mardi 30 septembre 2008

Dégat collatéral et victime expiatoire

... opinion personnelle...

Ni Miller ni Richard ne devaient démissioner!


Ils ont effectué un excellent travail à la tête de Dexia, la banque est saine et sa communication est claire.
Il est anormal qu'avec une telle nouvelle le titre monte... moi, leur départ minerait plutôt ma confiance!
... on verra la suite.

UPDATE
Guillaume m'apprend que :
A vérifier mais ce serait une volonté de Sarkozy de reprendre la main sur la gestion de Dexia via la minorité de blocage obtenue par la France.
Remarque : Lagarde a bien dit hier que c'était uniquement la faute des belges pour Dexia.


Salut Guillaume,
j'avais bien entendu que Sarko voulait la tête de Miller...

Quand aux paroles de Lagarde, tu me l'apprends... et je ne les cautionne pas le moins du monde. Pour le moment, de fait, deux banques à ancrage belge sont dans la tourmente...

... attendons aussi de voir ce que les banques françaises vont acter dans les semaines à venir... à suivre : LCL, BNP, Crédit Agricole et autre banques hexagonales.

Je ne dis pas que ce sera pour de bonnes raisons, elles seront probablement victimes de la même crise de confiance... mais comme pour le nuage de Tchernobyl, il n'y aucune raison que la crise s'arrête à la frontière française...

Je pense que c'est pour ça que Dexia a pris de l'avance en demandant de l'aide... aujourd'hui, elle peut l'avoir, demain Sarko fera un exemple...

lundi 29 septembre 2008

Fortis, Crises et ... petites approximations

S'il y a bien une chose que j'exècre, c'est quand des personnes sensées informer d'autres personnes se permettent de relayer rumeurs, approximations et contre vérités.

Dans les personnes sensées véhiculer l'information pour permettre au quidam de comprendre ce qu'il se passe, on trouve en première ligne : les journalistes, et en deuxième ligne, les hommes politiques.

Dans la crise actuelle, j'ai l'impression qu'une partie des premiers est incompétente et se contente de relayer les approximations du café du commerce et que les deuxièmes profitent de leur pouvoir médiatique pour mener une pré-campagne électorale en jouant sur des techniques identiques à l'extrême droite à savoir : jouer sur la peur. Ici, de manière inconsciente, certains parti flirtent avec les approximations, accusent le "grand capital", l'ultra libéralisme coupable et prétendent que le salut est dans l'Etat.

STOP! Faisons le point et tentons d'éclairer un peu le public

1. C'est la faute à l'Ultra-Libéralisme
Tout d'abord, l'Europe n'est pas Ultra Libérale. L'Europe est beaucoup plus proche du socialisme que du libéralisme.
Nous avons certes un marché capitaliste mais par dessus, nous avons mis en place une série de mécanismes de régulation. Bon ou mauvais, mais ils existent, peuvent être adaptés et modifiés.
Rappelons aussi qu'en matière d'ultra-libéralisme, j'ai rarement des états ultra libéraux autoriser le chômage à vie ou les aides massives au développement (voir la PAC, les budgets Objectif 1, 2, phase out, le Plan Marshall etc). Nous ne sommes donc pas dans un état, ni un continent ultra libéral. Cessons de dire ou de relayer des absurdités sans nom.

2. C'est quand même la faute à l'Ultra-Libéralisme, regardez, ça vient des Etats-Unis.
Vous devez alors faire partie des quelques rares naïfs à n'avoir pas remarqué les aides massives américaines à différents secteurs industriels. En vrac, l'acier américain en crise permanente car incapable de se restructurer car sous perfusion constante de l'Etat.
Le secteur automobile croulant sous les obligations sociales et fonds de pension à alimenter...
Les fonds constants qui coulent tel l'amazone vers l'océan pour alimenter les différents producteurs agricoles (coton, maïs...)
Non, les USA ne sont plus ultra libéraux depuis longtemps. Notez aussi l'accent particulier mis pendant les campagnes sur la nécessité de mettre en place une meilleure politique sociale et de soins de santé...

3. L'Etat vient encore secourir les actionnaires! C'est ça le Capitalisme???
D'abord, l'Etat ne vient pas au secours des actionnaires.
Les actionnaires sont en train de la payer la note, et violemment...

Pour rappel, Freddie Mac et Fannie Mae valaient près de 70$ par action au printemps 2007...
La crise fait plonger le titre et cause d'énormes pertes aux actionnaires.
La nationalisation et l'intervention de l'Etat (idem pour AIG) ne font pas remonter le titre! Aujourd'hui, vous pouvez avoir du Freddie Mac et Fannie Mae pour quelques 10c...
L'intervention de l'Etat à fait plonger ces titres de 83 & 90%...
A l'heure ou j'écris ces lignes, après un bref rebonds, l'action Fortis continue sa descente...

L'Etat sauve les employés et les épargnants. Ce n'est pas la même chose!
Notez aussi que les organes de directions seront décapités suite à la reprise par l'Etat. Les coupables paient, le marché s'en charge.

4. Comment le marché parvient-il à se maintenir alors qu'on injecte massivement de l'argent?
... ici, on ne peut que regretter que l'on maintienne la confusion autour de ces mots 'injection d'argent'.

En réalité, contrairement à ce que l'on pourrait penser, on ne fait pas tourner la planche à billets... L'économie repose sur la circulation de l'argent. Cette circulation, c'est le sang de l'économie. Le coeur qui fait circuler cet argent, ce sont les banques. Elles le font en récoltant des dépôts et en prêtant pour des projets (hypothèque, investissement d'entreprises, etc etc).

Pour que cela fonctionne, il faut une certaine dose de confiance. Pour le moment, les banques ne se font plus confiance (à mon sens, à tort pour beaucoup) et ne veulent plus se prêter de l'argent. Le sang ne coule plus... le coeur s'asphyxie.

