mardi 26 février 2008

La crise bancaire causée par l'étatisme?

Pour expliquer la crise des subprimes, une nouvelle théorie a été publiée par l'Institut Molinari...
Je me propose de la partager avec vous. Elle combine l'approche classique (l'emballement de la crise par l'effondrement de l'immobilier) mais conteste la cause.

L'approche classique

Dans l'approche classique, on explique la crise par la voracité des banques et par le capitalisme poussé à l'extrême. Ainsi, les banquiers auraient décidé d'effectuer des prêts hypothécaires à haut risque, donc à haut rendement. Pour que les emprunteurs signent, les x premiers mois étaient à un taux d'intérêt défiant toute concurrence... puis passait à un taux très élevé, parfois deux ou trois fois le montant mensuel à rembourser au taux "cadeau".

Ils garantissaient leur prêt par le bien immobilier. Tant qu'on prêtait de l'argent, le marché immobilier se portait bien et continuait à être haussier. Donc, en cas de défaillance de paiement, la banque pouvait revendre le bien à meilleur prix et se rembourser. Le problème se pose évidemment quand un grand nombre de personne ne peut plus honorer les remboursement... dès lors le nombre de maisons en vente augmente en flèche... le marché baisse en valeur, les banques ne peuvent plus se rembourser sur le montant de la vente... les pertes se creusent, on ne prête plus et on en arrive au "credit crunch" ou effondrement du crédit.

Pour l'approche classique, la cause est la sofistication des produits bancaires et l'aveuglement des banquiers. Ils n'auraient vu que le rendement et auraient oublié les risques.

Quant à la contamination mondiale, elle s'explique par le fait que les banques se sont couvertes en finançant leurs prêts par des véhicules financiers revendus à d'autres banques dans lesquels on mélangeait différents types de risques...

En bref, l'ultra-libéralisme explique la cause de la crise des sub-prime dans l'approche classique.
Il existe une autre école, celle d'ultra-libéraux qui prétendent au contraire que la crise est due à l'étatisme, au politiquement correct, à l'espèce de "communisation" de notre société. La non-discrimination aurait mené à une obligation d'assouplissement des critères d'octroi du crédit.

Cette aproche est celle de l'Institut Molinari. Je vous la poste ici. Chacun se fera son opinion.

L'approche libérale

Le vrai scandale
Stan Liebowitz – 14 février 2008Article publié en anglais dans le New York Post le 5 février 2008.

Ce qui est peut-être le scandale le plus important de la crise des prêts hypothécaires, c'est qu'elle résulte directement d'un assouplissement délibéré des critères d'émission de crédit – réalisé au nom de la lutte contre les discriminations, en dépit
d'avertissements soulignant que cela pourrait mener à de nombreux défauts de
paiement.

Au coeur de la crise, se trouvent des crédits ayant été accordés virtuellement sans la moindre vérification habituelle lors de leur souscription – pas de vérification des revenus ni du patrimoine, peu de considération pour la capacité du souscripteur à rembourser, pas d'acomptes.

La majorité des personnes comprend instinctivement que de tels emprunts sont probablement douteux.

Alors comment le secteur bancaire, très réglementé, en est arrivé à des choses aussi insensées?

Face à la situation de désarroi actuel, vous pouvez penser que les banques ont avancé elles-mêmes l'idée d'assouplir les critères d'obtention de crédit, tandis que les autorités de régulation ont fermé les yeux. En réalité, ce furent les autorités de régulation qui ont allégé ces critères – sous la pression de certains groupes communautaires et des forces politiques «progressistes».

Dans les années 1980, des groupes comme les militants de l'ACORN (Association of Community Organizations for Reform Now) ont commencé à lancer des accusations de discrimination, selon lesquelles les banques traiteraient différemment certaines minorités pour ce qui est des prêts hypothécaires. En 1989, des membres du Congrès ralliés à cette cause firent adopter le Home Mortgage Disclosure Act, amendé pour obliger les banques à collecter des données raciales concernant les emprunteurs potentiels.

Celles-ci ont fait l'objet de nombreuses études qui semblaient valider l'accusation initiale. En fait, même si les dossiers des candidats au prêt issus des minorités étaient rejetés plus fréquemment que les autres; la raison principale n'en était pas une quelconque discrimination raciale, mais le fait que les personnes dans ces minorités ont en général des revenus plus modestes.

Cependant, une étude de la Réserve Fédérale de Boston qui fait date a conclu en 1992 que les discriminations concernant les prêts hypothécaires étaient systématiques.

Cette étude comptait un nombre incroyable d'erreurs. Avec un collègue, nous avons démontré par la suite que les données utilisées contenaient des milliers d'erreurs grossières, comme des prêts à des taux d'intérêts négatifs. Notre étude a montré qu'il n'y avait aucune preuve de discrimination.

Cependant, l'ordre du jour politique a primé – accompagné par les explications du Président de la Réserve Fédérale de Boston selon lesquelles aucune étude supplémentaire n'était nécessaire, et par les autorités de régulation bancaire qui soutenaient la mesure. L'encre de cette étude sur les discriminations n'avait pas eu le temps de sécher que la Réserve Fédérale de Boston, s'exprimant au nom de la Réserve Fédérale tout entière, a produit un livre à destination des prêteurs hypothécaires, expliquant que « des discriminations peuvent être observées quand les critères de prêt incluent des données arbitraires ou démodées qui excluent de nombreux candidats au prêt urbains ou originaires des minorités ».

Critères démodés...

Ces critères « démodés » incluaient la valeur du bien hypothéqué par rapport au revenu, l'historique des crédits, l'épargne accumulée par le passé, ou le revenu. À la place, la Réserve Fédérale de Boston a décidé que la participation à un programme d'éducation sur la manière de contracter des prêts devait être considérée comme une preuve de la capacité à rembourser un crédit.Tout cela vous paraît aberrant ?

En effet. C'est critères « démodés » existaient pour limiter les défauts de paiement. Mais les autorités de régulation bancaire ont demandé de les assouplir, avec l'accord des hommes politiques et des personnes bien-pensantes. En 1995, un renforcement du Community Reinvestment Act (CRA) a imposé aux banques de trouver des moyens de fournir des prêts hypothécaires aux membres des communautés les plus pauvres.

Cela a aussi permis aux membres de ces communautés d'intervenir lors de l'examen
annuel des banques.

