lundi 5 novembre 2007

Vingt pour cent, les seuls qui comptent !

Le chiffre est d'Yves Leterme. Selon lui, quatre-vingts pour cent du chemin vers l'Orange bleue a été accompli. Ces pour cent-là sont les seuls qui comptent.

La question à formuler ne serait-elle pas plus tôt : "A ce stade-ci, cet accord est-il encore souhaitable?"

Dire que 80% sont engrangés, c'est faire l'impasse sur la loi de Pareto. C'est un peu devenu un simplisme que de parler de cette loi des 80-20, mais les 20% restant renferment quand même 80% des ennuis à venir...

Ce gouvernement est-il encore souhaitable? Personnellement, je ne le pense pas. J'ai rarement vu, du haut (où bas c'est selon) de mes 32 ans, un débat politique aussi enfermé, aussi malsain que le show médiatico-politique auquel nous sommes conviés depuis 148 jours maintenant.
Quel que soit le cas de figure, nous ne sommes plus dans une situation gagnant-gagnant mais perdant-perdant.

Perdants les politiciens (je n'ai pas vu beaucoup de femme ou d'homme d'Etat depuis 5 mois). Quelle crédibilité ont-ils encore? Je ne vois plus que des irresponsables de part et d'autre de la barrière. Où est encore le sens de la négociation? Si des entrepreneurs ou syndicats devaient négocier à coup de phrases assassines, jamais nous n'arriverions à des accords.

Perdants les journalistes qui m'ont donné au fil du temps le sentiment d'en rajouter une couche. D'accord pour le devoir d'informations, pas d'accord quand celles-ci est manipulée par les phrases assassines des uns et des autres. Que les journalistes aient joué là dedans me déçoit énormément. (c'est peut être un perception tronquée que j'ai là). Néanmoins, je vais corriger cette affirmation en disant que nous avons quand même eu droit à un bon cours d'histoire à côté.
Perdants les citoyens qui ont vu leurs votes confisqués. J'ai lu dans un forum un intervenant qui mentionnait des amis néérlandophones qui tenaient à l'unité du pays mais avaient voté CD&V. Je voudrais juste lui répondre que les flamands n'ont guère le choix. Tous les partis, sauf Groen, ont une composante nationaliste en leur sein. CD&V et la NVA, SPa et Spirit... Puis ces gens ont-ils voté uniquement pour un programme instotutionnel? Non, certes non... ils ont voté pour des programmes économiques, sociaux, environnementaux aussi. Le fait que le politique "nationaliste" ait capturé le débat est lamentable mais on ne peut accuser les flamands pour autant d'avoir voté un programme institutionnel.

Perdants enfin les programmes... tout le reste des accords est déjà dans le brouillard, la population n'attendant plus que la réponse à la question institutionnelle. Pendant ce temps, le pouvoir d'achat des Belges continue à diminuer, l'image internationale se déteriore, le travail reste le plus cher en Europe...

Faire naître l'Orange Bleue, c'est participer à la naissance d'un mort né. L'Orange Bleue... bleue parce que déjà étouffée? Cyanosée? Soyons lucide... n'espérons pas un changement d'attitude des différents partis après la négociation. Ce sera un gouvernement qui passera son temps en campagne pour 2009, en phrases assassines, avec un programme qu'il ne pourra pas tenir, faute des 2/3 indispensable à une vraie réforme.

De réformette en réformette, l'opposition va se régaler, elle sera même aidée de l'intérieur. De réformette en réformette, notre tuyauterie va encore se complexifier... de réformette en réformette, l'inflation des textes incomrpéhensibles et mal ficelé (voir le nombre d'arrêt des cours des dernières années: erreurs de traductions, textes inapplicables, compétence d'avis baffouée systématiquement, inconstitutionalité...) Inflations de textes dont je ne comprends pas que les journalistes ne s'emparent pas. Nul n'ets sensé ignorer la loi... je ne suis même pas sur que ceux qui les votent les connaissent encore... Petit problème de statistiques : combien de loi, arretés, règlements etc sont publiés chaque années? Illisible je vous dit.