Pour éviter l'arrêt cardiaque, et donc la faillite bancaire, les banques centrales injectent de l'argent dans le circuit. Et il faut comprendre: Injecter = Prêter.
Il ne s'agit d'ouvrir un robinet mais bien de vendre l'eau qui en coule! Les banques centrales PRETENT l'argent au banque, à 24, 48h voire une semaine. e prêt est par ailleurs assorti d'un taux d'intérêt (voir d'une prime de risque par dessus), ce sont les fameux Taux Directeurs.

Ce ne sont donc pas les contribuables qui paient!

5. Vu les cours de bourses, les banques sont quasi faillies!
Faux. Il ne faut pas confondre cours de bourse et solvabilité (complainte beaucoup entendue ces temps ci).

Le cours de bourse reflète la valeur future que des experts estiment. On est réellement ici dans l'estimation avec plusieurs façons, méthodes de chiffrer cette valeur.
La solvabilité c'est la mesure de la capacité d'une entreprise à payer ses dettes sur le moyen et long terme.

En clair, c'est le même principe que l'argus automobile. Des experts estiment la valeur d'un véhicule sur base des différents critères objectifs. Mais cela n'empêche pas votre véhicule de valoir plus (ou moins) que cette estimation. Cela, vous le saurez en revandant votre voiture.

Dans le cadre de Fortis, le problème ne vient pas tant des subprimes que du rachat d'ABN-AMRO (auquel je m'opposais car je prétends que la taille n'est pas le facteur critique dans l'économie bancaire! Il s'agissait avant tout d'une question d'EGO ici, mais soit).
Fortis a payé ABN-AMRO beaucoup trop cher.
Fortis a acheté ABN-AMRO sans finaliser son financement...
Il manquait 4 milliards d'euro encore. Mais, voir plus haut, vu le niveau de confiance entre les banques, personne ne voulait les prêter à Fortis... et si le sang ne coule plus, on s'asphyxie.

Fortis gardait une très bonne solvabilité, comme l'ensemble des banques belges d'ailleurs. Mais la cumulation entre la crise externe (les subprimes) et la crise interne (le rachat) a miner la confiance du marché qui n'a dès lors plus accepter de prêt de l'argent à Fortis.

A propos de ces prêts entre banque, pour faciliter la compréhension, c'est comme l'épicier qui doit payer ces fournisseurs directement alors qu'il n'a encore rien vendu. La banque lui prête de l'argent pour financer ses factures le temps que le stocks soit vendu. C'est le même principe pour les banques.

Mais cela veut dire aussi qu'elle aurait eu beaucoup de mal à faire face à court terme et serait alors tombé en faillite. C'est la même chose pour Lehman. Lehman était, est et reste une banque SAINE! C'est le manque de liquidité court terme et.. le désir de faire un exemple qui ont causé sa perte.

La pire chose qui pourrait encore se produire serait que les épargnants commencent à paniquer et désirent massivement retirer leurs liquidités.

6. C'est le contribuable qui paie la note.
De fait, la nationalisation fait que le contribuable paie la note... aujourd'hui... Personnellement, il s'agit avant tout d'une crise de confiance dans la cas des banques belges. Juste une bonne grosse crise de confiance.
Si le gouvernement nomme de bon administrateurs, un bon comité de direction. Une gestion prudente doit suffire à renflouer les caisses de l'Etat aussi vite que l'Etat a pris une participation. La solvabilité de l'ensemble est bonne. L'Etat a "nationalisé" à bon compte vu la faiblesse du cours de bourse.

Quand la confiance sera rétablie, et je table sur 1 an et demi, deux ans grand maximum, le cours de bourse va bondir et l'Etat devrait sortir gagnant.
Encore une fois, les actionnaires n'ont pas été récompensé ou protégé. Ce qu'on a protégé, c'est l'emploi et les comptes épargne.

7. Vous avez tort! Pourquoi seriez vous plus fort que les experts? Regardez les cours chuttent encore!
Vous avez raison sur le fait: les cours chuttent.
Peut-être pas sur la cause.

D'abord, je l'ai dit, pour les actifs nationalisés, les actionnaires s'encourrent à toute jambe, ils vendent massivement, le cours baisse.

Pour les actifs comme Dexia...
Nous avons eu jusqu'à la semaine passée un marché très spéculatif animé par des "shorts".
Les shorts, ce sont des ventes à découvert (interdites depuis la semaine passée).
En simple: je te vends ce matin une action que je n'ai pas à 10€ en me disant que je l'achète ce soir à 8€... Bref, je joue le volume (si beaucoup de shorter vendent, le cours baisse mécaniquement) et à la baisse (quand le cours à baissé, j'achète et je fais mon bénéfice).
Deuxième facteur plus actuel, Dexia se casse la figure, SANS RAISON sinon la crise de confiance. Il n'y a aucune raison de douter de la solidité de Dexia mais si personne ne lui prête l'argent sur le court terme, elle va se retrouver, tout saine soit-elle, dans le giron de l'Etat.

8. IL FAUT PRENDRE L ARGENT OU IL EST!
Que n'avons nous entendu cette antienne au moment des superbénéfices des banques...
Et aujourd'hui? Que diriez vous? Faut prendre l'argent chez les banques? Difficile n'est-il pas.
Le problème des super bénéfices n'est pas tant les super bénéfice que les super bonus qu'ils ont générés chez des gens qu'on ne peut que virer...

9. L'épargnant qui a acheté Fortis est floué
L'épargnant? Nenni, l'actionnaire. J'entends souvent dire, plein de petits épargnants ont acheté du Fortis en bon père de famille.