Les banques qui recevaient des critiques négatives ont été punies ; certaines ont vu leurs plans de fusion empêchés ; d'autres ont eu à faire face à des problèmes légaux avec le Ministère de la Justice. Les prêts accordés sur des critères allégés se sont donc développés, même si l'on observait des taux de défauts de paiement plus élevés que pour les prêts classiques. Sur Internet, vous pouvez toujours trouver des prêts CRA disponibles via ACORN avec « 100 % de financement ... pas d'évaluation de vos crédits passés ... pas de critères de revenu ... même si vous ne le signalez pas sur votre déclaration d'impôts ».

Mais les programmes d'éducation sur la manière d'utiliser le crédit sont requis, bien évidemment. Ironie du sort, un rapport enthousiaste de la Fannie Mae Foundation a choisi de distinguer un cas de prêteur non-discriminant, qui travaillait avec les communautés et appliquait « les critères d'attribution de crédit les plus flexibles ». L'engagement de ce prêteur envers les bas revenus était de 1 milliard de dollars en 1992, et avait crû à 80 milliards en 1999 et à 600 milliards en 2003.

Coutrywide case

Quel était ce créancier particulièrement vertueux ? Countrywide, le plus grand
émetteur de crédits hypothécaires aux Etats-Unis, et récemment à la une de l'actualité parce qu'il avançait tout droit vers la faillite. Dans un récent article de journal exaltant les mérites des critères allégés d'attribution de crédit, le directeur général de Countrywide se vantait en expliquant que pour accepter les dossiers provenant des minorités qui auraient été rejetés, « les prêteurs ont dû assouplir un peu les règles ».

Il ne se vante plus aujourd'hui. Pendant des années, la hausse des prix de l'immobilier a masqué les problèmes de défauts de paiement car un refinancement rapide était possible pour les banques. Mais maintenant que les prix de l'immobilier ont cessé de croître, nous pouvons clairement réaliser les dommages causés par l'assouplissement des critères d'attribution de crédits.

Ces dommages étaient prévisibles : « Quand l'idéal réconfortant et flou des 'critères flexibles d'attribution de crédit' disparaîtra, nous découvrirons peut-être qu'il ne sont ni plus ni moins que des critères conduisant à de mauvais prêts. [...] De telles politiques n'auront pas rendu service à leurs bénéficiaires supposés, si ceux-ci se trouvent dépossédés de leurs logements ».

J'ai écrit cela avec Ted Day en 1998, dans un article académique. Malheureusement,
ces mises en garde n'ont servi à rien.En ce moment, tout le monde plaide en faveur de critères plus stricts d'attribution de crédit.

Que sont donc devenus tous les journaux, hommes politiques ou autorités de régulations qui réclamaient leur assouplissement ?

Comme vous pouvez vous y attendre, maintenant beaucoup s'auto-satisfont en blâmant ceux qui, comme Countrywide, ont fait ce qu'on leur a pourtant dit de faire.

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Stan Liebowitz est professeur d'économie au sein de la Business School de l'Université du Texas, à Dallas.

Excellente soirée.



Un élastique cassé qui se répare tout seul

Ayant pas mal de travail pour le moment, je n'ai malheureusement pas le temps de réagir à l'actualité politique ou économique de ces derniers jours...

Par contre, je ne résiste pas à vous livrer un article du Figaro pour le moins surprenant!

La nouvelle matière mise au point par le laboratoire fondé par Pierre-Gilles de Gennes devrait ouvrir la voie à la fabrication de produits «autocicatrisants».

«Un caoutchouc de synthèse recyclable peut paraître un matériau banal. Mais si, après avoir été cassé, ce même matériau peut se ressouder tout seul à plusieurs reprises, sans la moindre colle et à température ambiante, c'est une tout autre affaire», soulignent Justin Maynar et Tazuko Aida, de l'université de Tokyo (Japon), en présentant la dernière invention du laboratoire Matière molle et chimie (CNRS/École supérieure de physique et de chimie industrielles de Paris, ESPCI). Un laboratoire créé par Pierre-Gilles de Gennes, Prix Nobel de physique 1991. L'étude est publiée aujourd'hui dans la revue Nature.

Pour une fois, les scientifiques ne sont pas les seuls à pouvoir mesurer les avancées de la recherche. Les photos montrant les propriétés du nouveau matériau ont, en effet, de quoi étonner. On croirait un tour de magie. Dans un premier temps, la lanière élastique est coupée volontairement. Aussitôt après, les deux morceaux sont remis en contact et la lanière retrouve peu à peu son état initial. On peut l'étirer sans qu'elle se recasse à l'endroit où elle avait été coupée. Le tour est joué.

«Un tour de force», précise tout de même Ludwik Leibler, un chercheur d'origine polonaise qui dirige le laboratoire de l'ESPCI. Il a fallu en effet tester de très nombreux mélanges avant de parvenir à fabriquer ce matériau, composé en grande partie d'huiles végétales.

Molécules d'acides gras

L'avancée majeure tient d'ailleurs à la composition chimique du matériau. À la différence du caoutchouc qui est constitué de longues chaînes de grosses molécules reliées entre elles par des liaisons fortes, le nouvel élastique contient une myriade de petites molécules d'acides gras. Ce sont elles qui sont actives dans l'autocicatrisation. «Il y a deux sortes de molécules à l'intérieur du produit. Certaines ont deux «mains», d'autres trois, mais toutes se donnent les mains. Quand on coupe l'élastique, en fait, on ouvre les mains, explique Ludwik Leibler, en essayant de trouver des images parlantes. Ensuite, si on rapproche les deux morceaux de l'élastique, un grand nombre de mains ouvertes cherchent à s'associer.» C'est ainsi que le réseau de petites molécules se reconstitue. Les liaisons hydrogènes synthétisées dans le nouveau matériau se révèlent très efficaces. Les expériences ont montré que la cicatrisation peut s'effectuer encore plusieurs heures après la coupure ou la cassure.

Les recherches du laboratoire parisien appartiennent à ce qu'on appelle la «chimie supramoléculaire». Cette dernière vise à construire des édifices nouveaux de petites molécules. L'originalité de la démarche de l'équipe de Ludwik Leibler, c'est de vouloir la rendre «simple et versatile». «Le pari était présomptueux, mais ça a marché», se réjouit le chercheur qui travaille sur d'autres matériaux et d'autres propriétés.

