dimanche 29 juin 2008

Liège 2015... avant tout parce que c'est démocratique

...
  • démocratique de se poser la question...
  • démocratique qu'avant de dire "Mons 2015", on compare des idées, des dossiers.
  • Parce que Mons a été désigné en petit comité (et la caution d'un parlement à majorité socialiste n'y change rien!) il y a des années alors qu'une capitale de la culture c'est autre chose.
  • Parce que Mons a été désignée parce que c'est la ville de l'Empereur Di Rupo.
  • Parce que Liège passe toujours après Mons pour des tonnes de choses, entre autres à causes des guerres baroniques socialistes.
  • Parce que les règles européennes d'attributions (des subsides entre autre) du titre de Capitale Culturelle interdisent ce genre de procédés
Parce que je ne suis ni pour Liège, ni pour Mons mais que je veux qu'un vrai débat aie lieu autour de vrais projets culturels et que le meilleur projet soit désigné.

Pour toute ces raisons, je ne demande pas que Liège soit désignée, mais qu'un choix puisse être fait entre différents projets et qu'on ne classe pas au rebus des idées qui ne plaise pas à un Montois.

Alors... allez vite faire un tour sur Le Périscope pour vous aussi réclamer que Liège aie une chance de proposer sa candidature...

Pour l'histoire complète, faite un tour sur Liège 2015, le blog.

vendredi 27 juin 2008

Statistiques... et temps de travail...

Décidemment, il semblerait que, parfois, sortir des statistiques donne l'autorisation de:
  • tenter d'avoir l'air malin
  • sortir des grosses bêtises
  • populistes et dans l'air du temps
  • stigmatisant une population
  • et j'en passe...

En clair, si j'accorde une grande importance aux faits, à l'objectivité, il faut aussi savoir interpréter de manière sensée les faits qui nous sont proposés. (et ce n'est pas Pourquoi Pas? grand amateur de chiffre qui me démentira...)

Ainsi, voici l'article extraordinaire que j'ai eu la (mal)chance de lire sur le site du Vif:

Selon une étude récente, fumer 10 cigarettes par jour représente 24 jours d'absence.

La ministre de l'Emploi Joëlle Milquet réfléchit à la manière d'organiser une évaluation de l'effet de l'interdiction de fumer sur les lieux de travail, en termes non seulement de productivité, mais aussi de santé.

"Nous sommes en train de réfléchir à la manière d'organiser une évaluation de l'effet de l'interdiction de fumer sur les lieux de travail, en termes non seulement de productivité, mais aussi de santé, dans le cadre du plan sur le bien-être au travail que nous préparons", a indiqué mercredi la ministre de l'Emploi Joëlle Milquet en commission des Affaires sociales de la Chambre. (...)

Est-il vraiment interdit à un journaliste de réfléchir? D'allumer deux secondes son cerveau avant d'écrire ce genre d'ineptie?

1. Stigmatisation

J'ai la chance de ne plus être fumeur depuis un an environ. Honnêtement, ça ne me manque pas mais ça ne m'insupporte pas non plus que quelqu'un fume. J'ai parfois envie de recommencer à fumer pour une seule raison : j'ai l'impression que c'est devenu un acte de résistance dans le monde actuel.

Mais enfin, c'est quoi cette histoire de tomber sur le fumeur qui font des pauses cigarettes?

2. Inepties

Car enfin, dans mon job je connais des non-fumeurs qui travaillent moins de temps qu'un gros fumeurs. Des non-fumeurs qui passent leur temps à la machine à café, à socialiser, à se ballader et j'en passe...

Comptabilise-t-on le temps qu'ils passent les non-fumeurs à surfer sur le net? Et ne devrait-on pas légiférer sur le temps passer aux toilettes aussi?

3. Productivité?

Je me souviens quand je fumais, il m'arrivait de prendre un dossier, de m'installer sur un banc dehors, d'allumer une cigarette et de lire mon dossier.

J'étais bien plus efficace là, à l'extérieur, au calme pour lire la paperasse, prendre mes notes, me concentrer que sur un plateau où je pouvais (et en général d'ailleurs l'étais) être inerrompu par des collaborateurs, le téléphone etc.

Lier le fait d'aller fumer une cigarette avec une pause est très surfait...

4. Réseau social

La première leçon que j'ai reçue d'un senior quand j'ai débuté c'est : "que tu connaisses où pas la personne que tu croises à la machine à café, aie toujours une question à lui poser..."

Ca marche, même dans les sociétés de 5.000 à 10.000 personnes, croyez moi... ça marche aussi pendant les pauses cigarettes. De cette manière un collaborateur construit une partie de son réseau informel au sein d'une entreprise. Dans une entreprise, votre réseau, c'est votre deuxième peau... Bref, fumer permet aussi de se faire des amis.

Ce réseau vous rend plus efficace, réactif, rapide, au courant.

5. Présentéisme ou management par objectif?

Lié aujourd'hui le temps de travail à la productivité me semble dépassé pour un grand nombre d'emploi. Tout comme d'ailleurs le temps de travail tout court (j'y reviendrai dans un prochain post ... après les pensions... tsss) d'ailleurs.

J'admets que dans un call center, la performance est liée, entre autre à la disponibilité des agents, donc à leur temps de travail... et encore, vu la pénibilité des tâches, je suis parfois étonné de les voir se limiter à fumer des cigarettes.

Si pour le travail à la chaîne, qui, convenons-en, ne concerne pas la majorité des travailleurs, la disponibilité et la durée du travail à son poste permet de générer plus de produits, dans notre économie de service, le temps de travail n'est pas le déterminant.

Aujourd'hui, il y a la notion de gestion par objectifs.

Mon métier est de gérer le changement. Pour partie, cela se fait par le biais de projet. Mes projets sont découpés en tâches, déliverables, milestones... j'assigne ceux ci aux membres de l'équipe. Nous définissons les plannings ensemble.

Si maintenant le responsable de la tâche parvient à la terminer plus vite, plus efficacement que ce qui est prévu, pourquoi lui gâcherais-je son début de week end en lui demandant de rester? Soit j'ai d'autres tâches à lui assigner sur d'autres projets, soit c'est bon, il ne doit pas rester juste pour prester les 38 heures mentionner dans un contrat quelconque.

6. Compensation?

Paradoxalement, j'ai conservé cette habitude de prendre l'air (sans fumer), de prendre un dossier avec un café. Et les quelques minutes "d'absentéisme" (mais qu'il faut être crétin pour dire ce genre d'ineptie!) que je prenais parfois dans ma journée, ou le repas que je prolongeais parfois sont largement compensés par le travail que je ramènais à la maison, où les heures supplémentaires que je faisais "pro-deo" à l'époque!

Je me souviens de mes collègues fumeurs qui eux aussi trainaient parfois au bureau avec moi le week end ou qui se faisait aussi livrer des pizzas.

Croyez vous que les avocats employés dans les grands cabinets sont cotés au temps de travail où aux nombres d'avis rendus, de dossiers achevés? Et les consultants?

7. Et le pourcentage d'heures supp'???

Allons donc, faut vraiment arrêter les magnifiques conneries basées sur des statistiques ineptes hors contexte. Il aurait peut être été intéressant de demander aux fumeurs le nombre d'heures supplémentaires qu'ils font.

Et là, les statistiques sont aussi sans appel... si je me souviens du chiffre ce sont près de 60% des Belges qui font des heures supp'...

Alors hein, la productivité et la santé du fumeur... qu'on lui foute un peu la paix et laissons lui cet espace de liberté qui n'embête personne et peut même être source, nous l'avons vu, de productivité accrue.... un acte de résistance je vous disais...

mercredi 25 juin 2008

Efficacité étatique...

Avant de revenir au sujet des retraites et à la façon de, peut être, parvenir à les réformer, je voudrais signaler l'appel de la voka à ne pas remplacer 70.000 fonctionnaires partant à la retraite sur les 140.000 départs prévus d'ici 2015.

Il suffit de se souvenir que cet effort, pour considérable qu'il soit n'est absolument pas suffisant. On parle de remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Pourtant, les chiffres sont sans appel, pour en revenir à la moyenne européenne, il faudrait ne remplacer qu'un départ sur trois pendant 25 ans!

Commentaires syndicaux...

Il n'en reste pas moins que les syndicats bien sûr nous ressortent leurs argumments habituels et ineptes :

La CSC ce mercredi : "Où vont aller les 70.000 fonctionnaires qui sont superflus ? Pour nous, le maintien d'un bon service public est essentiel. Ces fonctionnaires qui ne seraient plus remplacés sont le signe d'une mauvaise politique du personnel" (source le Soir)

Tout d'abord, où ils vont aller, et bien à la retraite... On ne parle même pas de prépension! Qu'y a-t-il de choquant à cela? Les syndicats prétendraient-ils soudain que nous devons relever l'âge de la retraite?