Alors, vers quoi? Tant qu'à faire une réforme, soyons prêt pour une fois à tout remettre à plat. Partir de la feuille blanche, mêlons tout le monde, tout les partis pendant deux ans et redessinez nous un pays, des institutions lisibles par tous et une vraie démocratie. Le peuple ne vous demande rien d'autre. Créez une "super-commission" rassemblant tout le monde puor y travailler pendant deux ans. Et que le gouvernement se contente de travailler sur l'immédiat vu qu'il est incapable de vision long terme.

Messieurs, travaillez sur l'emploi, le social, l'économique, la comtétitivité, l'environnement, relancez la Belgique. Et que la commission me recrée un pays en lequel je peux croire, avec un projet, une envie, une motivation.

lundi 16 juillet 2007

La Sabam se trompe de cible...

En mettant sous pression les fournisseurs d’accès de Belgique, dans la foulée de sa victoire contre Scarlet, la Sabam ravive la controverse entre défenseurs acharnés et ennemis jurés du peer-to-peer.

Que la société des auteurs compositeurs ait parfaitement le droit de protéger son répertoire musical ne souffre pas de discussion : c’est la loi qui le lui permet explicitement. Et l’on ne peut nier que, même dans un monde où la musique se fait de plus en plus numérique, les auteurs aussi doivent payer leur loyer au début du mois.

Pourtant, malgré d’indéniables abus, l’amalgame fait entre les utilisateurs du peer-to-peer et le vol à l’étalage est irritant.

Qui niera que ces réseaux constituent un formidable outil de découverte musicale, que les supermarchés du disque ont cessé depuis longtemps de jouer et que les plates-formes de téléchargement commercial sont encore loin de remplacer ?

D’autant que, pas plus que le prêt de disques par la médiathèque, le peer-to-peer n’empêche des dizaines de milliers d’internautes belges d’acheter aussi des CD. Quelle étrange technique marketing qui consiste à systématiquement criminaliser ses clients, dont certains n’ont pas encore quitté les bancs de l’école primaire et n’imaginent pas une seconde qu’ils jouent parfois aux Arsène Lupin sur le Net.

Mais il y a plus grave. En montrant du doigt les fournisseurs d’accès et en leur imposant un rôle de douanier virtuel, on met en place les conditions d’une dangereuse dérive. Certes, ces opérateurs de réseaux font preuve d’une bonne dose d’hypocrisie en se retranchant derrière la sacro-sainte vie privée de leurs clients pour s’exonérer de toute responsabilité.

Mais est-ce à eux de jouer ce rôle de station d’épuration – parfois bien nécessaire – aux portes de l’internet ?
Qui aurait l’idée saugrenue de demander à Belgacom d’écouter tous les appels de ses abonnés pour être sûr qu’aucun malfrat ne se sert du téléphone pour préparer un mauvais coup ?
Et tiendra-t-on rigueur à la Régie des routes d’avoir laissé une voiture volée emprunter une bretelle d’autoroute ?

Voilà pourtant le rôle intrusif dont on veut charger les fournisseurs d’accès.
En faisant voler en éclats la neutralité des opérateurs de réseaux, on ouvre la porte à n’importe quelle mission pour Belgacom et ses concurrents. Que leur demandera-t-on de filtrer demain ? Et pour le compte de qui ?

Copyright Alain Jenotte, Le Soir.

mardi 3 juillet 2007

A propos des élections et de l'état de la démocratie en Belgique...

J'ai parfois tendance à conserver des articles et des interviews de politicien.
Je trouvais qu'en ces temps troublés de formations du gouvernement, ça valait la peine de vous faire profiter d'une interview de 2004...

La vérité sort de la bouche des politiciens...

