il faut appeler au calme, tout message doit être lu et relu trente fois avant d'être publié, il faut que cessent les rumeurs et les fausses vérités. Il faut que l'on conserve la tête froide et qu'on cesse de donner n'importe quel signe au public. Même si tout le monde s'extasie devant nos gouvernants au chevet des banques, je commence à penser que si la première action sur Fortis se justifiait, la suite ressemble furieusement à un jeu politique où l'on joue un mauvais jeu/calcul électoral, à se mettre en avant et à se faire mousser. Pour une fois que le "public" peut mettre la pile au "privé", pourquoi se retenir n'est ce pas? Mon avis est qu'au lieu de se faire mousser et jouer les donneurs de leçon à des sociétés saines, ils feraient mieux de s'occuper de la gestion d'un pays laissé à l'abandon depuis 16 mois...

Plutôt que de "sauver" les banques, on doit faire cesser les rumeurs et les actions à l'emporte pièce des gouvernements ou agence de notation qui détruisent plus la confiance qu'autre chose. Trop d'actions autour des banques mine la confiance... que le gouvernement se le tienne pour dit...