Certes, c'était une action de bon père de famille jusqu'à cette fusion hasardeuse. Oui, mais ça reste une action avec les risques que cela comporte. Il ne faut pas perdre de vue qu'une action, c'est du capital risque qu'on peut perdre.

10. Tout ça, c'est la faute des banques américaines!
Mon avis est que oui, la situation est sérieuse. Elle l'est nettement plus aux USA où la crise des subprimes n'est pas une crise du au manque de confiance mais à l'écroulement du crédit.

Chacun peut se faire une opinion sur la cause réelle mais il ne faut pas oublier en dernier ressort
que les banques ont probablement pris de trop de risques... mais le consommateur oublie sérieusement de se transformer en consommaCteur.

Pour ma part, quand je prends un prêt, quand j'ai contracté un emprunt hypothécaire, j'ai été lire les petits caractères. J'ai calculé ma capaciter maximales de remboursement. Et quand je calcule que ma limite sera atteinte trois ans après si j'ai un relèvement de taux, non je ne prends pas le prêt!

La valeur de ma maison a augmentée depuis l'achat? Non, je ne demande pas un emprunt hypothécaire sur la plus-value! Si les banques ont une part de responsabilité, les consommateurs et l'Etat la partage.

L'Etat car avec ses lois anti-discrimination a empêché le contrôle des fiches de paies, de l'historique des crédits etc.

Aux USA, tout le monde porte la responsabilité : Etat, banque et citoyen irresponsable!

11. Avis personnel...
Il faut qu'on se calme et qu'on garde la tête froide.
Certes, la crise des subprimes est sérieuses, mais le système financier européen continental reste je pense, digne de confiance.

Aujourd'hui, les deux plus grands risques que nous courrons sont :
1. les épargnants qui retirent leurs économies des banques
2. que la crise de confiance des banques s'étende à l'économie réelle. La conséquence serait immédiate, paralysie et effondrement très rapide de nos économies, une crise qui nous ferait voir la crise de 29 comme une période de faste et de bonheur. L'asphyxie des banques et l'effondrement du système financier... l'argent ne circule plus...

Aujourd'hui la crise touche l'Europe. C'est une crise de confiance plus qu'une crise financière.
Gardons la tête froide, il est dommage que les Etats doivent intervenir, non pour sauver les banques, mais pour nous rassurer nous. Mais, ce sera payant pour les Etats à terme soyez en sûr. Le plus gros problème, c'est que les acteurs financiers ont perdu tout recul... et objectivité semble-t-il.

C'est un point de vue personnel, je ne suis pas sur d'avoir raison bien sur... mais le débat est ouvert. On peut discuter de chaque point, je ferai de mon mieux pour l'étayer plus en détail.

mardi 23 septembre 2008

Quand les limitations de la concurrence ne bénéficient pas aux citoyens…

Etat complice des banques?

On peut se dire qu’il y a comme une forme de collusion entre l’Etat et certaines institutions privées comme les banques.

Si on peut comprendre que l’économie de marché doit être réglementée ou assistée pour en éviter des dérives (voir post sur la Moralité du Capitalisme), certaines législations sont elles même des dérives dont je ne perçois pas l’intérêt.

Rappelez vous aussi le post posant la question : quid si nous devenions Français ?
Et bien, je rajoute un élément à cette réflexion. Si nous devenions Français, le taux d’intérêt que vous recevriez pour votre épargne ne serait pas plafonné par une loi qui me semble autant inique que protectrice de l’intérêt des grandes banques ! Ainsi, si en Belgique votre carnet est limité à un taux d’intérêt de 4,25% (suite à la très récente, et ô combien généreuse, augmentation de 0.25% accordée par le législateur) en France, vous trouverez des livrets vous offrant 6% d’intérêt voire 8% jusqu’au 31/12/2008…

Mais comment donc se fait-ce que nous ne recevions que 4.25%? ... la réponse : parce que l'Etat en décide ainsi...

Structures opaques

En Belgique, la loi protège les grandes banques peu rémunératrices. Ainsi, les majors (Dexia, Fortis, KBC, ING) n’offraient jusqu’il y a peu que 1,5% sur votre épargne. 1,5% !

Ils vous répondront qu’ils récompensent la fidélité par un taux d’accroissement et un taux de fidélité. Si ce n’est pas se moquer de vous, ce n’en est pas loin. Il faut virer ces taux qui ne rapportent pas grands choses et induisent le consommateur en erreur.

Ainsi, combien de gens pensent que 4 + 2% font 6% ? C’est faux car votre prime ne rentre en compte qu’à partir de 6 mois sans mouvements… Je supporte ici le combat de Test-Achat : supprimons les 3 taux (taux de base, de fidélité et d’accroissement) qui, par leurs opacités, empêchent une saine concurrence et ne donnons qu’un taux unique auquel les épargnants pourront se référer.

Autant dire que nous leur prêtons de l’argent à un taux négatif vu le niveau d’inflation du marché. C’est totalement scandaleux et n’incite certes pas à économiser. Pour ce que vous parvenez encore à économiser bien sur. Votre argent perd de sa valeur et les banques vous demandent en plus de les remercier. Un bon coup de pied au fesses oui ! C’est tout ce qu’elles méritent.

Non seulement la valeur de votre argent diminue mais en sus vous ne pouvez même pas le récupérer comme vous l’entendez. La plupart des banques, en effet, limite le montant de vos retraits (style maximum 2.500 € par semaine, ou 5.000 € par mois…).

Non content de limiter la mobilité des capitaux et de ne pas les rémunérer, nos banques, la plupart du temps, s’octroient en prime la possibilité de vous faire payer des frais de gestion divers et inappropriés vu les services totalement inexistant qu’ils offrent

Leur offre ?