La volonté délibérée d'utiliser des matières naturelles courantes et renouvelables, ainsi que de travailler à grande échelle, s'est concrétisée en 2004 par un accord de coopération avec Arkema, la firme créée à partir des activités de chimie de Total. Le partenariat public-privé s'est révélé fructueux, comme le reconnaissent les deux acteurs. Manuel Hidalgo, spécialiste des polymères chez Arkema et basé à Lyon, fait de fréquents déplacements au laboratoire parisien. Arkema envisage, grâce à la chimie supramoléculaire, la fabrication de «toutes sortes d'articles qui après s'être cassés ou fissurés, pourraient être réutilisés grâce à l'autocicatrisation». On parle de joints d'étanchéité dans un mur, de sparadraps, de vêtements dont les trous pourraient se refermer eux-mêmes ou de pièces de moteur.

Le nouveau matériau présente la particularité de fondre dans l'eau chauffée à 100 °C. Comme il se reconstitue en refroidissant tout en gardant ses propriétés, on peut lui donner toutes sortes de formes en le moulant. «C'est vraiment un matériau très rigolo», confie Manuel Hidalgo.

mercredi 20 février 2008

Mise à mort en direct...

Voici aujourd'hui un commentaire un peu sombre. Mes amis français lecteur s de ce blog ne s'y retrouveront peut être pas, il s'agit d'un nouveau mic mac belge...

Ainsi donc, nos journaux font leurs grands titres :
Les Aveux de Maître Hissel (Le Libre 20/02/2008)
Victor Hissel, l'usurpateur (édito de Michel Konen, 20/02/2008)
Me Hissel en aveux (le Soir, 20/02/2008)
Les aveux complets de l'avocat Hissel (La Dernière Heure, 20/02/2008)

Je ne sais pas si Maître Hissel a pratiqué ce dont on l'accuse, je sais juste, à ce stade, que même la voie officielle ne confirme rien. Et quand bien même ce serait le cas, je rappelle que toute personne est présumée innocente jusqu'à ce qu'un jugement soit émis.

Je reprends texto ce qui figure dans un des articles (ils sont tous du même accabit)
  1. gros titre: LES AVEUX...
  2. rien d'officiel: (...)est passé aux aveux selon des informations non officielles apparues mardi et relayées d'abord par "Sud Presse" (...)
  3. la parole d'un journaliste vaut plus que celle d'une personne présumée innocente: Contrairement à ses dénégations publiques de la veille, il avait reconnu dès jeudi dernier les faits de manière complète.
  4. on prend la tangente quasi en gris clair petits caractères de contrat: On attendra cependant une confirmation officielle avant de dire certains tous ces épisodes.

En un mot, dire qu'on a arrêté maître Hissel : OUI
Donner le motif si celui-ci a été fourni par une source officielle: OUI

Personnellement, je n'en sais rien si ce qui est dit est vrai ou non, mais je refuse de hurler avec les loups! Pour savoir, j'attends les suites officielles de l'enquête. J'imagine, et j'ai probablement tort de le faire, que Sud Presse n'a pas inventé cette information et qu'elle est solidemment étayée. Il n'en reste pas moins que nous n'en sommes pas à la première manipulation organisée et relayée par les médias.

Jour après jour, la presse se fait le relais de rumeurs, jette la vie des gens en pâture à l'opinion publique. Heureusement, il y a deux semaines une proposition de loi a été déposée qui devrait limiter cette désagréable pratique et rappeler une fois pour toute aux journalistes le principe de la présomption d'innocence.

Un peu de mémoire!

Souvenons de la façon dont Elio Di Ruppo a été jeté en pature à l'opinion publique à l'époque. Souvenons des "charniers" roumains... Les exemples sont nombreux.
Et bien que blanchis par la suite, les personnes qui ont été éclaboussées par le scandale en ressentiront toujours les effets. Il y auara toujours de bonnes âmes pour sussurer dans leur dos "...peut être... mais bon.. vous savez, il n'y a pas de fumée sans feu hein..."

Il est probable que demain, si pas aujourd'hui, un communiqué officiel du ministère (pardon, Service Publique Fédéral) de la Justice réponde de manière circonstanciée, en confirmant ou infirmant l'information donnée. Il est probable qu'on me dira alors : "ben tu vois".

Et bien OUI, je vois... je vois qu'aujourd'hui, une fois de plus, on relaie de l'information non vérifiée, non confirmée. Avec bien sur de petites précautions oratoire pour éviter le procès... mais on le fait quand même! Est ce qu'avoir cette information demain aurait changé la vie des citoyens? NON! La seule chose que ça change, c'est le chiffre de vente des groupes de presse! Une fois de plus, on aura confondu Information et Passion...

Messieurs, on ne joue pas avec la présomption d'innocence! Aujourd'hui, j'ai le sentiment de cottoyer une presse de canivaux, de bas étage. Le métier de journaliste est décidemment bien galvaudé aujourd'hui.

Marc Metdepenningen sauve l'honneurde la profession

Heureusement, un journaliste sauve l'honneur de la profession, Marc Metdepenningen dans le Soir avec son Edito : Victor Hissel : l’inimaginable inculpation (Le Soir 20/02/2008)
(...)Il faut espérer et redouter que l’inculpation signifiée à l’avocat liégeois Me
Victor Hissel pour détention de matériel pédopornographique récupéré auprès d’un
réseau international repose sur des bases solides.(...)

Au moins, il pose le doute raisonnable dès le départ, insiste sur le fait qu'à ce stade en fait, on ne sait pas encore vraiment.

jeudi 14 février 2008

La perversité de la "mixité sociale"

Le dernier rapport de la Cours des Comptes tend à montrer que faire de la mixité sociale, c'est au final "exporter" les classes sociales faibles de leur milieu de vie et les précariser un peu plus tout en bénéficiant aux déjà natis.

Encore une fois, l'ineptie des politiques d'assistanat et l'interventionnisme étatique montrent leurs faiblesses. Répétons le donc encore un fois, donnez les moyens aux gens... ne les assistez pas...ou pas trop.

Extrait du rapport de la Cour des comptes « La politique fédérale des grandes villes, Examen des contrats de ville et des contrats de logement 2005-2007 ».

« La notion de mixité sociale s’avère être un concept très vague. (…). Le plus souvent, (…) il est question d’attirer des classes moyennes dans des quartiers défavorisés pour y créer une mixité sociale (il est rarement préconisé de promouvoir la mixité sociale dans des quartiers plus aisés). En l’occurrence, les motifs sont le renforcement de la cohésion sociale, l’amélioration des revenus des communes, etc.
Même en souscrivant à l’idée que la création d’une mixité sociale est susceptible d’apporter une solution à des problèmes sociaux, il faut – dans le cadre d’une politique axée sur les défavorisés – prendre sérieusement en considération les effets négatifs de la gentrification :
des augmentations de prix peuvent conduire à l’éviction hors de ces quartiers des titulaires de revenus faibles.
» (p. 47)

Développer un quartier...