(...)Nous nous rappelons tous combien l'on a oeuvré pour l'abolition de ce (vilain) financement des partis, opaque et occulte. Plus de dons aux partis ! Finis les dîners de soutien ! Qu'advienne la pureté !

Et donc les pouvoirs publics devaient financer les partis.Je préside la Commission de contrôle. Et qu'y vois-je ? Certains partis employent 50 à 100 personnes, aux frais de la collectivité. Tout d'un coup, ces partis reçoivent un subside annuel d'un montant de 100, 120, 150 millions de francs (note : 1 € = 40,34 BEF)

Tout cela pour ne surtout pas être soumis à la tentation d'accepter l'argent des entreprises.

Et qui décide de l'allocation de tous ces moyens ?
La direction du parti ! Elle choisit les figures de proue, elle fait ou démolit qui elle veut.

Croyez-moi: en 1831, la Belgique comptait plus d'électeurs qu'aujourd'hui. En 1831 il y a avait à peu près 60.000 électeurs, tous des hommes de plus de 25 ans avec une certaine fortune.

Aujourd'hui, nous avons à peu près 400 électeurs - dans le meilleur des cas, 4.000. Ce sont les gens qui aujourd'hui, grâce aux moyens qu'ils ont reçus de l'état - donc de vous et moi - décident qui figure sur les listes électorales et à quelle place, et qui décident par conséquent qui sera élu.(...)

Interview de Herman De Croo, Président de la Chambre des représentants de Belgique, dans l'hebdomadaire Knack du 11 août 2004.

Bref... en 2007, notre pays a, semble-t-il, fait une jolie marche arrière en matière de démocratie, ce sont les nomenclatura que nous finançons qui décident de tout. Votre vote est au final facultatif...

dimanche 1 juillet 2007

Préjugés tenaces et concepts incompris

Excellent texte d'Alain Siaens, économiste.


Les politiciens, socialistes plutôt que sociaux démocrates, n'aiment pas les fonds de pension, parce que la répartition évoque la solidarité tandis que la capitalisation évoque le capitalisme.


Après la spéculation (Voir La Libre Entreprise du 16 juin), voici d'autres concepts ou arrangements que la plupart des hommes politiques pas seulement dits de gauche, n'arrivent pas à digérer : par exemple, capitalisation et fonds de pension.


Le Système de Répartition

Pour rappel, le système de répartition paie de façon centralisée les pensions des retraités avec les cotisations des actifs, lesquelles dépendent de la proportion démographique entre cotisants et pensionnés. Les engagements vis-à-vis des pensionnés ne sont pas "funded" et constituent une sorte de dette publique non explicite.


Le Système de Capitatlisation

Le système de capitalisation, lui, investit les cotisations à travers des spécialistes de la gestion en concurrence tels que fonds de pension et compagnies d'assurance-vie. Il offre à chaque retraité le capital pension ou une rente avec le produit de sa capitalisation. Les cotisations s'ajustent en fonction du rendement des placements, et pas directement d'après les aléas démographiques. La Belgique paie les pensions légales par répartition. Les fonds de pension et compagnies d'assurance capitalisent les pensions extralégales du 2e pilier. En tant que 3e pilier, l'épargne-pension individuelle est encouragée.

L'économètre socialiste hollandais Jan Tinbergen, prix Nobel d'Economie, a démontré en 1945 la supériorité de la répartition conforme à son idéal de planification et il a convaincu alors les Pays-Bas d'abandonner la répartition en faveur de la capitalisation; les fonctionnaires néerlandais ont leurs fonds de pension en bonne liaison avec les assureurs.

Et pourtant les politiciens ou fonctionnaires français (et plus rarement belges), d'autant plus qu'ils sont socialistes plutôt que sociaux démocrates, empêchent les fonds de pension de se développer, parce que ce serait une tradition anglo-saxonne plutôt que française, parce que ce serait individualisé et concurrentiel plutôt que collectif et étatiquement centralisé, ou tout simplement parce que répartition évoque solidarité et capitalisation évoque capitalisme.