Secondo, appeler la diminution d'un personnel pléthorique et excédentaire "mauvaise politique du personnel" relève du mensonge éhonté. Que du contraire, une bonne gestion du personnel oblige la patron à effectuer une gestion dynamiuqe de son personnel. Si nous avons trop de fonctionnaires par rapport à la moyenne européenne, alors nous effectuons une mauvaise gestion du personnel! Et non le contraire! Les autres pays européens seraient ils moins efficaces?

Mieux, avec un taux d'imposition inférieur au nôtre, la majorité des pays européens sont en avance sur tout les plans par rapport à nous. Au niveau social, éducatif, économique, etc... Vous avez dit "mauvaise gestion"?

Le syndicat a souligné qu'il n'était pas envisageable de réduire le personnel dans les prisons, services d'inspection ou dans la police. Par ailleurs, insiste la CSC, l'Etat belge composé de deux grandes communautés linguistiques a besoin de nombreux fonctionnaires. (source le Soir)

Evidemment, superbe... qui a parlé d'enlever les roues d'une voiture pour la rendre plus efficace? Personne bien sur! Par contre, limiter les kilomètres de cablages et le remplacer par un cable unique multiplexé est une évolution majeure. Et bien c'est la même chose pour le personnel de l'Etat. Il est clair que certains secteurs sont en pénuries... et je ne pense pas que l'on parle de ne pas remplacer dans ces secteurs là...

Par contre, aux finances, au social ... la gestion est de moins en moins papier! Nombre de contribuables entrent eux même leur déclaration fiscale via tax on web. Alors même qu'auparavant nous les rentrions en format papier et que les fiscards devaient tout réintroduire eux même! Itou pour les déclarations TVA des entreprises!

De même, auparavant, déclarer du personnel se faisait sur papier, devait être réintroduit... aujourd'hui Dimona, Limosa font le travail (introductionvia Internet!).

L'argument linguistique est une escroquerie intellectuelle pure. Quand ben même, est-ce au citoyen à payer la facture des bêtises politico-politiciennes?

Pour la CSC, il n'y a pas non plus d'explosion des coûts liés à la fonction publique. Selon une étude de la KUL, que rappelle le syndicat, les coûts de personnel des fonctionnaires restent stables depuis 15 ans. (source le Soir)

Ah oui.. les coûts sont stables... mais vu que de plus en plus de tâches de l'Etat sont assurées par les entreprises et les citoyens celà montre surtout une inefficacité croissante...

Efficacité et "goed bestuur" des finances publiques!

Alors même que les entreprises se sont informatisées, ont augmenté leur productivité (et pas spécialement au prix de l'emploi mais bien au bénéfice de l'Etat!) l'Etat est incapable de faire preuve de la même diligence et de la même probité dans la gestion des finances publiques. Parlons par exemple de l'informatisation du casier judiciaires, des ordinateurs qui pourrissent dans les couloir du palais de justice, de système douanier qui n'arrive pas...

La diminution du nombre de fonctionnaires permet de redonner, à ceux qui restent, des perspectives d'évolution, une carrière plus passionante, un meilleur revenu aussi, de nouveaux moyens.

Par l'informatisation, on peut les décharger des tâches ingrates comme la réintroduction manuelle des données. On peut les former et les faire évoluer, leur donner des tâches à plus haute valeur ajoutée, leur donner ainsi aussi le goût d'entreprendre, la possiblité de passer vers le privé un moment donné etc

Il n'est absolument pas illégitime de demander une augmentation de l'efficacité de nos fonctionnaires. Il n'est pas illégitime d'en demander la diminution et la limitation. Les outils informatiques existent... il est du devoir de l'Etat de garantir un usage optimal des finances publiques.

vendredi 20 juin 2008

Le courage de réformer : les retraites(1)

Je me suis apperçu dans de précédents articles que je me permets de critiquer... mais qu'en est-il des pistes de changements?

Aujourd'hui, un des problèmes les plus oppressant (je veux dire à part la scission de la Belgique...enfin, pour ce que ça a d'oppressant... pour le moment, on prépare l'opinion publique hein.) de notre société est le financement futur des retraites.

Depuis les années 70, on sait très bien que vu l'évolution de la pyramide des âges, le système en place ne peut pas tenir le coup. On a mis en place un "Fond Argenté" qu'on ne finance pas et qui de toute façon est bien incapable de résoudre le problème. Alors comment agir?

Je remercie Vincent pour son brillant exposé en 5 chapitres de la question et son idée des calculs simplifiés. Allez voir son site, ça en vaut vraiment la peine.

Le Système Actuel : la répartition

A l'époque, après la deuxième guerre mondiale, le système mis en place consistait à demander à tous les actifs de cotiser pour leur pension future... mais tout en redistribuant ce même argent aux pensionnés du moment.

En clair, on n'épargne pas l'argent que vous donnez (capitalisation) on le redistribue intégralement. Ce système pouvait fonctionner à l'époque car nous avions alors une trentaine d'actif pour financer un inactif.

N'en déplaise à la tribu des "droizakis", le système ne peut plus fonctionner.

Nous ne sommes plus dans le même référentiel

  1. aujourd'hui, il n'y a plus que trois actifs pour un inactif (bientôt plus que deux)
  2. l'espérance de vie est radicalement différente
  3. la pyramide démographique est inversée
  4. le taux de chômage gringnotte les cotisations etc

Petits calculs simplifiés

Imaginons un pays où

  • naissent 1.000 personnes chaque année.
  • l'espérance de vie est une donnée fixe : on meurt à 75 ans
  • toute personne commence à travailler à 20 ans
  • tout travailleur touche 2.000 euro brut
  • tout travailleur part à la retraite à 65 ans
  • personne n'est jamais malade
  • il n'y a pas d'inflation (j'ai dit simplifié)
  • le gouvernement offre une retraite légale de 1.500 euro par le biais de prélèvement sur les salaires des actifs.

Quel est le taux de retenue sur le salaire brut?

  • Nombre de retraités : 1.000 * 10 générations = 10.000 personnes
  • Somme annuelle reçue par retraité : 1.500 * 12 = 18.000 euro
  • Besoins de la caisse des retraites? 180 millions d'euro / an
  • Financement de la caisse : travailleurs de 20 à 65 ans = 1.000 * 45 = 45.000 personnes
  • Soit 45.000 cotisant pour 10.000 ayant-droits soit chacun finance 1/4,5ème de retraite
  • Soit un prélèvement individuel sur le salaire brut de 333 euro / mois (ou 4.000 euro / an ou 16%)

On peut même imaginer que l'on mette les entrerises à contribution à raison de 50%, ce qui reviendrait à devoir payer des cotisations patronales de 166 euro, et le travailleur d'avior un net qui passerait de 1667 euro à 1833 euro.

Perversion de la redistribution

Le grand problème de ce système est que l'Etat promet des prestations futures avec des données actuelles. Ce système serait tenable si l'on provisionnait cette dépense future (ah... mais on tombe alors dans la capitalisation!)

Découlant aussi de ce problème de "tout étant égal par ailleurs" (vous vous rappelez à quel point je déteste cette sentence), le fait qu'il suffise qu'un seul des paramètres se modifie pour remettre le système en cause.

Retour à notre exemple... espérance de vie +5ans

On aurait aussi pu modifier, telle que dans la vie réelle, l'arrivée plus tradive sur le marché de l'emploi (études plus longues), diminution de la durée de costiation, retraite à 60 ans, introduire un taux de chômage...

Mais restons simple(ts), quels peuvent être les conséquences de ce simple changement de paramètres?

  • Nombre de retraités : 1.000 * 15 générations = 15.000 personnes
  • Somme annuelle reçue par retraité : 1.500 * 12 = 18.000 euro
  • Besoins de la caisse des retraites? 270 millions d'euro / an
  • Financement de la caisse : travailleurs de 20 à 65 ans = 1.000 * 45 = 45.000 personnes
  • Soit 45.000 cotisant pour 15.000 ayant-droits soit chacun finance 1/3 de retraite
  • Soit un prélèvement individuel sur le salaire brut de 500 euro / mois (ou 6.000euro / an ou 25%)

La simple modification de l'espérance de vie oblige l'Etat à vous ponctionner de 10% en plus!