Si nous lisons correctement ce rapport, il en ressort donc que la politique fédérale des grandes villes, les objectifs de mixité sociale ne profitent au final ... qu'aux plus nantis. Et ce n'est que pure logique.

Un exemple frappant de cette situation sera probablement le site de Tour & Taxi. La ville investit massivement pour créer un projet, développer le quartier, le nettoyer, l'embellir, attirer des entreprises et en faire un endroit IN, branché de la capitale. Le résultat se fait déjà sentir. Une vague de bobos (bourgeois - bohèmes) est en train de racheter tout les bâtiments industriels du coins et les lofts qui y sont aménagés sont bien évidemment hors de prix pour les habitants de ce quartier.

Au plus ce quartier va se développer, au moins il restera accessible à ses habitants actuels. Ils partiront donc. La ville ne pourra qu'être "complice" bien involontaire un moment donné quand elle demandera à tout un chacun de rénover son bien.

Vous ne me croyez pas? Regardez alors le quartier Bourse - Halle Saint Géry... De quartier populaire il y a quelques années, c'est devenu un des endroits les plus branchés de la capitale belge. Les appartemments du quartier sont aujourd'hui hors de prix. Les bailleurs ont rénové leurs biens en les faisant naturellement monter en gamme.

Tout ça, c'est évidemment très bien. On ne peut que se réjouir de l'embellissement de notre ville, d'en voir son attractivité renforcée, d'oublier la crasse, la saleté et le ghetto du quartier. Mais... atteint-on cet objectif de mixité sociale? Dès qu’on refait une rue, on donne une nouvelle valeur à un espace, qui peut être capté par une hausse des loyers, sur lesquels les pouvoirs publics n’ont aucune prise.

Alors non... de fait, non. Comme je l'ai dit, la ville s'est donné les moyens, les propriétaires se sont donnés les moyens, ceux qui ne pouvaient suivre ont vendu, les locataires ont du partir pour rénovations et ont été incapables de relouer...

Si l'objectif de rénovation urbaine et de mixité sociale est louable, les moyens ont été incomplets. une fois de plus, nos éminences ont pensé en terme d'assistanat, avec le raisonnement "nous savons ce qui est bon pour vous, nous nous en occupons".

Donne un poisson...

Le problème est comme dans tout... occupez-vous du quartier et donnez des moyens aux gens. Tout le monde connait cette phrase : "Donne un poisson à un homme, il mangera un jour. Apprends lui à pêcher, il mangera toute sa vie." Mais bon sang, on va "évangéliser" ce message en Afrique mais ne l'appliquons pas nous même! Il faut avoir confiance en l'homme! Je sais, ce n'est pas toujours facile mais c'est le seul choix valable qui nous reste. Nous voyons bien que laisser l'Etat s'ingérer partout ne fonctionne pas.

L'Etat interventionniste ne permet pas à un pays de se développer. Regardons la Wallonie des 60's à nos jours... Comparons avec les pays qui ont diminué leur niveau d'interventionnisme, d'assistanat pour responsabiliser tout un chacun. Quelle différence! Et ce constat marco-économique s'applique bien sur aussi au microcosme d'un quartier. Il faut intervenir pour aider les gens à démarer, les responsabiliser et leur donner le moyen de leur ambition légitime.

Gentrification...et export des pauvres

Ici, l'interventionisme étatique cause la "gentrification" du quartier (après la Bruxellisation, nous inventons donc un autre néologisme en Belgique). Gentrification: (de gentry, petite noblesse en anglais), ou "embourgeoisement", est le processus par lequel le profil économique et social des habitants d'un quartier se transforme au profit d'une couche sociale supérieure.

La gentrification commence lorsque des gens relativement aisés (re)découvrent un quartier offrant et décident d'y migrer. L'embourgeoisement se traduit par la rénovation des bâtiments et l'accroissement des valeurs immobilières.
L'embourgeoisement se traduit aussi par une pression plus forte des nouveaux habitants sur les pouvoirs publics, pour qu'ils améliorent le quartier.
Les pauvres ne peuvent plus suivre en terme de loyer et doivent chercher ailleurs, dans des zones moins chères, donc offrant moins d'avantages (zones excentrées ou mal desservies par les réseaux) et plus d'inconvénients (bruit, pollution, crime, climat...).

Reste cette question à laquelle je ne peux répondre : gentrification, effet pervers de la rénovation urbaine ou, plus cruellement, objectif d'une commune pour ramener des richesses et donc des revenus taxables pour la communes?

Gérer le changement.

Considérons, peut être naïvement, du fait que le la gentrification est un effet pervers de la rénovation urbaine et non un objectif en soi.

Le bouleversement soudain du quartier est mauvais. Au niveau macro, comparez le passage Russe à l'économie de marché qui a été violent et dont nous voyons toutes les dérives, à la transition lente et efficace de certains pays asiatiques.

Le changement est bon, indispensable même mais il doit être pensé, phasé, maîtrisé. Développer le quartier sans en chasser les habitants est possible. L'évolution du quartier peut être faite avec les habitants, de nouveaux habitants peuvent aussi arriver mais la mixité peut être garantie si on permet au gens du quartier d'avoir les moyens de s'aligner. Bien sur, ça prend du temps, peut être une génération. Disons 10-15 ans, le temps que les premiers jeunes aient eu accès à de bonnes formations, et donc à de bons emplois. Quoique, des mesures immédiates peuvent aussi être prises. Disons qu'en10-15 ans on peut confirmer la tendance et ancrer de nouveau les gens dans leur lieu habituel de vie.

On peut imaginer que la mixité du quartier impose aux entreprises d'engager et même de former des habitants. En leur donnant accès à l'emploi, et donc au salaire. En contrepartie, l'Etat facilite la vie de l'entreprise, diminue la charge fiscale & sociale de l'emploi créé, permet de déduire la formation à 130% etc...

Evidemment, ça demande de tenir compte de l'avis des entreprises, de former des gens, de communiquer et donc de mettre sa pensée "totalitariste" en péril. Pourtant, je pense que ce pari est gagnant.

mardi 12 février 2008

L'avis de la Consultante en Environnement

Une de mes connaissances est Consultante en Environnement et me fait parvenir la réaction suivante:

Je viens de parcourir ton constat sur les éoliennes.
Dommage que tu ne parles que de la situation française, mais bon, d'un pays à l'autre, l'essentiel reste valable.

D'un point de vue biologique, et comme il est cité dans l'article, l'éolienne repose sur un énorme bloc de béton qui empêche toute vie souterraine (vers et autres animaux détritivores).