Paradoxalement, les fonctionnaires français recourent à un fonds de pension (le "préfonds") qui n'en est pas un. Ségolène Royal parle d'un "fonds de pension collectif". N'est-elle pas disciple en ce sens de Lénine qui appelait de ses voeux une seule usine, une seule ferme, un seul bureau, ou du ministre Savary souhaitant un seul grand service public unifié de l'Education nationale ?


Garder le contrôle... des fonds ou du peuple?


Les politiciens "collectivistes" aiment les grands organismes publics gérés d'en haut car en faisant prévaloir le forum sur le marché, ils augmentent leur pouvoir de contrôler et de nommer les dirigeants censés être des eunuques dévoués sans passion et désintéressés, sous prétexte de faire rationnellement le bonheur des gens d'en bas.


Etats-Unis, Royaume-Uni et tous les autres pays du Commonwealth, Pays-Bas, pays scandinaves, Suisse expérimentent quant à eux les fonds de pension qui génèrent la meilleure épargne qui soit, celle qui s'investit au moins pour moitié en capital à risque irriguant les entreprises - y compris françaises ! - et y jouent un rôle d'actionnaire professionnel.


Monopoles, ententes et cartels restreignent l'offre, relèvent les prix au-delà de ce que la concurrence offrirait aux consommateurs. Les économistes les font pourfendre et cherchent à limiter ou corriger les formes imparfaites de concurrence.


Dans une économie de marché, la concurrence a pour fonction d'annihiler le "profit", ce que les entrepreneurs cherchent à maximiser, à savoir la valeur ajoutée résiduelle après que tous les facteurs de production y compris le capital eurent été rémunérés aux prix du marché.


Capitalistes et gauchistes détestent la concurrence.


Des premiers, Adam Smith disait : "les gens d'un même commerce ne se réunissent jamais même pour se divertir, sans que la conversation ne tourne autour de la question de savoir comment s'entendre sur le dos des consommateurs et utiliser à cette fin la puissance publique".


Les seconds aiment tellement peu la compétition qu'ils sont arrivés à faire supprimer le classement ordinal dans les écoles, pour ne pas traumatiser les derniers de classe, par égalitarisme.


Plutôt qu'à la concurrence qualifiée d'effrénée, ils préfèrent confier à l'Etat le soin de fixer et plafonner les prix (jusqu'à preuve d'inefficacité bureaucratique) car ils promeuvent une société de contrôle, de droits sans devoirs, d'assistés, de statuts plutôt que de contrats libres.


Les mêmes collectivistes auxquels se joignent les bien pensants de la plus étroite tradition catholique romaine éprouvent une aversion instinctive contre les banquiers. Que d'injures : "hommes d'argent" qui "s'enrichissent en dormant" (Mitterrand), "usuriers" (auxquels le qualificatif juif est pensé, mais non prononcé), la finance soit disant "hypertrophiée" ou déconnectée du réel. Les banquiers seraient comme les pigeons; les uns et les autres volent, mais les pigeons s'arrêtent parfois de voler.

Syndrôme Philippe le Bel


Cet atavisme obscurantiste est millénaire. Le syndrome dit de Philippe le Bel est l'assassinat de tous les templiers qui n'avaient commis qu'une seule faute, celle d'accumuler des actifs là où le Roi de France n'avait plus que des dettes. L'incompréhension du prêt à intérêt était originellement propre aux religions du Livre, puisque se prêter avec intérêt, entre juifs du moins, était bibliquement proscrit.


Il subsiste dans les mentalités par envie ou faute de bonnes raisons. Combien de fois des gens de gauche n'utilisent pas l'argument ad hominem : "c'est un économiste banquier" en sous-entendant "tandis que nous sommes purs et objectifs".