Sachant que l'évolution de notre société depuis la mise en place du système à connu d'autres modifications, et encore plus massive, on s'apperçoit que ce système est voué à la faillite.

Imaginons toujours de manière simple que ce pays imaginaire connaisse :

  • un taux de chômage de 10% (mais pas de caisses d'allocation!)
  • l'abaissement de l'âge de la retraite à 60 ans (où l'entrée sur le marché du travail à 25 ans)
  • l'espérance de vie à 80 ans

Le résultat est que, sans même payer d'allocation de chômages, le besoin de financement de la Caisse des retraites passe à 360 millions d'euro. Soit une contribution par travailleur de 953 euro/mois! Soit une taxation à 47.65%

La modification de simple paramètre de base, sans même rajouter de mesure de compétitivité, d'assurance santé ou autre bénéfice pour la population cause un passage de 16% d'impôts sur le revenu à 47.65%!

Système de répartition?

ou de redistribution, c'est pareil, ça ne peut pas marcher quand on voit l'évolution de nos paramètres. Et encore, ici, on a simplifié! Si on regarde l'évolution de notre société, on se rend compte que l'on donne toujours plus de droits, d'allocations, d'aides et autres revenus de substitution, pour la plupart d'ailleurs ponctionné sur le travail.

N'importe quel étudiant de première baccalauréat de gestion qui ferait le calcul arriverait à la même conclusion! Mais pas nos chers ministres qui semblent occulter ces faits et ces calculs simples alors même que cela fait 40 ans que les économistes hurlent à la faillite future du système!

Monde réel?

Le résultat dans le monde réel est que ce système est une véritable arnaque car non financé de manière pérenne! Que l'évolution nous montre un tassement des prestations promises (les pensions ne suivent pas le coût de la vie et on tendance à diminuer), une augmentation des cotisations (et encore si vous parvenez à savoir combien vous payez pour votre retraite et combien vous toucherez, prévenez-moi!), opacité totale du système.

Le monde réel, c'est une espérance de vie qui est passée de 60 ans à 80 ans, ce sont des travailleurs qui entre sur le marché à 25ans plutot que 18. Ce sont des départs à la retraite anticipés, c'est un taux de chômage explosif, je vous passe l'inflation actuelle, un taux de natalité en baisse constante, l'intérêt à être fonctionnaire plutôt qu'employé ou indépendant...

Les Alternatives

Sachant cela, on a le choix... soit on continue jusqu'à la faillite complète du système (ce que semblent esprer nos gouvernements successifs vu le maintien de cette situation) soit on réfléchit à ce que le système pourrait être. Ce n'est qu'après qu'on pourra penser aux réformes.

Système à Cotisations définies

Si dans la logique redistributrice nous avions défini comme intangible la prestation (1.500 euro / mois), la logique de cotisation définie bloque le niveau de cotisation du travailleur. Ce qui veut aussi dire que la prestation devient variable. Ceci sous tends aussi que l'on ne pourra dépenser plus que ce qui ne rentre dans les caisses.

... je vous entends déjà... les grands gagnants sont de nouveau les bénéficiaires d'origine (comme dans l'exemple précédent) et plus on avancera dans le temps, plus la prestation se dégradera.

Ainsi dans notre exemple simplifié, à l'origine:

  • le travailleur est taxé à 16% soit 333 euro
  • le pensionné reçoit 1.500 euro

L'augmentation de l'espérance de vie de 5 ans cause :

  • un niveau de taxation de 333 euro qui ne change pas
  • le pensionné ne reçoit plus que... 1.000 euro
  • soit une déterioration de 33%!

De fait, pour une même cotisation les pensionnés futurs recevront un revenu de remplacement moindre...

Système à Cotisations Définies et à Points

Nous reprenons la cotisation définie mais y ajoutons un système de points... L'intérêt du système de point est qu'il permet à chacun de choisir le moment de sa retraite. Il n'est plus question d'une durée obligatoire de cotisation ou d'un âge minimum (et accessoirement maximum si on regarde) de départ en retraite. Hourrah, un peu de liberté dans ce monde normé.

Ainsi, posons que la cotisation soit transformée en points.

  • 333 euro = 10 points
  • 1 an = 120 points
  • total après 45 ans = 120*45 = 5.400 points
  • sur 10 ans = 540 points par an soit 1.500 euro par mois.

On arrive à l'origine au même résultat mais avec la flexibilité en plus, le droit de chacun à décider de :

  • combien il cotise par an
  • du moment où il décide de partir à la retraite (en connaissance de cause, il n'aura pas droit à plus que les points accumulés)

Perversion

C'est tentant mais le point faible reste le même que dans le système à répartition : la valeur de votre retraite actuelle ne vaut pas en fonction de ce que vous avez cotisez mais de la situation actuelle... Le système pose : on ne sort pas plus d'argent que d'argent dans la caisse.

Si nous avons une modification de la démographie, du taux d'emploi, il y aura moins d'argent en caisse... et la valeur du point va chuter. Certes, en ayant accumulé plus de points, vous êtes mieux lottis mais vous restez très dépendant des variations macro-économique du système.

Par contre... vous n'êtes plus dépendant de l'âge de départ à le retraite de vos congénères... car eux peuvent faire le choix d'accumuler moins de points.. et donc de peser moins lourd sur le système des retraites... et donc à vous de conserver votre montant (tout en restant dépendant des variation macro hein!). Vous ne dépendez enfin plus des décisions individuelles des autres, chacun reste responsable de soi et de ces actes.

Bref, le système n'est pas encore idéal car trop dépendant des fluctuations de la populations, du taux de chômage, de l'inflation. Mieux mais pas top.

Système à Capitalisation

Ce système est-il la panacée? Aujourd'hui, c'est le système que l'on utilise dans les piliers 2 et 3 du système de pensions (pour simplifier: les piliers privés (le 2 = assurance groupe, le 3 = pension complémentaire). Le premier pilier étant le système de retraite légale ...étonnant non? quand on sait que le privé est obnubilé par la rentabilité, on peut déjà poser qu'ils ont choisi par défaut le système le plus efficace...)

Pour rappel, dans tout les systèmes présentés précédemment, vous notez que ce qui est versé à la caisse de retraite l'année N est redistribué l'année N...

Que dès lors, vous n'avez aucune maîtrise du futur car il n'y a aucun provisionnement du système. Vous dépendez de ce que la population active versera en N+25...

Le système à capitalisation évite cette dépendance aux décisions des autres et à l'environnement macro-économique. Dans cette optique, ce qui est versé l'année N est conservé jusque à 'âge de votre retraite. Il va former un capital qui va générer des plus values, des intérêts ou des dividendes.

Le jour de votre départ à la retraite, vous pourrez soit disposer du capital ainsi généré, soit vous le faire verser sous forme d'une rente. On constate tout de suite, que vous ne dépendez pas des autres, de la décision des autres, de leur niveau de cotisation ou de l'environnement macro-économique...

...pour autant que...

cet argent soit bien géré. Vous avez ici le choix entre

  • les placements à rendement et capital garanti. Ca rapporte moins mais c'est certain. Le but étant au moins de battre l'inflation.
  • les placements à capital garanti et rendement incertain : c'est plus risqué mais ça peut rapporter plus, le risque paie.. ou fait perdre. Une seule assurance, votre capital vous sera restitué
  • les placements à risque : les taux sont très alléchants, sur la durée on va pouvoir vous sortir des chiffres qui vous donne le vertige... mais on oublie de vous mentionnez que vous pourriez aussi bien ne rien récupérer du tout...

Rappelons aussi les mésaventures de certains fonds de pensions Anglo-saxons qui n'ont pas correctement provisionnés leurs engagements et qui sont littéralement étranglés par ceux-ci aujourd'hui... Normalement, le cadre normatif actuel devrait vous éviter ce genre de mésaventure... enfin, normalement...

Espérance...

Pour commencer, ne rêvons pas. On vous annoncera souvent des taux de 7, 9 voire 12 %... ça c'est dans l'hypothèse la plus risquée bien sur. L'histoire nous montre pourtant qu'en moyenne, sur la durée, les économies du monde évolue entre 3 et 5 % par an sur le long terme, hors inflation. Même si une entreprise bat la croissance, la croissance générale d'un pays se retrouve dans cette moyenne, étant palliée par les revenus négatifs d'autres entreprises.

Ce qui fait que si un fond peut tenir sa promesse sur un, deux voire trois ans, sur 40 ans, il sera plus proche des 3 à 5%...

Reprenons notre calcul simplifié...

