vendredi 22 juin 2007

De l'inversion des cycles de gestion ou pourquoi devons nous réformer?

Je ne sais pas si je vous l'avais dit mais ma formation de base est celle d'économiste… Ce qui me fait observer le vie politique et économique Belge d'un regard assez critique. On pourrait s'attendre à ce que nos éminences soient des personnes compétentes, pleine de bon sens et ayant un certain niveau d'éducation. Force m'est de constater à l'aulne de mon maigre savoir qu'il n'en est rien. Pourtant, en économie, bizarrement, tout est assez simple. Enfin, je trouve personnellement. La plus difficile chose est de modéliser ce que l'on sent parfois intuitivement, de le démontrer etc… Mais, venons en au fait de ce que j'appelle "l'inversion des cycles de bonne gestion".

Ma démonstration vous paraîtra peut-être simpliste... mais cela ne vaut-il pas la peine d'essayer?

Idées simples, non révolutionnaires, démontrée par Keynes et ses successeurs, mais allons au fait…

Des idées simples…

On peut souvent, en économie, ramener le macro à une approche simplifiée, micro… ici, centrons-nous sur l'individu… De manière amusante, le sens commun et l'intuition du commun des mortels dira :
  • Quand tu as 1 Euro, n'en dépense pas 2
  • Quand tu es en période faste, économise pour les périodes de vaches maigres
  • Quand vient la disette, relance-toi grâce à tes économies qui t'aideront à passer la crise.

Simple n'est-ce pas? Ne sont-ce pas là les principes d'une gestion saine et en bon père de famille? Ces idées simples trouvent leur juste pendant au niveau de la gestion de l'Etat

Que nous racontent ces préceptes que vos parents ou grands-parents vous ont sûrement serinés au temps de votre jeunesse et des premiers "dimanches" (argent de poche) traduits au niveau de l'Etat? Qu'en période de haute conjoncture, il serait bon que l'Etat :

  • Augmente l'impôt
  • Diminue la redistribution
  • Thésaurise les moyens

Ceci se fait d'ailleurs de manière automatique : comme on est en haute conjoncture, les revenus moyens augmentent et les citoyens tombent dans une tranche d'impôts plus élevée. De même, les dépenses de re-distributions des richesses sont plus limitées de par le fait qu'il y a moins de gens au chômage, des gens avec plus de moyens, moins stressés et en meilleure santé (si si… au plus une société est riche, au moins les gens sont malades…).

Cette augmentation d'impôts a aussi ceci d'intéressant qu'elle limite l'envolée des prix, c'est à dire l'inflation. Hors, je fais un petit détour, nous savons que depuis le traité de Maastricht et la création de l'Union Européenne que le taux d'inflation ne peut plus dépasser 2%. Ce qui prive les Etats d'une arme de relance économique et marque la condamnation de la planche à billet. En effet, celle-ci est désormais aux mains de la Banque Centrale Européenne.

D'où, cette augmentation d'impôts permet non seulement d'emmagasiner pour les périodes plus difficiles mais aussi de respecter les critères strictes d'un traité international.

L'autre dérivé de nos préceptes de saine gestion est qu'on attend dès lors de l'Etat, en période de récession, puis crise qu'il :

  • Diminue l'impôt
  • Augmente la redistribution de cette épargne collective
  • Active et lance de grands chantiers.

Impeccable, si l'augmentation d'impôt en période de faste était insensible pour les citoyens (ils ont plus de revenus malgré tout), une baisse de l'impôt en période de crise a plusieurs vertus intéressantes :

  • Elle allège le sentiment de difficulté des gens, hors on sait combien le moral joue sur les intentions d'achats et la consommation
  • Elle aide à passer une période difficile
  • Elle maintient la consommation, moteur de l'économie et peut la faire redémarrer!

L'épargne ayant été collective, il est normal qu'elle bénéficie à tout le monde. Nul besoin cependant de changer les critères d'octroi. En effet, le nombre d'allocataires sociaux augmentera de lui-même.

Mais comme il y a eu épargne, il n'y a pas besoin ni de s'endetter ni de ponctionner plus les actifs! Cette ponction des actifs étant catastrophique par ailleurs :

  • diminution du revenu net,
  • diminution de la consommation,
  • sentiment de "cochon payeur qui paie pour tout le monde",
  • moins d'actifs est aussi égal à moins de revenus taxables : il faut donc maintenir les actifs dans leur emplois à ce moment là, et utiliser l'épargne qui a été faite!