Si un industriel condamne une activité telle que la spéculation, s'étonnera-t-on qu'a fortiori des enseignants amers le fassent, se réfèrent même à lui et vilipendent ces facettes de l'économie de marché, si bien que leurs élèves sont biaisés et mal renseignés sur le monde de l'entreprise. Un de mes amis m'a avoué qu'adolescent il avait entendu un enseignant (d'un ordre religieux très romain, très centralisé, et dont le chef est appelé général) nous vanter la noblesse des métiers "publics" de magistrat, militaire, enseignant, fonctionnaire, politicien, etc, et décrier les activités entrepreneuriales en traitant de marchands de saucisses ceux qui s'y destineraient.


Ah de quels déterministes sommes-nous victimes ! Pauvres nations héritières d'une tradition latine privilégiant le prince et sa hiérarchie, censés faire le bonheur des peuples, plutôt que les initiatives privées avec émulation et sanctions-récompenses. Des politiciens belges jouent le rôle de la mouche du coche en faisant croire qu'ils créent les emplois par leurs aides, subsides et subventions, par leurs agences, bureaux et autres entités, alors que ce sont les entrepreneurs-investisseurs qui suscitent du travail dans le secteur marchand, de quoi financer secteur public et non marchand.

vendredi 22 juin 2007

De l'inversion des cycles de gestion ou pourquoi devons nous réformer?

Je ne sais pas si je vous l'avais dit mais ma formation de base est celle d'économiste… Ce qui me fait observer le vie politique et économique Belge d'un regard assez critique. On pourrait s'attendre à ce que nos éminences soient des personnes compétentes, pleine de bon sens et ayant un certain niveau d'éducation. Force m'est de constater à l'aulne de mon maigre savoir qu'il n'en est rien. Pourtant, en économie, bizarrement, tout est assez simple. Enfin, je trouve personnellement. La plus difficile chose est de modéliser ce que l'on sent parfois intuitivement, de le démontrer etc… Mais, venons en au fait de ce que j'appelle "l'inversion des cycles de bonne gestion".

Ma démonstration vous paraîtra peut-être simpliste... mais cela ne vaut-il pas la peine d'essayer?

Idées simples, non révolutionnaires, démontrée par Keynes et ses successeurs, mais allons au fait…

Des idées simples…

On peut souvent, en économie, ramener le macro à une approche simplifiée, micro… ici, centrons-nous sur l'individu… De manière amusante, le sens commun et l'intuition du commun des mortels dira :
  • Quand tu as 1 Euro, n'en dépense pas 2
  • Quand tu es en période faste, économise pour les périodes de vaches maigres
  • Quand vient la disette, relance-toi grâce à tes économies qui t'aideront à passer la crise.

Simple n'est-ce pas? Ne sont-ce pas là les principes d'une gestion saine et en bon père de famille? Ces idées simples trouvent leur juste pendant au niveau de la gestion de l'Etat

Que nous racontent ces préceptes que vos parents ou grands-parents vous ont sûrement serinés au temps de votre jeunesse et des premiers "dimanches" (argent de poche) traduits au niveau de l'Etat? Qu'en période de haute conjoncture, il serait bon que l'Etat :

  • Augmente l'impôt
  • Diminue la redistribution
  • Thésaurise les moyens

Ceci se fait d'ailleurs de manière automatique : comme on est en haute conjoncture, les revenus moyens augmentent et les citoyens tombent dans une tranche d'impôts plus élevée. De même, les dépenses de re-distributions des richesses sont plus limitées de par le fait qu'il y a moins de gens au chômage, des gens avec plus de moyens, moins stressés et en meilleure santé (si si… au plus une société est riche, au moins les gens sont malades…).

Cette augmentation d'impôts a aussi ceci d'intéressant qu'elle limite l'envolée des prix, c'est à dire l'inflation. Hors, je fais un petit détour, nous savons que depuis le traité de Maastricht et la création de l'Union Européenne que le taux d'inflation ne peut plus dépasser 2%. Ce qui prive les Etats d'une arme de relance économique et marque la condamnation de la planche à billet. En effet, celle-ci est désormais aux mains de la Banque Centrale Européenne.