Il est d'autant plus simplifié que

  • la masse globale des travailleurs importe peu
  • la masse globale des retraités importe peu
  • la masse des chômeurs importe peu etc

Il nous reste:

  • notre travailleur
  • son salaire brut de 2.000 euro
  • posons le même niveau de cotisation : 333 euro (soit 4.000 euro / an)
  • posons qu'il fasse le choix de travailler de 20 à 65 ans (puis on variera pour voir les différences d'impact)
  • posons trois hypothèses de rendements : 2, 4 et 6%
  • par simplicité : pas d'inflation, pas d'évolution du coût de la vie ou des salaires
  • ...et calculons (vive les tableurs)

On va simuler, qu'il choisit une rente sur 10 ans (120mois) pour commencer...

  • Imaginons déjà qu'il perde tout les intérêts, soit une rente sur le capital uniquement...
  • 0% = rente mensuelle... 1.500 euro!
  • sans risque, prestation fixe, indépendance totale de la démographie, du nombre de retraités, de la masse de cotisations ou des décisions de travailler ou cesser de travailler des autres, indépendance au facteur chômage...

...notre cotisation de l'année N n'étant pas depensée en N, ma prestation en N+x est garantie et ne dépend que de moi... Pour les grincheux qui m'objecteront que tout le monde n'a pas le choix, que les accidents arrivent, que le chômage arrive etc... je répondrai aussi simplement qu'il existe des assurances pensions privées à capitalisation, il existe d'excellentes assurances accidents de la vie pour pallier à ça.

Mais revenons à nos rentes :

  • 2% = rente mensuelle de 2.444 euro
  • 4% = rente mensuelle de 4.195 euro
  • 6% = rente mensuelle de 7.516 euro

Comment est-ce possible? Par la magie des intérêts composés... ainsi les 4.000 euro de cotisation de l'année 1, placés à du 2% pendant 45 ans représentent au bout de cette période : 9.751,4 euro... et ainsi de suite...

Retour aux variations...

Pour la comparaison, je propose de reprendre exactement nos variations de l'exemple de base :

  • espérance de vie à 80 ans soit 180 périodes à assurer
  • rente à 0% = 1.000 euro... pour comparaison, dans le système à répartition, pour maintenir les 1.500 euro, on ponctionnait le salarié actif de 9% en plus. Et si nous ne l'avions pas fait, la pension se serait établie à 1.000 euro...
  • rente à 2% = 1.630 euro
  • rente à 4% = 2.797 euro
  • rente à 6% = 5.011 euro

On observe donc que dans le pire des cas, sans porter préjudice à quiconque, nous obtenons un revenu de remplacement équivalent au système par répartition... mais de manière garantie. De plus, aujourd'hui, les taux à 0% sont les placements à risque (qui peuvent à l'échéance apporter du 5% ... ou du 0%).

Il y a moyen de trouver des assurances pensions qui garantisse un taux de 3.5% ... plus des participations bénéficiaires... soit un revenu minimum à 65 ans de 3.650 euro (sur 10 ans).

Vous pouvez avoir 10 ans d'espérance de vie en plus que vous auriez encore 1.825 euro mensuel!

Bien sur tout ceci est simplifié mais montre combien un autre système, aussi équitable existe! En prenant les même prélèvements, nous arrivons à un confort supérieur pour la population. Les variations de cette même population n'affectent pas les revenus de remplacement de ses retraités.

Alors la Capitalisation?

Points positifs?

Il est équitable... il est sur (pour les plus pessimistes sur la bonne gestion que le privé pourrait faire de ces capitaux, on peut normer et encadrer la sécurisation des capitaux). Si le calcul à 0% est volontier pessimiste, il montre au moins que l'on obtient a minima les mêmes performances, le risque démographique et macro-économique en moins.

Si on peut avoir des surprises plaisantes en terme d'évolution des marchés, l'évolution démographique semble n'en receler aucunes... désavantageant encore plus le système par répartition.

Le système met aussi à disposition du marché des montants colossaux disponibles pour la recherche et développement, la création d'entreprises, les capitaux nécessaires pour huiler la mécanique économique.

Les risques?

Reconnaissons qu'il existe évidemment des risques. Aujourd'hui, un exemple est le taux d'inflation particulièrement élevé. Mais cela v-t-il durer 5 ans? Je ne le pense pas... alors que vous allez cotiser pendant 45 ans... ce risque existe, c'est sur, il reste cependant limité.

Le risque "rendement" : un placement à rendement un peu plus élevé comporte souvent une part de risque un peu plus élevée, et la capitalisation n’échappe pas à cette logique.

Le risque "légal"... pour peu que l'on se défie des compagnies privées pour assurer nos pensions, il est tout à fait envisageable que le système décrit soit appliqué... par l'Etat. Personnellement, ça ne me dérange pas s'il parvient à être aussi efficace. Néanmoins, celà nous met en facheuse posture... car nous connaissons tous les propensions démagogues et populistes de nos dirigeants potiliques. Nous ne serions donc pas à l'abri d'une décision court-termiste d'un de nos politiciens.. surtout devant la floppée de fonds disponibles...

Transition?

Je m'attaquerai au chapitre transition dans les prochains jours. La transition est souhaitable, je pense que c'est démontré. Il n'y a pas de raison de conserver un système archaïque, ne correspondant plus au référentiel de base. il n'y a pas de raison d'obliger les gens à s'appauvrir en prenant leur retraite. Bien sur, les mieux lotis sont déjà dans un système mixte, en finançant deuxième et troisième piliers. Et j'entends déjà aussi les socialistes hurler que l'utilisation des 2ème et 3ème piliers est inégalitaires... de là à penser qu'ils vont tenter de les démolier... je crains que nous ne soyons sur une mauvaise voie...

Maintenant, cette transition est-elle possible?
Comment financer les engagements pris envers les pensionnés actuels et ceux qui sont au milieu de leur carrière et ont déjà cotisé?
Comment prendre le train de la capitalisaton en marche?

Je tenterai d'y répondre courant de la semaine prochaine.

lundi 16 juin 2008

...le Hold Up légal...

Electrabel...

Ainsi donc nous avons appris il y a quelques semaines que le gouvernement belge ne parvenait pas à boucler son budget...

Ce qu'il y a de fantastique en Belgique c'est qu'on ne pense jamais trop loin dans ce cas, surtout si on est au Parti Socialiste. La solution est toute trouvée très rapidemment...
  • On limite une dépense?
  • On diminue le cadre pléthorique?
  • On augmente l'impôt (non, là quand même, ils n'osent plus trop...quoique... il ya une façon amusante de le faire ... sans le faire... voir l'indexation.)
Nenni! Il y a plus simple... il faut allez piquer les sous où ils se trouvent. C'est à dire chez ceux qui sont capables de bien gérer les moyens dont ils disposent et qui ont une trésorerie positive. J'ai nommé les entreprises privées et en l'occurence ici, j'ai nommé Electrabel...

Alors oui, je sais qu'Electrabel dispose d'une position dominante, que les Belges ont payé plus cher leur életricité pendant 20 ans pour pouvoir amortir plus vite les centrales nucléaires, etc etc. Tout ça, je le sais, je dis aussi que pour ça, on a un Gendarme appelé la CREG (Commission Regulatoire de l'Electricité et du Gaz) qui, si on lui en avait donné les pouvoirs, aurait pu améliorer la situation en imposant prix ou amendes. Mais non... on ne lui a surtout pas donné les moyens, vous pensez, à l'époque les communes touchaient un vrai pactole de la part d'Electrabel par le biais des Intercommunales de Distribution... mais c'est un autre débat.

Ici, point de mesure intelligente ni même de camouflage pseudo intellectuel, non non, on dit juste qu'on manque de 250 millions d'euro dans budget et qu'on va le prendre chez Electrabel. Ca, pour moi, c'est un véritable Hold Up! On entre dans une zone de non-droit, une zone d'incertitude juridique totale.

En bref, on vous demande de créer de la richesse, on vous la taxe. Mais en prime, on se permet de vous dire, tiens, vous avez quand même trop d'argent, nous, nous sommes incapables de créer de la richesse, ni même d'ailleurs de gérer convenablement ce qu'on nous donne... alors comme on a de nouveau fait un trou dans budget, on vient le combler en vous prenant des sous.

Electrabel devient le nouveau "Maurice Noël" (vous voyez la pub dans le métro? "Besoin d'Argent? Maurice Noël!") du gouvernement Belge, le remboursement et les taux d'intérêt en moins.