Et contrairement à ce qu'on laisse penser, il y a bien un problème pour les oiseaux migrateurs qui sont perturbés par les tourbillons d'air. Notons aussi que pratiquement personne ne s'est posé la question du LCA (life cycle analysis) de l'éolienne et du fameux bloc de béton.

Pour construire tout cet édifice, de l'électricité produite par le nucléaire a été utilisé.
Pour faire fonctionner cette éolienne ... et bien il faut de l'électricité encore d'origine nucléaire ou de TGV!!! Aberration, non? La réorientation des pales ou de l’axe de rotation et l’arrêt du moteur sont commandés par de l’électricité.

Puis, il ne faut pas trop de vent et pas trop peu non plus. Mais, il faut que l’éolienne culmine à plus de 80 m de haut pour bénéficier du vent plus fort et régulier. Et il faut encore signaler les dites éoliennes aux transports aériens par une lampe rouge ... tiens, tiens, il lui faut aussi de l'électricité ... nucléaire à celle-là.

Ah, et d’un point de vue paysager, outre que personnellement je les trouve laides et qu’elles n’ont rien à faire dans le paysage naturel, pourquoi construit-on ce genre d’édifice quand on est à l’heure de l’enfouissement des lignes HT permettant la disparition des pylônes électriques ?

Mais, mesdames et messieurs, c'est de l'énergie verte que vous voyez là!

L'éolien, c'est l'atout politique pour se donner bonne conscience et pour le peuple qui ne se pose pas de question, soit 99% de la population ... Dans le même ordre d'idée, la Belgique veut stopper la production d'électricité nucléaire, en favorisant l’énergie verte.

Seul problème, c'est que le relief de la Belgique ne dispose d'aucun grand fleuve permettant un barrage, l'éolien est limité par la répartition du territoire (voir PRAS et autre). Seul bémol, une « commission » va être créée dans les prochains jours afin de réfléchir avec tous les acteurs à l'implantation d'un parc éolien ... il est temps! Si cela peut éviter tout développement anarchique de parcs éolien… Bref, si a Belgique veut abandonner le nucléaire, elle devra se fournir en électricité ... en France... où l'électricité est produite par le nucléaire! Bref, j'adore tous ces gens qui prennent des décisions sans réfléchir et qui s'entoure d'"environnementalistes" peu qualifiés ...

samedi 9 février 2008

Eolien ... ou comment vendre du vent...

Aujourd'hui, je voulais partager avec vous quelques nuances sur le tout à l'éolien tel qu'on le connait en Belgique.
La France, dans une situation comparable (production essentiellement nucléaire) est en train de se doter de l'éolien... Certaines associations, dont de très écologistes, commencent à remettre ce choix en question. Un article du Figaro (Christophe Lepetit/ Le Figaro Magazine)


La France se couvre d'éoliennes. Des associations, des scientifiques, des écologistes s'interrogent. «Le Figaro Magazine» apporte de nouvelles pièces au dossier.

Pourquoi se construit-il tant d’éoliennes ?

On comptait, selon le Syndicat des énergies renouvelables (SER), 1 500 éoliennes pour une puissance de 2 700 mégawatts (MW) fin 2007, réparties dans 341 parcs éoliens en métropole ; 130 nouveaux parcs, représentant 450 éoliennes, ont été installés courant 2007. Les éoliennes devraient être 3 500 en 2010, pour une puissance de 7 300 MW, et plus de 8 000 en 2020 (dont 850 en mer) pour une puissance de 25 000 MW.

Selon ses partisans, le recours à l’éolien permet de diversifier nos ressources énergétiques, objectif louable avec la hausse du prix du pétrole et le fait que les combustibles traditionnels – gaz, pétrole, charbon – sont épuisables et polluants. L’éolien va dans le sens des accords de Kyoto, ratifiés par la France et l’Union européenne, qui prévoient une réduction de 8 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2008-2012 afin de lutter contre le réchauffement climatique.

Les éoliennes sont enfin le fer de lance des énergies propres pour atteindre une production de 21% d’électricité d’origine renouvelable à l’horizon 2010, objectif fixé par la loi d’orientation sur l’énergie du 13 juillet 2005. «Seul l’éolien peut nous permettre de parvenir à cet objectif, affirme Michel Lenthéric, chargé de mission à l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie). L’énergie hydraulique a atteint ses limites. Et les coûts de production de l’éolien sont moins élevés que ceux des panneaux photovoltaïques

Imposture Ecologique

Mais pour les nombreuses associations opposées aux éoliennes, dont la Fédération environnement durable ou Vent de colère sont les plus en pointe, elles sont une imposture écologique. Ces associations font valoir que la France est le pays d’Europe dont la production d’électricité provoque le moins de rejet de CO2 par habitant.

Notre électricité provient pour 76,85 % de l’énergie nucléaire, qui pose certes le problème de la gestion des déchets, de l’approvisionnement à terme en uranium, mais n’émet aucun gaz à effet de serre. Elle provient aussi de l’énergie hydraulique, ressource propre et renouvelable à hauteur de 11,6 %. La part de l’énergie thermique (gaz, charbon, pétrole) monte à 10 % et celle de l’éolien à 0,73 %.

« Nous n’avons pas besoin de l’éolien, soutient Christian Gerondeau parce que les énergies nucléaire et hydraulique répondent à nos besoins. Pour preuve, nous exportons 10 % de notre production d’électricité. Lors des périodes de grand froid, où la demande d’électricité est supérieure, nous faisons appel aux centrales thermiques, qui émettent des gaz à effet de serre. L’utilité d’une éolienne serait de s’y substituer à ces occasions. Or les périodes de grand froid sont des périodes anticycloniques où il arrive que le vent soit absent sur la totalité de notre territoire. »

Météo France confirme et nuance à la fois : lors de ces épisodes anticycloniques, le vent peut souffler dans certaines régions, notamment le Sud. Là où il fait le moins froid !

Participent-elles à la diminution du CO2?

Selon les chiffres avancés par France Energie éolienne, 25 % de l’électricité produite par ces ailes aériennes permettrait une réduction de 20 % des émissions de gaz à effet de serre. Le Réseau action climat, qui regroupe plusieurs ONG, a calculé de son côté que 5% des émissions de CO2 seraient évitées grâce à l’éolien.