De mois en moins relevante. Avec les progrès de l’informatique, la structure de coût des banques a fortement diminué. Nombre d’agence en baisse, personnel en diminution, nombre de guichets ouverts en diminution, opacité des structures de rémunération de l’épargne, rétrécissement (actuellement ) du crédit.

Avez-vous aussi remarqué que si votre compte passe un jour dans le rouge, le taux d’intérêt que VOUS paierez sera, lui, de 16% parfois ??? Avez-vous vu le taux d’intérêt des prêts à tempérament ? Allons donc, il est quasi inepte de limiter ainsi le taux d’intérêt créditeur.

Il faut aussi savoir que les comptes promotionnels (les comptes internet à 4.25%) sont réservés aux particuliers. Propriétaire d’une société, je n’ai pas l’autorisation d’ouvrir un compte un tant soit plus rémunérateur pour la personne morale qu’est mon entreprise. Ce n’est pas faute de faire des pieds et des mains…. La réponse est identique partout : réservé aux particuliers. Mon entreprise doit donc se contenter d’un piètre 1.5%... Ou utiliser les « possibilités » des comptes à terme (ce qui signifie aussi bloquer les fonds). Et après ça on vous parlera de gestion en bon père de famille…

Complicité Etatique objectivable !

Mais j’accusais au début de cet articulet le gouvernement Belge d’aider, de supporter les grandes banques dans ce vol manifeste de l’argent de l’épargnant (dont on sait aujourd’hui ce qu’ils en font…) et dans la limitation de la concurrence.

Vous le savez, je suis un convaincu que la concurrence apporte innovation, qualité et baisse des prix. Vous savez aussi que pour certaines choses, je défends que la concurrence puisse être limitée. Dans la cadre qui nous occupe, je ne comprends pas pourquoi il faudrait limiter la concurrence entre les banques sur les taux d’intérêt des comptes épargnes ? Pourtant, c’est ce que l’Etat belge fait tout les jours en imposant un plafond à la rémunération de ceux-ci !

Cette limitation du taux d’intérêt empêche les petites banques oustiders (Kaupthing, DB, Rabobank etc) de proposer des taux plus attractifs pour grandir et attirer le chaland. En outre, cela nuit à la fameuse mobilité des capitaux. Quand je pense qu’il y avait, voici quelques temps encore, un projet pour réaliser la portabilité du compte en banque.

La complicité devient totale quand, au vu de ce qui précède, la réforme proposée par l’Etat vise à « stabiliser l’épargne » à l’heure des turbulences financières. L’immobilisme, vous le savez, n’a jamais été mon fort, et seul le changement est garantie d’évolution et de croissance. Mais le gouvernement belge vous prétendra le contraire.

En clair, l’Etat entend « éviter que les épargnants ne fasses de trop fréquents aller-retour entre banques ».

MAIS DE QUOI JE ME MÊLE ?

Si les majors bancaires rémunéraient convenablement l’épargne et respectaient un peu plus leurs clients, il n’y aurait pas besoin de loi pour limiter la mobilité pécuniaire ! Limiter la concurrence est le meilleur moyen d’empêcher le secteur de se renouveler et d’innover.

Le combat d’Yves Delacolette à la Deustche Bank est exemplaire à cet égard. Bien sur, il cherche à ce que sa banque connaisse une belle croissance. Mais il a surtout compris que le capitalisme, c’est une « collaboration », une « solidarité » (voir le billet sur la moralité du capitalisme) qui s’instaure de facto entre le client et le fournisseur.

Un client va chez un fournisseur parce qu’il est bien traité, le fournisseur traite bien son client pour le profit qu’il lui rapporte ! Ne le ferait-il pas qu’il se retrouverait comme nos majors bancaires en train de craindre que le client ne s’en aille et demandant une forme de protectionisme étatique.

En quoi consiste la réforme proposée ?

L’idée est de faire baisser le taux de base mais d’obliger les banque à fournir une prime de fidélité d’au moins égale à un quart du taux de base (vous suivez ?).

Comprenons le avec un petit calcul :
Aujourd’hui, un banque peut vous offrir 4,25% + 2% (en fait, ce sera 4,25 + 1% les 2% n’étant acquis qu’après six mois) soit 5.25%.
Demain, avec la géniale réforme, la taux de base diminue : 3,56% mais avec une prime de fidélité de (3.56*0.25= 0.89%... soit 0.445% vu qu’il faut six mois…) bref, maximum un petit 4%.
(si je ne me trompe pas hein...)

En outre, vous noterez que la réforme ferait probablement disparaître le taux d’accroissement (ce n’est pas mal pour la transparence mais vu que cette rémunération est loin d’être compensée…)

Le résultat d’une telle action ne peut qu’être une limitation de la concurrence et un immobilisation forcée de votre épargne. Les outsiders vont avoir un vrai problème pour se démarquer avec de telles contraintes légales.

C’est, et je cite le Trends, un comble au moment où le marché de l’épargne se réveille enfin.

La question à 2 milliards d’euro : en quoi l’Etat a-t-il intérêt à contrôler ce genre de prix, au détriment de ses citoyens ? Pourquoi l’Etat entend-il limiter la concurrence d’un secteur qui en manque déjà cruellement ? Pourquoi tolère-t-il l’opacité de la rémunération de l’épargne ?

Poser la question… c’est répondre à la question : où l’Etat ira-t-il chercher les milliards manquant des prochains budgets…

vendredi 12 septembre 2008

Coup de gueule : Van Quickenborne vs Di Rupo

In La Libre de ce vendredi :

Di Rupo critique les propositions de Van Quickenborne

Le PS ne voit pas d'un bon oeil la proposition du ministre de l'Entreprise Vincent Van Quickenborne de diminuer de 10% le nombre de fonctionnaires et d'augmenter l'âge à la retraite de ceux-ci.