La politique de grands travaux (entendons-nous, je ne vise pas ici spécialement des travaux d'infrastructure ou du secteur secondaire, voire primaire. On peut très bien financer de "grandes manœuvres" dans le secteur des Services!!!) a ceci d'intéressant qu'elle va générer des revenus taxables!

De même, elle va augmenter la demande, donc le besoin d'offre. Cette augmentation de l'offre, il faut que des ressources puissent la produire : donc diminution du taux de chômage. Enfin, qui dit moins de chômeurs dit aussi moins d'allocations à charge de l'Etat. Plus de travailleurs, engendre plus de revenus, engendre plus de consommations et nous voilà dans un cercle vertueux…

Changements et adaptations

Cette politique doit aussi être bien ordonnée, être rigoureuse : on n'investit pas dans le passé!

Je veux dire par là qu'il ne faut pas investir pour maintenir un outil dépassé! Tôt ou tard, cet investissement est perdu, une entreprise qui est dépassée n'ira pas mieux juste en lui commandant des tonnes de matériel! Il faut y mettre de l'argent, soit, mais cet argent doit être utilisé non à maintenir l'outil mais à le reconvertir. Sinon ce ne serait que soins palliatifs menant de toute manière inexorablement à la mort du patient...

L'entreprise et ses travailleurs peuvent vivre pour autant qu'elle se réforme, qu'elle entre dans un marché de niche, adapte son offre à la demande et aux conditions du marché. Enfin, il faut qu'elle FORME ses travailleurs, qu'elle les qualifie à ses nouveaux outils et à ses nouvelles méthodes!

Plusieurs avantages à cela :

  • investissements gagnants et rentables sur le long terme,
  • sauvegarde de l'entreprise et des emplois,
  • les travailleurs acquièrent de nouvelles qualifications qui peuvent leur servir en cas de coup dur! Ils retrouveront d'autant plus vite un emploi!

Il est nécessaire et inévitable aujourd'hui d'agir en respectant ce cycle! En effet, encore une fois les traites européens stipulent qu'un Etat ne peut avoir un budget en déficit de plus de 3%. Ce qui réduit d'autant la marge de manœuvre de pays imprévoyants au moment des crises. Ils ne peuvent relancer l'économie par une politique de dépenses généreuses! D'où l'intérêt du bas de laine servant à financer la remise en route de la machine.

Mais dans les faits…

Les faits, non, les actes vont à l'encontre de la théorie, comme si nos gouvernants n'avaient cure des modèles et des réflexions des intellectuels. Ainsi, nous avons observé qu'au plus fort des crises, les gouvernements belges se sont toujours lancés dans des politiques de grands travaux, ont du les financer d'une part en endettant plusieurs générations à venir (il n'y avait pas de bas de laine!), d'autre part en pressurant encore plus la population (tant active que non-active! Demandez aux pensionnés!) par la mise en place d'impôts supplémentaires (qui ne se souvient pas de la CSG, de l'impôt de crise et autre fioritures fiscales?).

En périodes de hautes conjonctures, nous avons tous accueilli, à tort, comme une bonne nouvelle, la réforme fiscale! On redistribue à tout va, on lance de grands chantiers sociaux, manière de dire une fois de plus au gens : "Ne vous souciez de rien, quoiqu'il arrive, l'Etat y pourvoira!".

Grave erreur que cette politique d'assistanat! De même, au plus fort des crises, nos gouvernements ont financé des entreprises sans leur demander de se réformer, de s'adapter à la demande, de former leurs travailleurs.

Nous avons ainsi investi à fond perdu, laissé les ouvriers dans un état de sous-qualification, perdu des niches et de la compétitivité au niveau mondial. Tout cela, pour qu'au final, l'entreprise inadaptée au monde d'aujourd'hui et de demain coule corps et âmes envoyant de nombreuses personnes et leur famille rejoindre la longue file des assistés!

On peut d'ailleurs se poser la question de ses politiques dont les visées électorales sont transparentes!

Je voulais vous dire…

Je ne défends pas le libéralisme à tout va. Je n'entends que trop dire certains libéraux : Adam Smith, l'offre et la demande, la main invisible…

Non, non et non. Adam Smith, c'est le XVIIIème siècle! Keynes (années 30 et 40)et ses successeurs (jusqu'en 94 avec Stiglitz, prix Nobel d'économie et en 2000, démonstration de l'imperfection des marchés) ont démontré combien Smith avait juste dans un monde parfait (vous savez "toute autre chose étant égale par ailleurs...).