«Pure propagande », rétorquent les associations. « Dix mille éoliennes produisant 25 000 MW ne peut que réduire de 0,5 % les émissions françaises de CO2, soutient Jean-Louis Butré, président de la Fédération environnement durable. Pire encore, en développant les éoliennes, on multiplie le recours aux centrales thermiques. »

Selon la Commission de régulation de l’énergie, l’éolien ne contribue que de façon marginale à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, simplement parce qu’il s’agit d’une production intermittente, qui ne peut être stockée et qui doit être relayée par d’autres sources d’énergie.
« Les éoliennes ne tournent que de 20 à 25% du temps, car elles ne fonctionnent pas lorsque le vent est trop faible ou trop fort ! explique Jean-Marc Jancovici, ingénieur conseil. Nous sommes donc contraints de disposer en renfort de centrales thermiques ou hydrauliques, qui sont les seules à avoir une souplesse de mise en marche permettant de compenser instantanément les variations de la production éolienne. »

L’Allemagne, pays leader de l’énergie éolienne et qui entend renoncer à l’énergie nucléaire, vient de donner son feu vert à la construction de plus d’une vingtaine de centrales thermiques à charbon. Retour fumeux vers le XIXe siècle !

Sans parler du Danemark, champion de l’éolien et l’un des plus fort émetteurs de CO2 par habitant. En France, plusieurs projets de centrales thermiques sont à l’étude : sur le port du Havre, à Beaucaire, dans le Gard, à Saint-Brieuc en Bretagne, à Bastelicaccia en Corse-du-Sud, à Lucenay-lès-Aix dans la Nièvre... L’envers du décor n’est pas si vert...

Combien coûte l’électricité produite par les éoliennes ?

L’arrêté ministériel du 10 juillet 2006 impose à EDF un tarif de rachat de l’électricité produite par les éoliennes de 8,2 centimes d’euro par kilowattheure (KWh), soit 82,8 euros par mégawattheure (MWh), et ce pendant dix ans. Le tarif varie ensuite de 8,2 à 2,8 centimes d’euro le kilowattheure les cinq années suivantes, en fonction des rendements.

Plus ils sont faibles, plus le tarif de rachat est élevé. Autrement dit, moins elles produisent, plus elles rapportent ! Les promoteurs sont assurés d’un retour sur investissement même dans les sites les plus mal choisis. Cela ne peut que les inciter à implanter des parcs dans des sites peu venteux, mais aussi encourager certains d’entre eux à limiter leur production dans les sites venteux.

Pendant ce temps, la note s’alourdit pour la collectivité. Car ces prix sont bien au-delà des prix du marché de l’électricité, qui fluctuent quotidiennement entre 4 et 5,5 centimes le kilowattheure (40 et 55 euros le mégawattheure).

A titre de comparaison, le prix de revient d’un mégawattheure d’origine thermique varie entre 30 et 45 euros et celui d’un mégawattheure d’origine nucléaire descend à 26 euros, selon le Journal officiel du 27 juillet 2006. Si ce tarif, supérieur au prix du marché, est une véritable aubaine pour les promoteurs, il pèse sur la facture d’électricité du consommateur. C’est lui qui paie les surcoûts liés aux obligations d’achat d’électricité des énergies renouvelables sous la forme d’une « contribution aux charges de service public d’électricité (CSPE) », mentionnée sur la note d’électricité et qui se monte à 0,53 euro TTC par kilowattheure.

Plus EDF achètera d’électricité provenant de l’éolien, plus cette contribution augmentera. Depuis le 13 juillet 2007, pour bénéficier du tarif de rachat d’EDF, les éoliennes doivent être construites sur une « zone de développement de l’éolien » (ZDE). Mais toutes les demandes de permis déposées avant cette date ont droit au tarif de rachat d’EDF quel que soit l’endroit où les éoliennes se trouvent. Il y a fort à parier que les dépôts de permis de construire remis avant la date fatidique se sont envolés. Leur nombre exact n’a pas encore été éventé...

A qui profite l’argent des éoliennes ?

D’abord, selon les différents vocables, à leurs promoteurs, développeurs, opérateurs. Avec un tarif de rachat d’électricité de 82 euros le mégawattheure, chaque éolienne de 2 MW garantit à son promoteur 360 000 euros de revenu annuel pour un temps de fonctionnement moyen annuel de 2 200 heures.

Une opération rentable.

Le coût de l’éolienne installée se situe, selon France Energie éolienne, entre 1 million et 1,3 million d’euros. Soit un amortissement entre trois et cinq ans maximum. Pas étonnant qu’elles aient le vent en poupe.
On comprend mieux dès lors le mistral de spéculations que fait souffler cette source d’énergie. Le vent vaut de l’or. C’est ainsi que le groupe Suez a acheté 50,1 % des parts de la Compagnie du vent, spécialisée dans la promotion d’éoliennes, pour un montant de 321 millions d’euros. Or, le chiffre d’affaires de la Compagnie du vent se limite à 11 millions d’euros. Mais elle serait « riche » de signatures d’élus pour des permis de construire permettant la production de 2 000 MW.

« Ce qui valorise chaque mégawattheure à plus de 300 000 euros, poursuit Christian Gerondeau. Avec 6 à 10 éoliennes et une puissance de 12 à 30 MW, la valeur de chaque signature obtenue varie de plus de 3 millions d’euros à près de 10 millions. Le tout sans le moindre risque. » La manne profite aussi aux fabricants (essentiellement allemands, danois, espagnols). Les grands groupes ne s’y trompent pas et investissent en masse.
Quelques exemples : Areva a acheté 51 % de la société Multibrid, un concepteur et fabricant d’éoliennes basé en Allemagne et spécialisé dans les turbines offshore de grande puissance, valorisant l’entreprise à 150 millions d’euros. De son côté, Alstom a pris le contrôle d’Ecotècnia, une entreprise espagnole qui fabrique et commercialise des éoliennes, pour un montant de 350 millions d’euros.

L’argent s’envole, avec quelques retombées – bien plus modestes – pour les propriétaires des terrains et pour les communes. Les premiers se voient attribuer un loyer de 1 000 à 2 500 euros par an et par éolienne. Les secondes perçoivent annuellement, par le biais de la taxe professionnelle, 500 à 700 euros par an et par mégawatt, après une période de déduction fiscale au bénéfice du développeur. On compte aussi quelques retombées pour l’emploi : 5 000 ont été créés, selon le Syndicat des énergies renouvelables, via les bureaux d’études, le travail d’installation et de maintenance des parcs.

Mais rien pour les riverains, qui se plaignent d’une dépréciation de leur bien immobilier. Aucune étude n’ayant été effectuée, Notaires de France ne peut confirmer cette donnée. Un signe éloquent toutefois : le groupe d’assurances MMA propose un contrat « garantie revente » qui couvre la perte de valeur de revente des propriétés, notamment en cas d’implantation d’éoliennes à proximité...