Les socialistes s'opposent fermement à ces propositions, "qui relèvent davantage du cliché dépassé que d'une proposition sérieuse et constructive".
Le PS regrette dans un communiqué ce type de raccourcis simplistes, qui consistent à croire qu'il suffit de dégrader nos services publics pour ramener de l'argent dans les caisses de l'Etat.

Faire des fonctionnaires les boucs émissaires d'un budget en déficit est une politique à courte vue, dit le président socialiste Elio Di Rupo.

Pour lui, un service public de qualité exige des moyens humains et matériels suffisants pour lui permettre d'assurer efficacement les missions d'intérêt général qui lui sont confiées au profit de tous. On ne peut ainsi décider d'aller "piocher" dans les budgets consacrés à ces services, pour assurer un budget en équilibre.
Plutôt que supprimer massivement des emplois publics, le PS demande que les services en charge de la lutte contre la fraude fiscale soient renforcés.

Les résultats de cette lutte sont en effet en nette baisse, ce qui explique dans une large mesure le risque de déficit budgétaire.
Ramener la Belgique dans la moyenne européenne de la lutte contre la fraude fiscale permettrait selon les experts, de ramener 10 milliards dans les caisses de l'Etat, estiment les socialistes.


Raccourcis simplistes???

Le raccourci simpliste consiste à dire que pour des services de qualités, il faut beaucoup de fonctionnaires... Cela voudrait dire que les services public belges sont alors lrgement au dessus de la moyenne européenne...

Or il n'en est rien... en terme d'efficacité, les services publics belges sont en queue de peloton européen!!! Si nous devions remplacer un fonctionnaire partant à la retraite sur trois nous en avons pour 25 ans pour arriver à la moyenne européenne! C'est ça la réalité belge monsieur Di Rupo.

Quand au raccourcis simpliste consistant à dire qu'il suffit de rechercher les fraudeurs, nous pouvons en reparler! Car il est hallucinant que mon comptable soit obligé de laisser sciemment des erreurs dans ma comptabilité histoire que les fiscards puissent opérer un redressement lors d'un contrôle. Car les contrôles se passent de la façon suivante.

Le contrôleur arrive avec le prérequis que vous êtes un fraudeur. Et s'il ne trouve rien... il devient comme Georges W. Bush qui ne trouve pas d'armes de destructions massives : l'absence même d'indice de fraude confirme que vous êtes un fraudeur. Il faut donc s'acharner encore plus, si on ne trouve pas, c'est que vous êtes un fraudeur expérimenté qui cache d'autant mieux ses vols.

A cet égard, je vous suggère de relire les coupures de presse relatant la façon dont le contrôle des dentistes s'est passé il y a quelques années (histoire de prendre un secteur différent du mien). Comme si on ne pouvait envisager que l'on puisse travailler sans frauder... Mais si vous ne pouez l'envisager, c'est peut être que vous pensez vous-mêmeque devant de tels impôts confiscatoires, le seul choix est encore de frauder?

Dégrader les services publics???

La supression de ces postes ne signifie pas, loin s'en faut, une dégradation des services publics!
Elle signifie redonner de l'espoir à des fonctionnaires qui se lamentent de ne pas savoir évoluer.
Elle signifie rendre de l'efficacité à des services publics pléthoriques et sclérosés.

Comment font les autres pays monsieur le Président pour offrir des services publics efficaces sans pour autant disposer d'une administration pléthorique?

Je suis fatigué des raccourcis simplistes de personnes sensées être des représentants du peuple, sensées travailler dans l'intérêt de la population mais incapables de prendre les mesures courageuses qui s'imposent pour obtenir un budget en équilibre.
Incapables de penser changement, réformes, évolutions.
Incapables depuis plus d'un an d'obtenir un gouvernement qui travaille et obtient des résultats

Fatigués que mon pays connaisse une inflation supérieure à la moyenne européenne à cause de ministres et de partis inconséquents.

Fatigués que mon pays obtienne la médaille d'or à l'IPP, la médaille d'argent à l'ISOC, dispose d'un des taux de TVA les plus élevés d'Europe mais reste malgré tout incapable d'offrir des pensions décentes, des services publics efficaces, des infrastructures routières décentes etc...

Alors au lieu de regarder où vous pouvez encore ponctionner les gens (et ça se prétend monsieur Pouvoir d'Achat!), il est temps de se dire qu'on peut diminuer les dépenses!

Ras le bol de vos leçons.. si vous êtes de si formidables gestionnaires, je vous suggère de mettre votre maison en gage, de créer votre entreprise, d'engager du monde et ensuite de voir comment vous payez tous les impôts et charges.
Je voudrais voir si vous trouverez toujours l'impôt aussi juste et aussi bien utilisé.
Je voudrais voir de quelle manière vous allez créer de l'emploi...
Je voudrais voir au moment des crises ce que vous allez faire... faire rentrer de l'argent ou... diminuer vos dépenses? Soyez honnête monsieur Di Rupo, vous n'avez pas la moindre foutue idée de la façon dont on gère une entreprise... et j'ai l'impression que niveau de la gestion d'un pays, ce n'est guère mieux.

mardi 9 septembre 2008

Légitimité et intérêt des paradis fiscaux

C’est La Libre de ce matin qui me l’annonce : le Fisc enquête sur des comptes de clients belges au Liechtenstein.
Outre le fait que la manière de récolter l’information ne semble pas très orthodoxe, plutôt que de m’intéresser à la conséquence (c'est-à-dire, le fait que des Belges ouvrent des comptes à l’étranger) je m’intéresse à la cause (pourquoi des belges ouvrent des comptes à l’étranger ?) et à l’intérêt, pour tous, qu’il existe des paradis fiscaux.