Ce qui est sur aussi, c'est que c'est super porteur électoralement, ça ne demande aucun courage, aucune réforme et ça dresse encore plus la population contre "ces salopards d'entreprises privées qui font rien qu'à vous piquer des sous". Quelle abérration... moi je ne suis plus chez Electrabel, j'ai changé de fournisseur dès la libéralisation... et tout le monde aurait pu faire pareil (on va pas rentrer dans le débat sur la capacité réelle à fournir de l'energie des fournisseurs alternatifs mais ça aurait en tout cas pu mettre la pression).

C'est un Hold Up, sans fondement juridique aucun. Contre lequel, tout citoyen démocrate devrait se dresser car il ouvre la porte à l'insécurité juridique pour les entreprises. Surtout, ne gagnez pas trop d'argent, ne soyez pas compétitif car nous pourrions, si nous avons un trou, venir vous prendre vos bénéfices sans même devoir nous justifier.

Pour que les entreprises se développent, il faut un cadre juridique, social et fiscal stable. Ce n'était pas le cas avant. Aujourd'hui, c'est pire, le gouvernement braque les entreprises sans même se masquer.

Indexation

Autre grand sujet actuel: l'indexation automatique des salaires. L'indexation des salaires, je ne suis pas vraiment pour, pas vraiment contre. Je pense que oui, il faut permettre aux travailleurs de conserver leur niveau de vie... mais en même temps, je me dis qu'il n'y a plus que trois pays au monde à la pratiquer et que malgré cela, dans les autres pays, les gens continuent à vivre bien et souvent même mieux qu'en Belgique.

Indexation et niveau de vie...

De manière coïncidente, il se trouve que deux statistiques sont sorties presque le même jour... La première parlait de l'inflation et qu'on atteindrait 5.23% (revu à 5.1% aujourd'hui) sur base annuelle... Et dans le même article de nous ré-asséner à coup de massues: la vie chère, la diminution du pouvoir d'achat...

La deuxième concernait les vacances. Le Belge n'est jamais parti plus ni n'a jamais dépensé plus de sous que cette année pour partir en vacances.

Alors je veux bien qu'on se plaigne du prix des tomates... mais quand dans le même temps, on se rend compte que la liste des dépenses somptuaires ne diminuent pas, et même augmentent, j'ai un soucis. Et si le problème du pouvoir d'achat ne venait pas du prix des aliments et du pétrole mais des petits luxes dont on ne sait plus se priver? La frustration semble être devenue l'inconnue du siècle. Tels des enfants gâtés, on refuse de se priver.

Je suis passé chez des amis qui se plaignaient du prix du panier... et j'ai regardé autour de moi... écran plat dernier cri (au passage soit dit, énergivore...), Belgacom TV, nouveaux GSM's, les vacances à l'autre bout de la planète...

Alors que le prix du panier augmente, je veux bien. Mais il faudrait aussi que les gens cessent de croire que tout est acquis. Non, rien n'est acquis, nous avons des choses hic et nunc dans un référentiel donné. Les référentiels changent en permanence, si vous ne vous adaptez pas... (le suite, voir Darwin...).

Au passage, c'est tout pareil pour l'Etat... plutôt que de se plaindre qu'il ne parvient pas à boucler le budget. Plutot que de chercher où prendre l'argent, il ferait mieux de voir quelles dépenses il peut limiter.

Indexation et Hold Up fiscal

... vous savez pourquoi le gouvernement défend l'indexation? Non?

En tout cas, pas pour les travailleurs, ça je peux vous l'assurer. En réalité, notre Etat défend l'indexation des salaires pour lui... En effet, l'indexation se fait sur les salaires... et non sur les tranches imposables (ce qui serait pourtant juste n'est ce pas?)

Prenons l'exemple suivant:

  • imaginons que la tranche 10.000 euro à 15.000 euro soit taxée à 30%
  • que la tranche 15.000 euro à 20.000 euro soit taxée à 40%
  • nous sommes indexé de 2%

Si vous gagniez 15.000€, taxé à 30%, le montant de votre indexation, soit 300 euro, va être taxée à 40%...

  • Si le système était juste et bien conçu, les tranches imposables évolueraient avec lui.
  • Ainsi, nous serions imposé à 30% sur les revenus compris entre 10.200 euro et 15.300 euro
  • non seulement, on protège vraiment votre pouvoir d'achat
  • mais en plus, les tranches s'élargissent avec le temps, conservant dès lors une vraie progressivié de l'impôt.

Perversion de l'indexation belge

En Belgique, le système a été conçu de tel manière que:

  • vu l'étroitesse des tranches, nous sommes presque en situation de flat tax
  • qu'on l'aggrave encore en diminuant le nombre de paliers
  • que contrairement à bien d'autre pays, notre flat tax est confiscatoire avec un taux de 50%
  • que si on reprend l'exemple ci-dessus, le fait de taxer à 40% les 300 euro de revenu "complémentaire", est une façon de vous taxer plus sur un même montant. En effet, les 300 euro sont censés compenser votre perte de pouvoir d'achat et maintenir votre salaire actuel. Or, ce même salaire, de manière actualisée est taxé plus après l'indexation...

La situation est tellement mal faite que vous êtes taxé à 25% dès les 6500 euro brut annuel atteint! QUI PEUT VIVRE AVEC 6500 euro par an... et être taxé encore bien?

Les quotités exemptées d'impôts n'ont pas non plus évoluées avec l'indexation... En clair, l'indexation belge est une façon de permettre à l'Etat de vous taxer plus, sur un même revenu, sans lever de nouvel impôt! C'est cruel mais c'est légal...

Voilà la raison réelle pour laquelle l'Etat protège l'indexation.

"Augmenter le salaire brut"

Toujours sur le même thème, il y avait ce dimanche un débat sur le pouvoir d'achat... D'abord, j'ai entendu beaucoup de ... restons polis, sotises sur le plateau, des inepties, des mensonges éhontés émanant de personnes incompétentes situées plutôt sur la gauche de l'échiquier.

Ensuite, les propositions syndicales, PS ou CDh vont toutes dans le sens d'un nouvel hold up fiscal des entreprises. C'est effrayant, ça fait peur.

Ainsi, ils insistent lourdement sur le fait que l'on doit augmenter les salaires bruts... En bref, comme montré ci-dessus:

  • alourdir l'ardoise fiscales des ménages.
  • Plomber encore un peu plus la compétitivité de nos entreprises (pour un salaire brut de 100, l'employé touche 50 net mais l'entreprise paie 130 charges patronales comprises...)
  • donc, c'est aussi alourdir l'ardoise fiscale des entreprises, pour une efficacité sur le pouvoir d'achat qui n'est pas démontré. Une fois de plus, comment ils font dans les pays qui n'ont pas l'indexation? Ils meurent tous de faim alors?
  • causer encore une baisse certaine de la compétitivité.

Ils me semblent que les personnes qui nous dirigent confondent entreprises du BEL 20 et PME-TPE (soit 80-90% du tissus entrepreneurial). Et donc, pensent que toute entreprise fait des super-bénéfices, spolie l'ouvrier et fait de la fraude fiscale. Quelle méconnaissance coupable de notre tissus économique.

De ce tissus économiques qui permet encore à notre etat de pérorer et de financer des gabegies sans nom ainsi que pléthore de fonctionnaires. Insister lourdement comme il le fait sur les meilleures façon de barquer les entreprises est encore le meilleur moyen de nous voir fermer, délocaliser ou demander à devenir fonctionnaire.

Réforme réforme réforme

Une fois de plus, le seul vrai courage politique n'est pas de faire de la démagogie et du populisme mais c'est de mettre l'Etat au régime, de diminuer les règlementations et le nombre de normes qui sortent chaque années (66.290pages au moniteur en 2007).

Il est temps d'être lucide, d'être courageux.

L'Etat doit être mis au régime et les gens doivent aussi apprendre la frustration. Non, tout n'est pas toujours acquis, oui, il y a une crise. Au lieu de vous plaindre du prix des tomates, voyez quelles sont les dépenses non nécessaires que vous pourriez couper... Tout comme l'Etat.

mercredi 11 juin 2008

Un an... 365 jours d'amateurisme...

Aujourd'hui, je ne vais pas être très original... je vais me contenter de vous parler des 365 jours de vacances du pouvoir en Belgique.
Un an que la population belge a donné une couleur démocratique à un scrutin qui ne l'est pas...
Un an que l'on sefforce de nous démontrer que l'Etat fédéral, c'est dépassé.
On ne peut que penser que la mise en place de Leterme correspond à cette étrange logique. Après un an, nous en sommes encore à parler de méthodes.