D'où, cette augmentation d'impôts permet non seulement d'emmagasiner pour les périodes plus difficiles mais aussi de respecter les critères strictes d'un traité international.

L'autre dérivé de nos préceptes de saine gestion est qu'on attend dès lors de l'Etat, en période de récession, puis crise qu'il :

  • Diminue l'impôt
  • Augmente la redistribution de cette épargne collective
  • Active et lance de grands chantiers.

Impeccable, si l'augmentation d'impôt en période de faste était insensible pour les citoyens (ils ont plus de revenus malgré tout), une baisse de l'impôt en période de crise a plusieurs vertus intéressantes :

  • Elle allège le sentiment de difficulté des gens, hors on sait combien le moral joue sur les intentions d'achats et la consommation
  • Elle aide à passer une période difficile
  • Elle maintient la consommation, moteur de l'économie et peut la faire redémarrer!

L'épargne ayant été collective, il est normal qu'elle bénéficie à tout le monde. Nul besoin cependant de changer les critères d'octroi. En effet, le nombre d'allocataires sociaux augmentera de lui-même.

Mais comme il y a eu épargne, il n'y a pas besoin ni de s'endetter ni de ponctionner plus les actifs! Cette ponction des actifs étant catastrophique par ailleurs :

  • diminution du revenu net,
  • diminution de la consommation,
  • sentiment de "cochon payeur qui paie pour tout le monde",
  • moins d'actifs est aussi égal à moins de revenus taxables : il faut donc maintenir les actifs dans leur emplois à ce moment là, et utiliser l'épargne qui a été faite!

La politique de grands travaux (entendons-nous, je ne vise pas ici spécialement des travaux d'infrastructure ou du secteur secondaire, voire primaire. On peut très bien financer de "grandes manœuvres" dans le secteur des Services!!!) a ceci d'intéressant qu'elle va générer des revenus taxables!

De même, elle va augmenter la demande, donc le besoin d'offre. Cette augmentation de l'offre, il faut que des ressources puissent la produire : donc diminution du taux de chômage. Enfin, qui dit moins de chômeurs dit aussi moins d'allocations à charge de l'Etat. Plus de travailleurs, engendre plus de revenus, engendre plus de consommations et nous voilà dans un cercle vertueux…

Changements et adaptations

Cette politique doit aussi être bien ordonnée, être rigoureuse : on n'investit pas dans le passé!

Je veux dire par là qu'il ne faut pas investir pour maintenir un outil dépassé! Tôt ou tard, cet investissement est perdu, une entreprise qui est dépassée n'ira pas mieux juste en lui commandant des tonnes de matériel! Il faut y mettre de l'argent, soit, mais cet argent doit être utilisé non à maintenir l'outil mais à le reconvertir. Sinon ce ne serait que soins palliatifs menant de toute manière inexorablement à la mort du patient...

L'entreprise et ses travailleurs peuvent vivre pour autant qu'elle se réforme, qu'elle entre dans un marché de niche, adapte son offre à la demande et aux conditions du marché. Enfin, il faut qu'elle FORME ses travailleurs, qu'elle les qualifie à ses nouveaux outils et à ses nouvelles méthodes!

Plusieurs avantages à cela :

  • investissements gagnants et rentables sur le long terme,
  • sauvegarde de l'entreprise et des emplois,
  • les travailleurs acquièrent de nouvelles qualifications qui peuvent leur servir en cas de coup dur! Ils retrouveront d'autant plus vite un emploi!