Car si le paradis fiscal intéresse au premier chef celui qui peut en profiter, il intéresse tous citoyens pour les conséquences que ça a dans son propre pays. Pour ce faire, je m’appuie sur une opinion de Me Thierry Afschrift, éminent fiscaliste, et publiée sur l’Institut Hayek

Du droit souverain de tout Etat

La chose qui m’offusque le plus généralement, c’est ce droit d’ingérence que l’on s’octroie ces dernières années sur les affaires d’un Etat étranger à notre Union. De quel droit nous permettons-nous de remettre le système bancaire d’un autre pays en question ? Le Liechtenstein se mêle-t-il de nous demander de revoir notre système social sous prétexte qu’l ne l’agrée pas ?

Vu comme une entreprise, le Liechtenstein ou la Suisse ont trouvé une niche concurrentielle sur laquelle ils se sont développés et gagnent de l’argent; rien à redire. Cela n’a rien d’anticoncurrentiel, rien n’empêchant un Etat qui le souhaiterait de faire pareil et d’en retirer les fruits !

Nos pays de l’Union Européenne ont majoritairement opté pour un autre choix, tout aussi respectable et légitime, qui est « big government – high taxes ».

L’Etat y assure énormément de fonctions, et recourt à un système d’imposition
très lourd pour les financer.

Dans de tels Etats, la fraude fiscale, consistant en une contravention consciente aux règles fiscales doit être désapprouvée. Il n’en est sans aucun doute pas de même de la simple « évasion fiscale », consistant, dans le respect de la loi, à organiser ses affaires dans le but de payer le moins d’impôt possible.

Je viens de le dire, les deux systèmes (big government – high taxes ou small governement – low taxes) sont aussi légitime l’un que l’autre. L’un n’est pas supérieur aux autres, ni économiquement, ni quant au respect des droits de l’homme.

Néanmoins, il est significatif de constater que, même dans l’Union Européenne, ce sont les pays qui pratiquent un système fiscal moins lourd, tel le Luxembourg ou l’Irlande qui connaissent à la fois le plus haut degré de prospérité, et le meilleur niveau de protection sociale.

Saine concurrence

Nous nous retrouvons donc dans un monde où coexistent plusieurs systèmes, qu’ils soient sociaux, fiscaux, économiques ou autres. Dès lors que plusieurs systèmes existent et sont quelque part produits de substitutions de l’autre se crée une concurrence.

Il est dès lors légitime que des citoyens soient attiré par des systèmes de moindre imposition, et choisir, soit de s’y établir, soit d’y investir leur argent. Et surtout, que les pays « big government – high taxes » ne jouent pas les vierges effarouchées, ils sont les premiers à dégainer l’arme fiscale pour attirer qui des particuliers, qui des investisseurs. Ainsi, la Belgique, enfer fiscal pour ses résidents, se retrouve être le paradis fiscal des Français en n’ayant pas d’ISF, ou attire des gros centre de coordination par le biais des intérêts notionnels et autres ingénieuses ingénieries fiscales…

Au passage, Maître Afschrift souligne que la concurrence fiscale n’est pas condamnée ni condamnable. Il mentionne à cet égard qu’il existe la notion au sein de l’OCDE de «concurrence fiscale dommageable»… comme si on pouvait assimiler l’Etat à ses citoyens, comme si l’intérêt de l’Etat se confondait à celui d’un pays (voir les crises institutionnelles ridicules alors que la crise économique s’installe).


Mais, même en admettant que l’on se réfère à la notion de "concurrence
fiscale dommageable", il faut bien constater que, dans son acception la
plus courante, elle ne vise que les Etats qui pratiquent un système différencié,
consistant à accorder à des résidents ou des entreprises étrangères, des
avantages que leurs propres résidents ou leurs propres entreprises ne peuvent
obtenir.

Cette notion n’est dès lors clairement pas applicable aux paradis fiscaux, comme le Liechtenstein. En effet, celui-ci a adopté un système de taxation extrêmement basse, non seulement pour les épargnants et les résidents étrangers, mais aussi pour ses propres résidents.

Respect des Traités!

Notez enfin que, dérogeant même à ses règles, le Liechtenstein applique le traité européen sur l’épargne. Lequel l’oblige à prélever un précompte mobilier élevé pour les étrangers mais ne l’obligeant nullement à révéler l’identité des détenteurs de comptes ! A cet égard, il n’agit même pas différemment de la Belgique ! Paradis fiscal vous avez dit ?

Au lieu d’assumer clairement la concurrence fiscale, et la manière la plus efficace serait, pour l’Union, de réduire son imposition, afin d’être plus compétitive à l’égard des épargnants ; non, on jette le doute et la critique acerbe sur ceux qui ont un souci d’efficacité !

Ce serait juste de la saine concurrence que de laisser tout un chacun optimiser son revenu et tenter par là de réduire la pression fiscale. J’en reviens à mon antienne habituelle : Un impôt JUSTE est un impôt PAYE. Ainsi en fut-il des droits donations. Revus drastiquement à la baisse, ils rapportent aujourd’hui beaucoup plus à l’Etat que quand les taux étaient prohibitifs (jusque 80% pour rappel)

Ce serait de la saine concurrence que, l’Etat, mis face à sa propre contradiction soit forcé de réformer sa fiscalité. La saine concurrence montre juste à l’Etat que l’on ne peut faire le bonheur des gens contre leur avis. Il y a aujourd’hui moyen d’offrir le même niveau de services en prélevant moins. Mais l’Etat et ceux qui nous gouvernent ne ceux toujours pas prêts à effectuer les réformes nécessaires (et rarement suffisante) que pour y parvenir.