Comment se monte un projet ?

Une petite brise suffit. Le grand reproche des associations, c’est le manque de transparence dans la création des sites éoliens. « Dans la majorité des cas, les projets sont montés à l’insu des habitants, affirme Jean-Louis Butré. Des promoteurs démarchent des agriculteurs et leur font signer des promesses de bail en faisant miroiter un revenu supplémentaire. Puis ils persuadent les élus avec deux arguments : la taxe professionnelle et l’action citoyenne pour lutter contre le réchauffement climatique. Dans les faits, on constate que nombre d’éoliennes sont situées sur un terrain appartenant aux élus des communes. »

Un diagnostic à peine nuancé par Jean-Yves Grandidier. « Nous essayons d’obtenir une délibération du conseil municipal pour une étude d’implantation, tout en s’assurant la disposition du foncier par la signature de promesses de bail. Les études coûtent cher. » Celles-ci sont à la charge du promoteur qui choisit le bureau d’études. Elles intègrent une enquête sur l’impact des éoliennes sur les oiseaux et une étude sur le bruit.

De fortes nuisances ne rendent pas pour autant le projet caduc. Le promoteur peut modifier l’implantation des éoliennes ou proposer, dans son dossier, des mesures compensatoires : contrat d’agriculture durable, aides pour l’achat de friches, proposition d’équipements tels que des visualisateurs de ligne à haute tension pour les oiseaux... Du vent et des verroteries, selon les associations.

L’étude d’impact est jointe à la demande de permis de construire déposée dans la commune, qui la transmet dans les quinze jours à la Direction départementale de l’équipement (DDE). Celle-ci examine la légalité du dossier, puis le communique à tous les services de l’Etat concernés (Diren, Drire, Direction de l’aviation civile, Service départemental de l’architecture et des paysages, etc.). Tous émettent un avis – favorable ou défavorable –, qui reste uniquement consultatif. Une majorité d’avis négatifs n’empêche pas l’obtention du permis ! Le dossier est ensuite transmis à la préfecture, qui lance une enquête publique. Puis le tribunal administratif nomme un commissaire-enquêteur, souvent un retraité de l’administration... des gendarmes, des douaniers... pas forcément spécialisés...

L’enquêteur rencontre les élus des communes et organise des permanences à jours fixes. Théoriquement, toute personne qui le souhaite peut consulter le dossier et déposer son avis sur un registre. Elle doit faire vite, le vent presse, l’enquête ne dure qu’un mois. Puis le commissaire-enquêteur remet, avec avis, son rapport au préfet qui accorde ou non le permis de construire. Missionnaire de l’Etat, le préfet se trouve souvent en position délicate. Entre le marteau et l’enclume, sa décision est, selon le cas, contestée au tribunal administratif, soit par les associations, soit par le promoteur. Le recours n’arrête pas le processus, mais, dans la pratique, le projet peut être suspendu jusqu’au jugement.

En 2004, 33 % des permis accordés ont fait l’objet d’un recours et 27 % en 2005.Depuis juillet 2007, les ZDE sont initiées par les communes ou les communautés de communes. Elles définissent un périmètre apte à recevoir des éoliennes répondant à trois critères : un potentiel éolien (donc, théoriquement, du vent), une possibilité de raccordement au réseau et la prise en considération des paysages et des monuments. Pour Henri de Lepinet, président de l’Union Rempart, qui regroupe des associations de sauvegarde du patrimoine, « le risque aujourd’hui est de voir proliférer une profusion de ZDE sur l’ensemble du territoire de façon à multiplier les possibilités d’installer des éoliennes. » Peut-être n’a-t-il pas tort. Des éoliennes sur un seul village, et la manne que représente la taxe professionnelle bénéficie dans ce cas à toute la communauté de communes.

Les éoliennes détruisent-elles le paysage ?

Un sondage ELP/SER/France Energie éolienne réalisé en septembre 2007 montre que 90 % des Français sont favorables à leur développement. Pour beaucoup, les éoliennes ont bonne image et belle allure. Certains considèrent qu’elles participent à l’organisation du paysage, tout comme, en leurs temps, les aqueducs, les viaducs, les moulins à vent, les voies routières...

Mais pour ceux qui sont au pied du pylône, elles sont d’abord des machines posées sur un socle de plus de 1 000 tonnes de béton, pouvant atteindre 150 mètres de haut, qui massacrent leur environnement proche, leur portent ombrage et font du bruit. A titre de comparaison, les plus grands pylônes électriques culminent à 48 mètres de hauteur. « Si une éolienne n’est pas inesthétique, sa multiplication devient catastrophique pour les paysages », affirme Paule Albrecht, présidente de la Société pour la protection des paysages et de l’esthétique de la France.

Même discours tenu par Didier Wirth, président du Comité des parcs et jardins de France : « L’éolien n’a aucun intérêt, ni économique, ni énergétique, ni écologique. Alors, pourquoi sacrifier le patrimoine paysager de la France ? »

L’Académie des beaux-arts apporte son soutien dans un livre blanc sur les éoliennes. Elle dénonce leurs dimensions excessives et leur manque d’harmonie avec le paysage.

« D’autant que les parcs sont dispersés et que les promoteurs n’hésitent pas à les installer dans des zones protégées : parcs nationaux, régionaux, zones Natura 2000... ou à proximité de magnifiques monuments, constate Philippe Toussaint, président de Vieilles maisons françaises. On oublie que les éoliennes de 150 mètres de haut sont visibles à 10 kilomètres à la ronde. »

Les exemples malheureux sont monnaie courante. C’est pourquoi la Réunion des associations nationales de sauvegarde du patrimoine bâti et paysager, surnommé le « G8 du patrimoine et de l’environnement », demande à ce qu’on applique aux éoliennes la réglementation des installations industrielles, que l’on impose une distance de 10 kilomètres par rapport aux sites classés et inscrits, en excluant toute éolienne des lieux protégés.

Actuellement, en l’absence de cadre réglementaire, tous les débordements sont permis. Seule reste la concertation au moment de l’enquête publique et... la bonne volonté du promoteur. « S’il y a un impact, il est réversible, assure Jean-Yves Grandidier. Les contrats sont limités à quinze ans, et la durée de vie d’une éolienne est de vingt ans. La loi du 3 janvier 2003 impose aux constructeurs de parcs éoliens de déposer une caution bancaire pour garantir le démontage des installations. » Sauf qu’à ce jour, cette règle n’est que du vent. Aucun décret d’application n’est venu l’encadrer.