Bandes d'amateurs!
  1. vous mettez en place un gouvernement pléthorique à un coût astronomique
  2. vous ne vous donnez même plus la peine de donner une quelconque couleur démocratique vu qu'à peu de choses près, on mêle tous les partis au pouvoir
  3. malgré ce nombre hallucinant, vous êtes incapable de produire quelque chose de concret...

Mon dieu, je pense que pour toute personne ayant fait de la conduite du changement, vous ne pouvez être que considéré comme des amateurs, immatures, un bande d'enfants gâtés qui cassent les jouets qui ne leur servent plus.

Je me permets de citer quelques autres blogs qui ont cette plume enchanteresse pour exprimer les choses...

Références...

Charles Bricman nous écrit ainsi la chose suivante :

Vous savez quoi? Au bout de cette petite analyse de la situation politique, je ne me sens pas très optimiste. On va tout droit vers les quarantières rugissants, là, et puis le cap Horn. Avec un rafiot brinquebalant qui perd ses planches et un équipage de marins d’eau douce. Sans parler du capitaine, qui fait des efforts, qui ne picole pas, mais qui a autant de charisme qu’une huître fermée et autant d’expérience qu’un moussaillon tombé de son hamac.

Ou alors François dans son Périscope :

Il est vrai que le pays semble à bout de souffle, radicalement incapable de faire souffler un vent de fraîcheur. Les caprices politiques de ces derniers mois sont un caprice de nantis, un privilège de luxe d’un pays où malgré tout beaucoup de choses tournent bien. La richesse - pas uniquement matérielle - y est considérable et il y est, par conséquent, d’autant plus dommageable de s’enfermer dans une telle médiocrité.

Le génial Alexandre qui retourne l'argumment.. puisque nos dirigeants sont incapables de s'occuper de nous.. occupons nous d'eux:

Vous l’avez sans doute entendue plusieurs fois cette rengaine: il est temps que le politique s’occupe des “vrais problèmes” des gens (sous-entendu: le pouvoir ’achat. A contrario je crois qu’il est de notre devoir de citoyens de s’intéresser aux vrais problèmes des politiques.

Non, ce n’est pas le pouvoir d’achat, ce n’est pas non plus de savoir comment payer les factures ou comment remplir le réservoir d’essence de leur 4×4: les caisses de l’Etat sont à leur disposition, et quoi qu’ils en disent, l’Etat belge, c’est une poule aux oeufs d’or: quand il n’y en a plus, il y en a encore.

Alors donc, le vrai problème des politiques est le suivant: il faut “réformer l’Etat belge”, sinon… bye bye Belgium, requiem in pax et bardaf c’est l’embardée, va falloir qu’on change tous de passeport, parce que dans cette hypothèse là, un passeport trilingue sera illégal, oui madame, puisque c’est la linguistique qui constituât l’arme du crime.

Solutions?

L'histoire étant posée, je ne vais pas m'aventurer sur le terrain des solutions. Là franchement, j'en ai un peu ma claque. Je pense qu'à peu près toutes les pistes ont été tracées, au Nord, au Sud, au CRISP, au sein de je ne sais combien de Think Tank, dans les journaux...

En bref, l'éventail des solutions, il est là, devant notre nez. Je n'aurai donc pas la prétention ou l'audace de vous en présenter de nouvelles. Plutôt que du fond, parlons de la forme.

Un gouvernement, c'est le "Board" d'un pays. Pour le contrôler vous avez le Parlement, une sorte de "Conseil d'Administration".

L'assemblée générale des actionnaires a lieu dans ce cadre tout les 4 ans (ou 6ans selon les scrutins) et ça s'appelle des élections.

Ma petite entreprise...

Imaginez donc ce que pourrait donner une assemblée générale d'une entreprise virtuellement en faillite, où les actionnaires se rendent compte que le Conseil d'Administration n'en a rien à fiche des stakeholders ne recherchant qu'une chose, être reconduit pour toucher des jetons de présence.

Imaginez un Board où le CEO cherche après un an la méthode qui permettrait à la société de se sortir du pétrin sans avancer pour autant la moindre solution. Seuls les journaux ou bien les stakeholders prendraient les devant et lanceraient des pistes... rien de la part du board ni du conseil d'administration...

Pire, imaginez que le CEO ai déjà choisi qu'il voulait, contre la volonté de ses actionnaires, scinder l'entreprise et conserver le poste de CEO d'une des deux entités. Comme son plan de revente par étage ne fonctionne pas, il décide purement et simplement de laisser pourrir la situation. Juste histoire de montrer que l'entreprise centralisée ne fonctionne pas, ou à tout le moins n'a aucune utilité pour laisser les départements avancer... (en occultant bien sur les synergies, la valeur d'ensemble supérieure à la somme des valeurs des départements, à la valeur de la marque de l'entreprise...)

Pendant ce temps, le CFO, COO, CIO etc passent leur temps dans une sorte de grande cour de récréation à se lancer des peaux de bananes, des insultes, des ukases... Le tout sans bien sur aborder les solutions, on n'a même pas l'impression que le board se préocupe des affaires courantes. Ils sont tellement nombreux d'ailleurs qu'on ne sait plus trop qui a quelle compétence...

Imaginez que cette situation dure depuis 365 jours... que ces 365 jours, vous avez :

  • pas de CEO pendant 3 mois
  • un CEO intérimaire pendant 3 mois
  • la mise en place d'un CEO qui laisse tout pourrir pendant 6 mois
  • un board qui ne s'entend pas
  • un conseil d'administration qui ne pense qu'à ces jetons de présence et à conserver sa place à la prochaine assemblée générale
  • des shareholders qui voient la valeur de leurs investissements englouties et perdues
  • que les même shareholders risquent d'être encore mis à contribution pour une augmentation de capital
  • des stakeholders dont on ne se préoccupe pas et qui se demandent quel va être leur avenir.

Questions simples pour étudiants de première baccalauréat (c'est bien comme ça qu'on appelle la première candi maintenant)

  1. Que va devenir l'entreprise?
  2. Quels sont les qualités première du CEO?
  3. Quel est le problème de gouvernance de cette société?
  4. Parlez moi du rôle de l'équipe pléthorique de direction.
  5. Une assemblée extraordinaire des actionnaires serait-elle la bienvenue?
  6. Quels sont vos suggestions en matière de conduite du changement (sans regarder le noeud du problème, juste la méthode)
  7. Vous avez 15 minutes pour répondre.

Bizarrement, j'ai l'impression que mes étudiants de première apporteront plus de réponse en 15 minutes que je n'ai eu l'occasion d'en appercevoir en une année.

A mon grand malheur... je dois ajouter une chose à mes étudiants... un Etat n'est jamais en faillite... tant que ces habitants disposent de richesse à ponctionner...

jeudi 5 juin 2008

La "conversion" de Bertrand...

C'est officiel, Bertrand Delanoë est libéral... enfin, c'est lui qui le dit.

Car comme je le mentionnais sur le Grand Barnum d'himself, si un Libéral est "socialiste" ou "social" par essence, un socialiste est plus rarement libéral.

Soyons clair, loin de moi l'idée d'être dogmatique sur le sujet, d'ailleurs Walli et Skit vous diront mieux que moi que je suis à la gauche du libéralisme... Mais je continue à revendiquer que je suis libéral, et peut être un peu à gauche de celui-ci. Jamais au grand jamais je ne dirai que je suis socialiste, même si à la droite du socialisme. Non. Pour moi le "socialisme" aujourd'hui est un mot qui a été capturé par une bande de collectiviste qui voudraient bien penser à notre place. Donc libéral quand même ne vous en déplaise.

Le "socialisme libéral"

Si la nouvelle de la conversion de Bertrand m'a fait un immense plaisir, j'ai été un peu creuser ce qu'un socialiste pouvait comprendre du libéralisme dont il se revendiquait soudain.

Pour ce faire, il est utile de se plonger dans la lecture de son livre "de l'Audace" où il nous fait son coming out... et là...

Il est pas mal quand il parle de la doctrine libérale, il semble en comprendre l'essence, le but d'émancipation de l'être humain, que chacun a des droits et libertés dont la limite est de ne pas porter atteinte aux droits et libertés des autres.

Extrait:

"Qu'est ce que le libéralisme? C'est un doctrine d'affranchissement de l'homme, née dans l'Europe des Lumières. C'est comme son nom l'indique, une idéologie de la liberté, qui a permis l'accomplissment de grandes conquêtes politiques et sociales. Le principe en est simple: "il n'y a pas d'oppression juste, pas de chaîne qui ne doive être brisée, il n'y a pas de légitimité, ni donc de fatalité, à la servitude. Et le libéralisme, c'est dans le même temps l'idée que la liberté est une responsabilité..."
Ebahi que je suis en le lisant...