Mais il ne l'est pas! Ils ont aussi démontré qu'en l'absence de cette perfection des marchés, le rôle de "la main invisible" devait être assumée par l'Etat.

Cet Etat qui nous rassemble, qui nous représente… Ces ministres qui sont sensés être des gens qualifiés, compétents. On tente même de nous faire croire qu'ils sont compétents en tout! En effet, on commence aux Affaires Sociales pour terminer aux Affaires Etrangères en passant par les cases Enseignement, Santé, Intérieurs et autres cabinets. Car il s'agit bien de cela in fine : c'est l'Etat qui décide de la manière de gérer l'argent qu'on lui donne, fruit de notre travail!

Et qu'en fait-il? Il le distribue à tout va, ayant des politiques toujours plus généreuses, voulant offrir le tout gratuit à tout le monde. En l'état, nous courrons à la faillite! Ici, il faut différencier : ici, l'Etat, ce n'est plus nous. Ici, la faillite ne touche pas l'Etat mais les individus. L'Etat n'est jamais en faillite tant que vous avez de l'argent. L'Etat finance les politiques en vous ponctionnant, généralement d'ailleurs au pire moment. Si vous ne savez plus payer… vous êtes en faillite! Et vous irez par là aussi rejoindre les files de gens qui attendent de l'aide de l'Etat! Aide par ailleurs légitime vu que vous l'avez financée! Hélas, les caisses sont vides, et comme il y a de moins en moins de travailleurs, il n'y a plus personne pour payer… Le droit que vous aviez disparaît avec l'argent des caisses…

Il faut réformer!

J'ai eu cette envie particulière de refuser mon droit au chômage (je suis indépendant), à la sécurité sociale, à ma pension légale. Je suis prêt à me retirer du jeu… en contrepartie, je demande que l'on cesse de me prendre l'argent que je gagne et qui est si mal géré par celui qui me le prend.

Je préfère gérer les aléas de la vie moi-même, avec des assurances privées en connaissant d'avance (là au moins, le contrat est clair et signé par les deux parties!!!) les limites de leur intervention! En épargnant moi-même pour ma pension. Ce que j'épargne, au moins, je sais que j'en disposerai le jour venu. Car je n'ai guère d'espoir d'un jour bénéficier d'une pension légale. Le système est déjà virtuellement en faillite! Cet appel à plus de libéralisme ne veut pas non plus dire : démerdez vous vous même! Tout comme il faut cesser l'assistanat à outrance tel que pratiqué dans nos sociétés.

Conserver un socle

Je n’appelle pas à l’abrogation pure et simple du système de solidarité. Il faut conserver un socle de solidarité pour palier aux accidents de la vie et aider les plus démunis à retrouver une source de revenu stable et décente.

De même, la ponction sur les revenus et capitaux doit être plafonnée et limitée (le bouclier fiscal dont on entend tant parler). Pour plusieurs raisons :

  • Les plus démunis ne participent pas à l’imposition, ils disposent d’une rente.
  • Les plus « munis » tentent et ont les moyens s’ils le désirent de ne pas participer aux systèmes de solidarité par le biais de montages fiscaux. C’est compréhensible, qui accepte encore d’être ponctionné à plus de 50% ?
  • Reste la classe moyenne qui dispose de revenu juste suffisant que pour ne bénéficier d’aucune aide (ou presque), qui n’a pas les moyens de mettre en place l’ingénierie fiscale pour emprunter la voie la moins imposable et qui doit financer tout le système. Système qui tends à vouloir toujours donner plus et nécessite donc de moyens toujours plus importants…
  • Il faut éviter les pièges à l’emploi et creuser un différentiel entre rente de la sécurité sociale et salaire poche. Mais en aucune façon n’accepter que les avantages d’un chômeur lui soit acquis pour deux ans après l’acceptation d’un emploi… Cette technique tendrait à créer deux classes de travailleurs. Pour un même emploi à salaire équivalent, il vaudrait alors mieux avoir été chômeur pour continuer à bénéficier de réduction dans les crêches, de tarifs sociaux préférentiels etc. Ce qui crée alors une inégalité flagrante et est un appel du pied à tout travailleur de se retrouver, fut-ce pour une temps, au chômage.