La Belgique reste un petit pays divisé en fiefs. C’est cette division qui participe à la mise en place de multiple niveau de pouvoir et de compétences, qui se chevauchent et sont des puits d’inefficacité. Ce n’est pas le fait que le Liechtenstein accueille quelques grosses fortunes qui plombe le PIB et les recettes de l’Etat mais bien l’inefficacité de ce même Etat couplée à l’incompétence et aux guéguerres de ceux qui nous gouvernent.

Bien sur, c’est un dossier emblématique qui nous fera oublier quelque peu que personne ne nous gouverne vraiment depuis juin 2007…

Que pourrait-on lui reprocher alors ?

… rien…



La quasi-totalité des paradis fiscaux accepte d’ailleurs de déroger au secret bancaire lorsqu’il s’agit de dénoncer des crimes graves, comme le trafic de drogue, le trafic d’armes, le trafic d’êtres humains ou les crimes contre l’humanité.

Il en est ainsi parce que, tant dans leur conception éthique que dans celle des autres pays, la sanction à apporter contre les auteurs de ces crimes est une nécessité plus importante que la protection de la vie privée de ces personnes.

Il se fait juste que les paradis fiscaux n’adoptent pas le même jugement de valeur quant à la fraude fiscale, et que, dans leur conception des choses, liée directement à leur choix de société, la protection des intérêts fiscaux de l’Etat passe après la protection de la vie privée des personnes.
Conséquences

Les pressions exercées sur les paradis fiscaux qui ne font qu’exercer leur droit souverain de choisir un type bien déterminé de conception du rôle des pouvoirs publics, dépassent souvent les normes acceptables.

Lorsque l’on entend des pays qui participent à un système de libre circulation des capitaux, menacer les transferts de capitaux vers des pays considérés comme des paradis fiscaux, on ne peut qu’y voir une incohérence majeure.

Toutes les limites sont dépassées lorsque l’on constate que des services d’Etat, sont allés jusqu’à corrompre des employés de banques ou de fiduciaires, d’un autre Etat, pour obtenir des renseignements que la législation de cet Etat ne leur permettait pas d’obtenir légalement !

L’appel lancé les gouvernements de l’Union européenne, à une plus grande coopération internationale dans la lutte contre les infractions, est dès lors pour le moins paradoxal.

L’opprobre que l’on tente de jeter sur le Liechtenstein ou sur la Suisse n’est donc pas légitime, elle nie le droit souverain des Etat, ignore les traités signés et renvoient les pays à leur propre caricature d’enfer fiscal !

mardi 2 septembre 2008

Et si... nous devenions Français?

Ma meilleure amie, après plusieurs années en France, rentre en Belgique. C'est ainsi que je découvre avec, j'avoue, un peu d'étonnement que son revenu net chutera violemment si elle conserve son brut actuel...

Je dis, un peu d'étonnement car si je sais que nous sommes champions toute catégorie en matière d'impôts et taxes diverses, j'avais toujours entendu que l'impôt en France était comparable. Et pourtant... son salaire net chutera de ...18% si son salaire n'est pas revu à la hausse.

La mandataire PS (sic!) Christianne Vienne le reconnaît elle même dans l'un de ces discours, petit extrait :
Le taux de chômage (ndr à Mouscron) atteint aujourd’hui 15,1 % alors que les zonings sont remplis d’entreprises dont les parkings sont couverts de voitures affichant des plaques d’immatriculation françaises. Drôle de paradoxe pourtant facile à expliquer : les travailleurs français qui exercent une activité professionnelle en Belgique bénéficient d’un avantage fiscal qui augmente d’environ 20% leur salaire poche (ils continuent de payer leurs impôts en France), leur motivation est donc importante et ... les patrons peuvent engager des travailleurs surqualifiés en les payant à des barèmes inférieurs ... tout le monde est gagnant, à l’exception bien sûr du travailleur mouscronnois.

... 20%... Le problème du chômage en Belgique n'est pas tant lié aux sous-qualifications, à la barrière communautaire ou à la mobilité qu'au coût du travail pour l'employeur (qui va alors chercher ses travailleurs en France vu que ça lui coûte moins cher!) et aux pièges à l'emploi pour le chercheur d'emploi (qui gagne plus en ne travaillant pas et qui en prime est totalement dégouté de voir son voisin Français gagner plus en coûtant moins!).

Alors je me suis dit: vu les circonstances communautaires belges actuelles, que se passerait-il en cas de rattachement à la France? Qu'est ce qui changerait pour nous?

Financièrement? Intéressant!

L'exemple mentionné ci dessus vous montre à quel point le rattachement à la France serait intéressant pour les Belges. Nous aurions immédiatement une augmentation de notre pouvoir d'achat! Et pas uniquement sur les salaires...

Impôt des personnes physiques : inférieur à l'IPP belge, bouclier fiscal à 50% maximum de vos revenus. En Belgique, par le bien des centimes additionels communaux, on peut passer au delà des 50% (et ce malgré les affirmations répétées de nos ministres). D'après Eurostat, la pression fiscale moyenne belge est de 44,6% contre 44,2% pour la France.

Assurances : à l'époque où l'on parlait beaucoup de libre circulation des biens et services, un ami français m'avait surpris par le prix qu'il payait pour assurer sa voiture. Je m'étais alors mis en quête d'un assureur français... les primes défie toute concurrence belge! La prime était environ moitié du prix belge... 50% moins cher. Hélas, il ne pouvaient pas pratiquer en Belgique (grâce aux formidables barrières législatives que l'on maintient en rajoutant des charges aux entreprises d'assurances (fonds pour ci, fonds pour ça, obligations de couvrir les inondations alors même que l'Etat failli à le faire en autorisant les constructions en zone inondables etc...)