"...je ne réfute pas mécaniquement ce vocable de "libéral". Et quand il s'applique à une doctrine politique au sens global, je crois que même un militant socialiste devrait le revendiquer"
Là où ça commence (déjà) à se corser c'est quand il écrit

"..ce qui est inacceptable (...) c'est de hisser le "libéralisme" au rang de fondement économique et même sociétal."

Du but d'un socialiste "libéral"

Bon... mais c'est quoi le problème? Nier l'aspect sociétal de la liberté qu'il prône politiquement n'a auncun sens! La réussite économique et social des modèles libéraux montre qu'être libéral au niveau politique tout en imposant une logique collectiviste est un vrai non sens, une contradiction, une impossiblité même!

Comment dire: vous êtes libre d'entreprendre, libre de prendre des risques mais l'Etat reste maître de vos actes et de vos pensées ou désirs ou avenir. Non.. comme on le disait, être libre c'est être responsable... Je ne demande pas à l'Etat d'être responsable pour moi de mon avenir en me ponctionnant pour me garantir une pension par exemple...

Du principe de la liberté des choix individuels découle naturellement l'établissement d'une économie libérale. L'individu doit être libre de rechercher à contracter avec un employeur qui lui convienne, ou de risquer son capital dans une entreprise susceptible de le fructifier, libre de ses choix de consommation, pourvu qu'il en assume les coûts. Mais puisqu'il ne peut empiéter sur la liberté d'autrui, il ne peut en aucun cas imposer à l'autre d'accepter les termes de son contrat: l'entrepreneur dont la production ne trouve pas preneur peut être mis en faillite, le salarié d'une entreprise insuffisamment performante ne peut espérer que son emploi soit garanti, etc... M. Delanoë reconnaît qu'il ne sert à rien de vouloir surprotéger les emplois existants, que cela se fait toujours au détriment de ceux qui n'ont pas d'emploi, qu'il faut repenser la gestion de la mobilité professionnelle. Voilà qui est sensé, mais alors pourquoi ne pas reconnaître au libéralisme le rôle de fondement économique et sociétal ? (source: objectif liberté)

En avançant dans ma lecture je comprends le système... vous allez voir, c'est assez simple.
Attention les yeux, je n'ai aucun mérite, je me contente de le citer:
"Et si nous admettions que le courage, le vrai, celui qui justifie les efforts et que récompensent les victoires, ce n'est pas d'appeler à la révolution impossible, mais de préparer la réforme possible? Le courage, ce n'est pas l'incantation, c'est l'action. (...)"
Courage, efforts, récompense, action... ouaw... du coup, je m'aventure à nouveau plus loin.

"La gauche a toujours été le parti des fonctionnaires, c'est à dire des agents de l'Etat (...) La gauche a toujours été le parti de l'impôt, c'est à dire des revenus de l'Etat: elle doit avoir le courage de le rester, à l'heure où la justification même de la contribution collective à la richesse de la nation est remise en cause. (...) contester le principe de fiscalité, c'est porter atteinte à l'équilibre même du pays."
Ite missa est

Est-il besoin d'en dire plus? Comment oser parler de réforme, d'effort, de changement quand son but même est de ne pas changer?

Quand son but même est de conserver un appareil étatique doté d'une pléthore d'agent?

Qu'appelle-t-il alors réformer? Et bien je vais vous donner la définition du "Socialisme Libéral":
permettre à l'individu de créer des entreprises, de créer de la richesse... pour mieux la capturer et la mettre au service d'un Etat inapte à se réformer.

Il ne voit au final dans le libéralisme qu'une grosse caisse pleine d'argent qu'on met dans un gros baxter et qui maintient l'Etat et ses afidés sous perfusion. Il est pourtant temps que l'Etat se mette au régime.

Ma vision du libéralisme social

Elle est là la réforme courageuse: la réforme de l'Etat, son amaigrissement, sa mise au régime, l'assainissement! Je ne prône pas sa disparition, attention, mais sa mise "en efficacité".
Je me détache des libéraux purs en disant qu'il faut garder de l'Etat pour organiser des filets de sécurité. Car je ne fais pas assez confiance à l'être humain que pour compter sur sa bonne volonté à organiser lui même une forme de charité.

Oui bien sur, il y aura toujours des assurances, des assureurs, ... mais il y a des risques inassurables ou des gens qu'on ne veut plus assurer... c'est pour ça que je pense qu'il faut encore de l'Etat. Il faut aussi de l'Etat pour ceux qui ne veulent pas respecter les règles de bases et que cet Etat protège le reste de la société contre ceux qui outrepassent les droits qui leur ont été octroyés.

Mais dans le même temps, l'Etat reçoit (ou plus exactement ponctionne) des richesses de ceux qui la produisent. En tant que dépositaire, il se doit de le gérer au mieux, correctement, efficacement. Ce qui veut aussi dire que l'Etat doit avoir une forme de rentabilité pour le public qui le finance. Ca veut dire que les redistributions à caractère social de l'Etat, lorsque leur suppression n'est pas envisageable pour quelque raison que ce soit, aillent réellement à ceux qui en ont besoin, que leur mode de calcul ne constitue pas une extorsion opérée au détriment de ceux qui n'appartiennent pas aux clientèles électorales recherchées par les politiciens.

Perversion Etatique

Ainsi, cette efficacité voudrait que l'on traque les innéficiences, que l'ont ammaigrisse l'Etat, que l'on diminue l'arsenal législatif qui traque tout et n'importe quoi.

L'Etat... en Wallonie, ce sont 25% de fonctionnaires... l'Etat, ce sont 66.290 pages publiées au Moniteur Belge cette année... L'Etat, c'est cet organisme bizarre qui me laisse créer ma société, prendre le statut d'indépendant et me ponctionne à des taux prohibitifs pour m'offrir la pension la plus basse d'Europe. Même un chômeur à vie aura une pension supérieure à la mienne. Moi j'en veux pas de sa pension, je veux organiser moi même ma pension, mon épargne mes placements.

L'Etat, qui vous dit protéger les plus faibles et celui-là même qui, en Belgique, vous ponctionne déjà à 42.7 ou 47% dès le seuil des 10.000euro brut annuel franchi.
L'Etat, cette inflation perpétuelle de lois et de règlements tellement complexe qu'on a besoin d'une armée de fonctionnaire pour les controler...

Alors Bertrand, si ta vision du libéralisme, c'est la liberté d'entreprendre et de créer de l richesse pour pouvoir puiser dedans et entretenir les gabegies de l'Etat et sa pléthore de fonctionnaires alors, tu n'as rien compris. Dans ton refus même de remettre en cause les dogmes du PS sur le rôle et le poids de l'Etat, tu contredis déjà ton propos.

A la lecture de tes propos, tu es et reste un socialiste collectiviste, interventionniste, confiscateur.
Exercice de Conjugaison

Je laisse la conclusion de cet article à Objectif Liberté, je n'aurais pu mieux l'écrire que ça:

B. Delanoë assimile le libéralisme au « laisser-faire » qui signifierait l'abdication du pouvoir de l'état contre les abus commis par les acteurs économiques les plus puissants. Mais il se trompe.

Le libéralisme n'est pas la doctrine du « laisser », mais du «laissez» faire. Cette distinction grammaticale apparemment subtile n'est pas innocente. «laissez faire, laissez passer», signifie que l'Etat ne doit s'opposer ni à l'entreprise, ni au commerce, mais il n'est pas le "laisser-faire n'importe quoi", celui du
renard libre dans le poulailler libre, qui n'est pas un libéralisme mais un mauvais ersatz, un capitalisme de connivence entre grands dirigeants et ministres, hélas entré dans les gènes de la société française depuis le XIXme siècle.

... voilà... je n'aurais pu mieux expliquer la différence que je vois personnellement entre libéralisme et capitalisme... il est là mon "Libéralisme Social"...

Le libéralisme laisse faire en ce sens qu'il laisse entreprendre, mais n'exonère pas l'entreprise humaine de ses responsabilités si l'aventure tourne mal, et ne donne pas au politique le pouvoir de favoriser ses protégés. Pas de liberté sans responsabilité, pas de libéralisme sans égalité devant la responsabilité.

Le libéralisme n'est pas l'absence de régulation, il est une philosophie différente et simple de la régulation, fondée sur la sanction sans faiblesse des atteintes aux droits naturels d'autrui, et de ces atteintes là uniquement, par des tribunaux jugeant en toute indépendance, cette sanction devant constituer une dissuasion nécessaire et suffisante des comportements dangereux ou malhonnêtes.