En résumé

Je pense que la démonstration que je viens de vous faire vous en convainc et suggère implicitement plusieurs choses :

Si l'aide accordée par l'Etat est un droit, elle repose aussi sur des devoirs : devoirs de financer cette réserve, devoir de tout un chacun à participer à cette politique.

Il faut respecter les cycles et les bonnes nouvelles ne sont jamais celles que l'on croit.

Pour tout cela, les droits accordés doivent être temporaires, ils sont là pour corriger des accidents et relancer la machine, ils ne sont pas là pour être un droit inconditionnel basé sur la rente à vie!

Nous devons conserver un socle de solidarité sans que celui-ci devienne un droit acquis permanent et extensible à l’infini.

Rien n'est gratuit, n'en déplaise à certains qui se font les chantres du "tout gratuit". La facture est toujours envoyée quelque part… généralement vers le citoyen.Si tel n'est pas le cas, alors ce sera effectivement chacun pour soi, le système part en faillite et il faudra quitter la sécu…

Il est donc temps pour nous de lancer de grandes réformes, d’oser un nouveau système, de retrouver des Hommes d’Etat (ceux qui pensent à la prochaine génération) et plus des politiciens (ceux qui pensent aux prochaines élections…)

lundi 18 juin 2007

"Wall-Martisation de la société" ou "Pourquoi limiter le phénomène Low-Cost"

A qui la faute?

Il ne passe pas une semaine sans que je lise dans l’un ou l’autre journal les hurlements, cris, pleurs et surprises suite à l’annonce de l’un ou l’autre délocalisation… J’ai juste envie de leur répondre: “Et alors? Ne l’avons nous pas cherchée? Ne l’avons-nous pas provoquée ? ».

Si un certain nombre de délocalisations répondent à des critères purement financiers, la grande majorité réponde à un besoin économique que nous, consommateurs, avons-nous même créé.

C’est le phénomène que j’ai appelé la « wall-martisation » de notre modèle économique et social. Ceci se reflète dans le phénomène « low-cost » que tout le monde adule… mais se devrait de rejeter pour les perspectives long terme qu’il nous offre. Ce phénomène devrait rester, non pas un « accident » dans l’histoire mais un outil qui sert le consommateur de manière ponctuelle ; en aucun cas il ne faut l’accepter comme modèle économique viable ou souhaitable sur le long terme.

En effet, nos demandes répétées pour des produits toujours plus accessibles et toujours moins chers, poussent les entreprises à mettre une pression presque intenable sur leurs fournisseurs locaux, puis à se fournir ailleurs pour autant que ce soit moins chers. Qu’importe alors la charge écologique ou sociale de la démarche, seul compte le prix que l’on peut offrir aux consommateurs. Conséquence logique, pour conserver un marché, on finit par délocaliser ou créer des emplois précaires.

Pourquoi ai-je appelé ce modèle « Wall-Martisation »…

Quand la société Wall Mart ouvre une de ses grandes surfaces dans une ville, grande est la joie des consommateurs locaux. Il serait d’ailleurs incohérent de ne pas les comprendre ! Un panier de la ménagère comportant de substantielles économies est toujours bon à prendre. Notre pouvoir d’achat s’en trouve augmenté. L’économie ainsi réalisée permet alors de se fournir des biens supplémentaires fournissant aux consommateurs l’agréable impression « d’être ». On remarquera au passage l’évolution de la notion d’être qui confine au paraître, l’importance de pouvoir consommer la même chose que son voisin, d’exister parce que l’on peut acheter…

De corollaire en corollaire

Le corollaire des bas prix de notre Wall Mart est qu’il doit rogner dans tous les coûts possibles et imaginables, érigeant le « low cost » en modèle suprême. Ainsi, il pressurera ses fournisseurs et comprimera les salaires.

Le deuxième corollaire de cette politique est qu’il se crée lui-même ainsi un nouveau marché et finit par devenir le fournisseur « exclusif » des consommateurs. Bien vu les salaires bas… le seul magasin où vous pourrez dès lors trouver de quoi consommer et vivre sera… votre Wall-Mart local…
Bien vus les bas prix… les commerces locaux finissent par fermer boutique… et les rares clients qui leur restaient sont drainer vers le Wall Mart local…

Quant aux anciens employés, au chômage ils ont le choix entre consommer Wall Mart et … bosser chez Wall Mart pour consommer Wall Mart…

Encore bien vu … les fournisseurs locaux ne peuvent plus fournir les (ex-) échoppes locales et en sont réduites à fournir… je sais, c’est lassant, Wall Mart… qui comprime les marges… met nue pression telle sur les fournisseurs que ceux-ci sont obligés de réduire leurs coûts, donc de licencier ou réduire les salaires… et la boucle est bouclée.