Soins de santé mieux remboursés: on se vante du modèle belge qui justifie que l'on nous prélève beaucoup... et pourtant... les prélèvements sont moindres en France mais les soins de santé y sont aussi mieux remboursés (d'après Health Consumer Power House, la France se classe 3ème au niveau européen, la Belgique 10ème).

Chômage limité mais mieux rémunéré: comme le chômage est un accident de la vie, il est normal de limiter sa durée dans le temps. De plus, ça motive les chômeurs à effectuer une réelle recherche d'emploi. En échange, contrairement à la Belgique, vous ne sombrez pas dans la misère au premier jour du chômage.

Si la Belgique plafonne l'allocation de chômage (et peu importe que vous payiez beaucoup pendant beaucoup d'années) à maximum 60%, la France vous paie une allocation jusqu'à 75% de votre dernier salaire. De plus, celle ci est disponible dès votre 6ème mois de travail contre 12 en Belgique (source le Vif)

35 heures au lieu de 38 heures : qu'on soit pour ou contre, aujourd'hui, si ous êtes Français, vous avez droit à ne travailler que 35 heures ou à récupérer en RTT (réduction du temps de travail) plus tard sous forme de congé.

Défiscalisation des heures supplémentaires: alors que la Belgique continnue à surtaxer vos bonus (60% d'impôts sur vos primes et bonus!!!), la France encourage le travailleur qui performe et ne taxe plus, par exemple, les heures supplémentaires. En heures sup en France, brut = net!

Diminution du prix des courses: d'après Test Achat, le caddy moyen de supermarché est... 4% moins cher en France... différences pouvant monter jusque 12% sur certains produits...

Belgique champione de l'inflation! Non content d'avoir la médaille d'or aux niveaux des impôts, taxes et autres prélèvements obligatoire, la crise politique actuelle (due à la médiocrité de nos représentants) est la principale cause de notre taux d'inflation... supérieure aux autres pays environnant... Et re-baisse de votre pouvoir d'achat.

TVA à ...19% au lieu de nos 21%... non, je ne dois pas commenter je suppose?

Télécoms moins chers et plus puissant... vous avez déjà tous noté les prix mentionnés dans les publicités françaises... et bien ils ne sont pas trompeurs (malgré ce que nous dit notre opérateur historique) grâce à une concurrence accrue!

3 gouvernements en moins à financer... le Fédéral, le Communautaire et le Régional tombent à l'eau... nous étions 4 millions pour les financer... Nous avons un gouvernement de 15 ministres à Paris (versus nos 60 ministres et secrétaires d'etat) financés par... environ 60 millions d'habitants, wallons compris). Certes, nous aurions probablement une région, un département ou une circonscription... mais fi des moultes gouvernements illisibles et autres provinces désuetes...

Institutions simplifiées mais très centralisées

Ce qui change aussi c'est la centralisation (très Jacobin). Nous qui sommes habitués à tout décentraliser, ça risque de nous choquer. Il n'en reste pas moins que l'administration française est plus efficace que l'administration belge. Sans compter les réformes courageuses en cours pour encore pousser plus loin l'efficience du système et l'égalité des citoyens.

Les administrations au services du citoyen ne ressemblent en rien au 3-4 heures de files que l'on fait dans certainses communes bruxelloises renouveller sa carte d'identité (cas vécu...)!
Les heures d'ouverture sont aussi plus larges et tardives!

Collèges et Lycées... Là par contre, pas trop le choix... le centre scolaire vous est quasi imposé mais rassurez vous, cela semble se libéraliser... affaire à suivre.
Nouveau aussi pour nos réthos... le BAC. Quoique sa réputation est très surfaite vu que le taux de réussite des participants est de ...80%!

ISF : bémol bémol à l'impôt réduit, la France dispose d'un impôt sur la fortune... chacun jugera de son utilité, efficacité. Perosnnellement, je ne suis pas sur que ce soit vraiment utile et que je pense que c'est surtout la classe moyenne qui le finance.

Frais bancaires: alors que nos retraits et autres virements sont gratuits en Belgique, les banques Française ont moins pitié de leurs clients. Ainsi un virement entre institution financière vous sera facturé ...4,16€... un ordre permanent? 15,59€...

Voter... n'est plus obligatoire. Pas sur que ce soit un progrès mais le vote devient un vrai droit et plus un devoir servant à légitimer des élections qui ne sont en réalité pas démocratiques (voir mes articles ou ceux de Rudy Aernoudt sur la particratie).

Scrutins majoritaires à deux tours : les partis qui gagnent les élections ne peuvent plus se défiler sous prétexte d'alliance, de proportionnelles etc. Non, ils peuvent être majoritaire, seuls au pouvoir et appliquer leur programme. Nous avons un excellent exemple en France d'un candidat qui fait ce qu'il avait annoncer (et le pire, c'est que les gens s'en plaignent quand même).

Alors? Rattachiste?

Alors, comme dans toute situation il y a des pour et du contre. Ceci est juste le fruit d'une réflexion survenue à cause d'une histoire privée. C'est un peu de la métaphysique, sciences-fiction politique consistant à me dire: et si...

Mon premier constat est donc que c'est financièrement intéressant pour mes concitoyens. Qu'institutionnellement, ça pourrait faciliter la compréhension et responsabiliser nos hommes politiques.

Il y a encore beaucoup d'aspects à explorer, n'hésitez pas à intervenir, régair pour donner vos éclairages.

Rattachement souhaitable? Je ne sais pas, je ne le décide pas seul, je n'ai pas à ce stade assez d'éléments: quid de l'aspect culturel? sociologique? etc

Néanmoins, ma première impression est positive, loin de la caricature que l'on tente de nous faire avaler. Caricature dessinée le plus souvent par nos hommes politiques ayant tellement peur de perdre leur pouvoir local, leur fief, leur baronnie... source de tant d'ennuis dans notre pays.