Naturellement, le principe théorique est plus facile à énoncer qu'à appliquer. Certains individus commettent de bonne foi des actes préjudiciables dont ils ont mal évalué les risques, et dont les effets peuvent être douloureux. D'autres tentent de profiter de leur position économique et sociale pour se soustraire au principe de responsabilité individuelle.

L'existence de ces écueils crée de la demande politique pour des lois de régulation préventive venant contraindre les acteurs de la société avant qu'ils n'agissent.

La société parfaite ne pouvant exister, le système légal se mue alors en compromis entre un laissez-faire libéral sous la contrainte du risque de sanction, et une réglementation préventive limitant la capacité des individus à agir constamment suivant leur seule volonté.

Le libéral souhaite que l'équilibre penche fortement en faveur du laissez-faire. Nous constatons sans peine que le la situation d'aujourd'hui a au contraire largement privilégié la prévention réglementaire, devenue castratrice et abusive, avec 600 000 textes (ndr: Chiffre en France. En Belgique, en 2007, ce sont 66.290 pages qui on été publiées au Moniteur Belge) opposables aux tiers, une instabilité constante des règles juridiques, et la promulgation quasi quotidienne de lois qui ne servent qu'à favoriser le détournement de l'impôt au profit de clientèles particulières.

En vilipendant le « laisser-faire », opportunément confondu avec le « laissez-faire », M. Delanoë semble trouver une justification à la continuation de cette inflation
interventionniste, à la fois prédatrice et inhibitrice.

lundi 2 juin 2008

Porte de sortie inédite?

Je ressors de mes articles économiques (merci à Skit et Walli qui alimentent ma réflexion et me donne un autre point de vue!) pour en revenir à l'actualité de politique politicienne et instutionnelle de ce petit pays de fous qu'on appelle encore "Belgique".


Ainsi, le Soir nous propose six scénarios pour sortir de la crise...

Passons les rapidemment en revue... et proposons une septième piste inédite qui permet à tout le monde de sauver la face...
  1. Marino Keulen ne bouge pas. C’est le statu quo prolongé. Le ministre flamand ignore les nouveaux dossiers de candidature. Les trois élus demeurent bourgmestres « faisant fonction ». Ils gouvernent, mais ils sont privés du « statut » de bourgmestre. Ils ne peuvent ceindre l’écharpe. Symboliquement, une tache. Politiquement, le problème reste entier.
    A mon sens, c'est le scénario qui se dessine le plus aujourd'hui.

  2. Marino Keulen en rajoute. Le ministre flamand réitère explicitement son refus de nommer les bourgmestres francophones, cela après avoir examiné de près leurs arguments. Politiquement, une nouvelle gifle pour les francophones.
    A mon sens, la situation est assez empoisonnée comme ça, il préfère laisser pourrir.
  3. Marino Keulen craque. Il nomme les bourgmestres.
    Bon, c'est un blog sérieux ici hein...on oublie.
  4. Marino Keulen attaque. Non seulement il repousse une nouvelle fois les candidatures des trois élus francophones, mais encore, il nomme lui-même les bourgmestres en dehors du conseil communal. Il en a le droit. Il doit choisir un habitant de la commune de plus de 25 ans. Il a juste besoin d’un avis conforme de la députation permanente de la province du Brabant flamand. Pour les partis francophones, ce n’est pas une gifle, mais un coup de poing.
    Bizarrement, vu l'atmosphère, opurquoi pas. Mais je pense quand même que Marino n'est pas extrémiste à ce point là non plus... il est légaliste ... donc à voir...
  5. Marino Keulen s’efface. Un accord politique intervient dans la majorité gouvernementale, par lequel l’on s’engage à modifier à l’avenir le mode de nomination des bourgmestres. Problème : depuis 2001, la compétence est régionale.
    Non... J'ai dit qu'on était sérieux là... vous les voyez au parlement flamand changer ce genre de prérogative ???
  6. Marino Keulen temporise. On se trouve ici dans l’hypothèse où les trois bourgmestres introduisent un recours devant le Conseil d’Etat, ce qu’ils n’ont pas fait jusqu’à présent. La décision incomberait à une chambre flamande du conseil d’Etat, la même qui avait soutenu jadis les circulaires Peeters. En plus, le conseil d’Etat tranche en moyenne après quatre ans de réflexion. Ce qui permettrait probablement aux partis flamands de geler la situation jusqu’au prochain scrutin communal, en 2012. Les trois bourgmestres n’auraient plus qu’à se faire réélire et, cette fois, à envoyer leurs convocations électorales en néerlandais...

Quelques soient les pistes proposées, une des parties perds plus ou moins la face...

Retour à la source...

Il me semble que l'on perde de vue l'origine de ce "malentendu".

Non non, il ne vient pas de la mise en place de cette stupide frontière. Non, elle ne vient pas de la mise en place des facilités et de leur "bétonnage". Si on remonte encore un peu, on en finirait par remettre la création de la Belgique en question hein.

Jusque là, tout se passait encore, stupidemment soit, mais dans une paix communautaire relative.

Tout vient, me semble-t-il, de la mise en place des trop fameuses circulaires Martens (1977), Peeters (1997) et Van Den Branden (1998-9, si je me souviens bien) qui interprètent les "facilités". Elles en restreignent la portée. Entre autre, pierre d'achoppement du débat actuel, le fait que tout document doit d'abord être envoyé en néérlandais. Aux francophones de faire la demande, à chaque fois, de recevoir le document en français.

Ce n'était pas le cas avant, il suffisait de faire une fois pour toute la demande et tout document administratif était automatiquement envoyé en français.

Les trois bourgmestres ont envoyé directement les convocations dans la langue de l'électeur. Crime suprême que ce geste au final très écolo!

Une porte de sortie?

Il y a donc eu recours en son temps au Conseil d'Etat...

Je pensais que ce conflit était toujours pendant au Conseil d'Etat (au final, le recours ne date que de 1977).

Celui-ci, pensais-je, n'avait toujours pas donné son verdict au sujet des circulaires. Si celles-ci étaient, fort opportunément, déclarées anti-constitutionnelles, les Bourgmestres n'auront plus commis d'infraction et pourront être nommés.

Voici, me semble-t-il, un compromis à la belge qui eut été bien acceptable pour tout le monde.

  • Les "3 des facilités" ne doivent plus ester au Conseil d'Etat.
  • Les tracasseries administratives cessent, et le Conseil de l'Europe est satisfait.
  • Marino sauvent la face, il peut nommer les "3 des facilités" sans manger sa parole...

Mais voilà...

Il semble que je me sois planté... à moins qu'un constitutionnaliste ne puisse me dire si un autre recours est encore possible (style Cour Constitutionelle?) et valider la scénario que j'ai mentionné, je crains que ce ne soit qu'un faux espoir. Nous devrons aller à la confrontation.

Pourtant, nous devons admettre que c'était plutôt bien parti.

En mars 2000, l'auditeur des Chambres bilingues du Conseil d'Etat, déclare anticonstitutionnelles les circulaires linguistiques.

En juin 2002, l'auditeur (flamand) du Conseil d'Etat rend un "avis de nullité sur le fond et la forme" de la circulaire Peeters". Il va dans le sens de la thèse francophone préconisant l'annulation de la circulaire Peeters. Il faut savoir qu'il est rare que le Conseil d'Etat s'écarte de l'avis de son auditeur (de ses auditeurs en l'occurence vu qu'en 2000 un premier avis était remis).

En décembre 2004, ne me demandez pas pourquoi il s'en mêle, mais le Juge des Saisies du Tribunal de 1ère Instance de Bruxelles, juge illégales les circulaires Peeters et Van Den Bossche ; il estime que les circulaires précitées se permettent sans fondement légal d'influer sur l'emploi des langues en matière administrative.

Puis... malgré tout ces avis modéré...le 28 décembre 2004, la Chambre flamande du Conseil d'Etat rejette les recours en annulation introduits contre les circulaires Peeters et Martens en 1977 et 1997 : "… L'usage du français est interdit de facilités … Les francophones doivent faire une demande écrite pour recevoir leurs documents administratifs en français et répéter cette demande à chaque reprise ". Ce, étonnamment, à l'encontre des deux avis qui ont précédé. C'est rare.

Tout est il fini? Y a-t-il d'autre recours possibles? Il semble que non... c'est dommage, je pensais à une sortie inédite et qui permettait à tous de sauver la face...