Wall-Mart fonctionne du tonnerre parce que le consommateur moyen veut toujours consommer plus pour toujours moins cher.

...et conséquences

Les conséquences à court terme peuvent effectivement être une augmentation temporaire du pouvoir d’achat.

A moyen terme, on passe à la dégradation locale des conditions sociales de la population…

A long terme, on obtient une clientèle captive et dépendante du système. Une diminution de l’offre locale, un risque toujours plus grand de délocalisation vers des pays à bas salaire. Le tout se parachevant par une mise en place d’un monopole de fait.

Evénement Ponctuel...

Au début de cet article, je vous avais signalé que, oui, ce phénomène n’est pas accident mais n’en doit pas moins rester ponctuel.

Ce n’est pas un accident car il répond à une déficience du marché : les entreprises en place finissent par maintenir artificiellement des prix plus élevés que ce qu’ils devraient être. Il s’agit là d’une sorte d’entente tacite sur les prix : tu ne m’agresses pas et je ne t’ennuie pas…

Il est donc normal que de nouveaux entrants ne participant pas à ce système, proche du cartel ou d’un oligopole, traquent les déficiences et profitent pour jouer sur les prix.

Court terme actionarial

De même, les "sauts technologiques" doivent permettre cette réduction de prix, ou la mise en place d'une politique d'innovation, les profits générés servant alors à financer l'évolution. Hélas, la politique "court-termiste" d'un certains nombre d'actionnaires les poussent souvent à se lancer dans le low cost pour générer rapidemment des revenus pour l'actionnaire (ici plutôt un spéculateur) plutôt que de voir la viabilité à long terme d'une entreprise... Certains actionnaires agissant aussi par effet de mode, le low-cost étant à la mode, le mélange est explosif!

Il doit rester ponctuel car, érigé en système permanent, il mène à une paupérisation, à un nivellement par le bas des salaires et conditions sociales et donc nuisent à la société en générale. Par contre, l’action ponctuelle permet de profiter des efficiences dégagées par les « best practices » et les nouvelles technologies.

Ce faisant on accroît la concurrence, on en fait bénéficier la population et cela pousse les sociétés ayant engrangés des bénéfices de « rentes » à se remettre en question, à ré-innover et à proposer de nouveaux produits, plus performants ou offrant de nouveaux services (désirés ou provoqués, peu importe).

Ne pas le rejeter mais savoir le contrôler

Il ne faut donc pas rejeter tout le phénomène low-cost mais tenter d’en limiter la portée à des biens où l’efficience peut être traquée et où les entreprises en place peuvent innover.

La chose à éviter à tout prix est que les entreprises en place soient aussi tentées par le low-cost, cela signifierait que l’innovation serait en panne, que le consommateur-salarié va devenir « victime » de la tendance et que l’ensemble de la société va être pénalisée car, inévitablement, il y aura délocallisation.

jeudi 7 juin 2007

Parabole de la réduction d'impôts

Pour tout ceux qui pensent encore aujourd'hui que les plus gros revenus devraient être encore plus taxés qu'ils ne le sont aujourd'hui... Pour tout ceux qui maintiennent que ce sont les catégories les plus riches qui ont le plus profité des réductions récentes d'impôts, voici une explication simplifiée et compréhensible par un enfant de cinq ans......

Dix compères dans un bar

Imaginons que, chaque jour, dix hommes de retrouvent pour aller boire une bière.

La note pour ces dix personnes revient à 100 €. Nos dix personnes sont inégalement riches et donc ils ont décidé qu'ils appliqueraient à la facture le même principe que celui qui prévaut à la taxation. Graduellement et par tranche ainsi que chacun participe selon ses moyens.

Ainsi, les quatres premiers, les plus pauvres, ne paient rien.
Le cinquième va payer 1 €
Le sixième paiera 3 €
Le septième, 7 €
Le huitième, 12 €
Le neuvième, 18 €
et notre dixième, le plus riche, paiera le solde, 59 €...