Sont-elles bruyantes et dangereuses ?

«Vivre près d’une éolienne, c’est subir le bruit d’une centrifugeuse », raconte Auguste Dupont, habitant de Sortosville dont le logement est situé à 320 mètres d’une éolienne. « Avec les vibrations des pales, poursuit-il, ma maison construite sur une dalle de ciment se fissure. »

Le ronronnement du frottement des pales se mêle aux grincements provenant des engrenages de l’appareil. Le bruit n’est pas permanent, mais son intensité et sa portée varient en fonction de la vitesse et de l’orientation du vent, et de la topographie des lieux. « Des études sont réalisées par les opérateurs. Et la règlementation impose que le bruit ne dépasse pas 3 décibels la nuit et 5 décibels le jour, explique Jean-Louis Bal, directeur des énergies renouvelables à l’Ademe. Des progrès sont réalisés et les dernières générations d’éoliennes sont moins bruyantes. »

Le problème est réel, au point que l’Académie de médecine a pris position. Elle recommande d’installer les éoliennes d’une puissance supérieure à 2,5 MW à plus de 1 500 mètres des habitations, en rappelant qu’à des intensités modérées, le bruit peut perturber le sommeil, entraîner des réactions de stress et se répercuter sur l’état général. Au-delà du bruit et des paysages, les parcs éoliens perturbent l’activité des radars et en particulier des radars météorologiques qui permettent de détecter les vitesses des vents et de prévoir des événements climatiques tels que les tempêtes, les tornades... Un comble ! Mais, comme dit le proverbe, qui sème le vent...

lundi 4 février 2008

La qualité des journalistes "économiques"...

Partons d'un cas particulier:

Petit extrait de dépêche :
(Belga) Les contrôles internes à la Société Générale "n'ont pas fonctionné", a déclaré lundi la ministre française de l'Economie, Christine Lagarde. Celle-ci a remis un rapport officiel sur une fraude de près de 5 milliards, imputée par la banque française au trader Jérôme Kerviel.
© BELGA

Décidemment, les gens vont penser que ce garçon a gentiment piqué 5 milliards d'euro dans la caisse alors que ce n'est pas le cas.

Ré-expliquons la chose à ce journaliste:
- la "fraude" porte sur un dépassement des montants autorisés en prise de positions
- ce montant n'est pas de 5 milliards d'euro mais de 50 milliards d'euro
- les 5 milliards, ce sont les pertes générées par la liquidation précipitée des positions.
- je prie le journaliste de prendre acte qu'au 31 décembre, les positions en question apportaient un bénéfice de 1,45 milliard d'euro à la Société Générale...

Bref... la liquidation le pire jour de l'année boursière est quand même tombée à point nommé pour expliquer des pertes abyssales n'en déplaise à certain.
Au passage, il n'est nulle raison non plus de faire du trader une victime, un martyre ou un héros d'une cause quelconque... Il est juste un bouc émissaire épinglé pour des actions qui se passent, semble-t-il, régulièrement dans les salles de marché.

Ce qui me choque c'est l'imprécision du contenu juste digne d'alimenter les propos relevés dans le café du commerce...

Journaliste économique et journaliste

En réalité, je constate qu'entre ce que je lis dans la presse économique et ce qui se trouve dans la presse généraliste ou aux JT, il y a comme un monde...

Quand on décide que c'est la bourse qui fait la pluie ou le beau temps de l'économie, on donne un très mauvais signal... car cette traduction simpliste finira par devenir moeurs, et il est très préjudiciable que l'économie, pour libérale qu'elle soit, ne dépende que des spéculateurs court termistes. L'économie se passe dans la durée et non par des effets d'annonces. A ce sujet, lire la presse économique nous montre que nous avons une économie saine comparée aux USA par exemple...

Economiste et paysan

Il est, me semble-t-il, de tradition européenne de se plaindre en permanence en économie. Les journalistes économiques ne se rendent pas compte de leur pouvoir d'influence. Et ils continuent à se comporter comme des paysans : 'il y a trop de soleil', 'il pleut pas assez', il pleut trop', 'pas assez sec'... bref, toujours un motif pour se plaindre.
Il me semble pourtant évident que relancer la croissance et la confiance des ménages ne passe pas par la 'démolition' médiatique systématique de l'économie de marché.

Ainsi, si vous demandez au quidam lambda dans la rue quelle est l'économie la plus forte, quelle partie du monde à le plus d'entreprise dans le top 10 mondial etc, il y a de fortes, très fortes chances pour qu'il vous réponde : "aux Etats Unis"... Faux... archi faux... c'est en Europe. Mais pourquoi diable ne pas le souligner?
Pourquoi diable ne pas être fier de notre modèle européen? Une croissance plus lente et plus faible certes mais aussi plus solide, sur des bases plus saines.
Cela est souligné par la presse économique mais pourquoi diable cela ne fait-il pas l'ouverture du JT?
Quand les Etats-Unis publient leur chiffre de croissance c'est sur toutes les chaînes, on se félicite, se congratule et les ménages n'ont pas peur de dépenser!

La force des mots

Aujourd'hui, j'entends beaucoup parler de "récession" voire de "crise"... mais... où en sont les signes? Un ralentissement certes, et encore pour des causes exogènes et par un effet de contamination. Le pire est que cette crise est financière bien avant d'être économique!

Mais à force de se servir des indices boursiers comme indicateurs de l'état de l'union, fatalement, on ne voit que les signaux négatifs. Enfin, regardons les chiffres objectivement! PIB, chômage, etc... les indicateurs ne sont pas mauvais. C'est vrai, on reste en croissance molle et les gouvernements, la commission, la BCE pourraient agir s'ils le voulaient vraiment mais nous ne sommes surement pas en récession ou en début de récession!

Par contre, à force de faire peur aux gens, ils vont augmenter leur taux d'épargne, diminuer leurs dépenses (à la limite, en Belgique, on s'en moque, nous sommes moins liés à la consommation des ménages) et par effet de contagions ralentir l'économie un peu plus.

Et si on parlait du train à l'heure?

Messieurs les journalistes, vous avez un rôle essentiel dans notre société, celui d'informer, d'éduquer les masses en quelque sorte. Je pense que vous ignorez le pouvoir que vous avez...
Oui, la relance économique passe aussi par une médiatisation appropriée. On dit souvent qu'on ne parle pas des trains qui arrivent à l'heure... Etonnant, ça devrait pourtant faire vos grands titres car parait-il ils sont nettement plus rare que les trains en retard...