Et ainsi, les dix hommes se retrouvent qutodiennement dans le bar et le temps passe. Ils sont tous heureux de l'arrangement conclu le premier jour et tous les jours, la note de 100€ continue a être répartie entre eux de cette manière.

La réduction...

Un jour, le propriétaire du bar vient les voir:
"Vous êtes d'excellents et fidèles clients, je n'ai jamais eu à me plaindre de vous et je vous propose donc, pour vous en remercier, de réduire le prix de vos consommations. Au lieu d'avoir une note de 100 €, à l'avenir, vos boissons vous ne vous coûteront plus que 80 €".

Le groupe décida qu'il serait sain que tous bénéficient de la réduction offerte.

Ainsi, les quatre premiers n'en furent pas affectés et continuèrent à ne rien payer et à boire "pro-deo".

Mais... les six autres, ceux qui payaient pour tous? Comment donc allaient-ils répartir les 20 € de réductions de telle manière que chacun recevrait une part équitable?

Ils réalisèrent que 20€ divisés en 6 donnent 3,33€...
Mais, s'ils soustrayaient cette somme de ce que chacun payait, alors le cinquième et le sixième étaient payés pour venir boire leur verre avec les autres...

La barman leur suggéra de plutôt réduire les sommes que chacun payait par le même ratio que celui utilisé pour répartir la note globale.

Après avoir recalculé les montants de chacun cela donnait ceci:
Le cinquième, tout comme les quatre premiers ne paiera plus rien (réduction de 100%)
Le sixième paie maintenant 2€ au lieu de 3 (réduction de 33%)
Le septième paie 5€ au lieu de 7 (réduction de 28%)
Le huitième paie 9€ au lieu de 12 (réduction de 25%)
Le neuvième paie 14€ au lieu de 18 (réduction de 22%)
Le dixième enfin paie 49€ au lieu de 59 (réduction de 16%)

Les six compères s'en sortent donc tous mieux qu'avant et les 4 premiers continuent à boire gratuitement.

Quand on compare ce qui ne l'est pas...

Mais, une fois sorti du restaurant, ils commencèrent à comparer leurs économies...

"J'ai seulement reçu 1€ sur les 20 de réduction!" déclara le sixième homme. Il pointa le dixième homme, "Mais lui, il en a eu 10!".

Le cinquième homme renchéri "C'est vrai! J'ai économisé 1€ aussi, et lui en a obtenu 10 fois plus! C'est INJUSTE!"

"Entièrement vrai!" s'exclama le septième. "Pourquoi recevrait-il 10€ quand je n'en reçois que 2? Le riche obtient plus de réduction que tout le monde!"

"Maiiiiiis, attendez une seconde" jappèrent les 4 premiers à l'unisson. "Nous n'avons RIEN reçu du tout! Le système exploite le pauvre!!!"

Ainsi, les neuf hommes entourent le dixième et commencent à le battre.

Sous des cieux plus cléments...

Le soir suivant... le dixième homme ne rejoint pas les neufs compèrent pour boire leur verre quotidien... Les neufs hommes s'asseyent donc et commencent à boire sans lui.

Vient le moment de payer... Et là, ils découvrent qu'ils n'ont pas assez d'argent pour payer leurs consommations. Ensemble, ils ne réunissent même pas la MOITIE de la note...


Et ça... c'est la façon dont notre système d'imposition fonctionne.

Les personnes qui paient le plus de taxes recoivent le plus grand bénéfice d'une réduction d'impôts.

Attaquez les trop, taxez les trop fort pour le simple fait d'être plus riche (trop riche oseront certains sans même voir les efforts consentis pour parvenir à celà), et ils finiront par ne plus venir.

En réalité, ils iront juste boire sous des cieux plus cléments où l'atmosphère est un peu moins hostile face à leur réussite.
(texte attribué à David R. Kamerschen, Ph.D., Professeur d'économie de l'Université de Georgie).


Ce texte illustre à merveille l'attitude de certains partis qui condamnent le fait que la catégorie la plus riche de la population a bénéficié le plus de la réduction d'impôts... ce qu'ils oublient de dire, c'est qu'ils calculent en terme absolu et non en terme proportionnel...

Pour ceux qui comprennent... je pense qu'il n'y a rien de plus à expliquer..
Pour ceux qui ne comprennent pas, aucune explication n'est possible...