Il est nécessaire et inévitable aujourd'hui d'agir en respectant ce cycle! En effet, encore une fois les traites européens stipulent qu'un Etat ne peut avoir un budget en déficit de plus de 3%. Ce qui réduit d'autant la marge de manœuvre de pays imprévoyants au moment des crises. Ils ne peuvent relancer l'économie par une politique de dépenses généreuses! D'où l'intérêt du bas de laine servant à financer la remise en route de la machine.

Mais dans les faits…

Les faits, non, les actes vont à l'encontre de la théorie, comme si nos gouvernants n'avaient cure des modèles et des réflexions des intellectuels. Ainsi, nous avons observé qu'au plus fort des crises, les gouvernements belges se sont toujours lancés dans des politiques de grands travaux, ont du les financer d'une part en endettant plusieurs générations à venir (il n'y avait pas de bas de laine!), d'autre part en pressurant encore plus la population (tant active que non-active! Demandez aux pensionnés!) par la mise en place d'impôts supplémentaires (qui ne se souvient pas de la CSG, de l'impôt de crise et autre fioritures fiscales?).

En périodes de hautes conjonctures, nous avons tous accueilli, à tort, comme une bonne nouvelle, la réforme fiscale! On redistribue à tout va, on lance de grands chantiers sociaux, manière de dire une fois de plus au gens : "Ne vous souciez de rien, quoiqu'il arrive, l'Etat y pourvoira!".

Grave erreur que cette politique d'assistanat! De même, au plus fort des crises, nos gouvernements ont financé des entreprises sans leur demander de se réformer, de s'adapter à la demande, de former leurs travailleurs.

Nous avons ainsi investi à fond perdu, laissé les ouvriers dans un état de sous-qualification, perdu des niches et de la compétitivité au niveau mondial. Tout cela, pour qu'au final, l'entreprise inadaptée au monde d'aujourd'hui et de demain coule corps et âmes envoyant de nombreuses personnes et leur famille rejoindre la longue file des assistés!

On peut d'ailleurs se poser la question de ses politiques dont les visées électorales sont transparentes!

Je voulais vous dire…

Je ne défends pas le libéralisme à tout va. Je n'entends que trop dire certains libéraux : Adam Smith, l'offre et la demande, la main invisible…

Non, non et non. Adam Smith, c'est le XVIIIème siècle! Keynes (années 30 et 40)et ses successeurs (jusqu'en 94 avec Stiglitz, prix Nobel d'économie et en 2000, démonstration de l'imperfection des marchés) ont démontré combien Smith avait juste dans un monde parfait (vous savez "toute autre chose étant égale par ailleurs...).

Mais il ne l'est pas! Ils ont aussi démontré qu'en l'absence de cette perfection des marchés, le rôle de "la main invisible" devait être assumée par l'Etat.

Cet Etat qui nous rassemble, qui nous représente… Ces ministres qui sont sensés être des gens qualifiés, compétents. On tente même de nous faire croire qu'ils sont compétents en tout! En effet, on commence aux Affaires Sociales pour terminer aux Affaires Etrangères en passant par les cases Enseignement, Santé, Intérieurs et autres cabinets. Car il s'agit bien de cela in fine : c'est l'Etat qui décide de la manière de gérer l'argent qu'on lui donne, fruit de notre travail!

Et qu'en fait-il? Il le distribue à tout va, ayant des politiques toujours plus généreuses, voulant offrir le tout gratuit à tout le monde. En l'état, nous courrons à la faillite! Ici, il faut différencier : ici, l'Etat, ce n'est plus nous. Ici, la faillite ne touche pas l'Etat mais les individus. L'Etat n'est jamais en faillite tant que vous avez de l'argent. L'Etat finance les politiques en vous ponctionnant, généralement d'ailleurs au pire moment. Si vous ne savez plus payer… vous êtes en faillite! Et vous irez par là aussi rejoindre les files de gens qui attendent de l'aide de l'Etat! Aide par ailleurs légitime vu que vous l'avez financée! Hélas, les caisses sont vides, et comme il y a de moins en moins de travailleurs, il n'y a plus personne pour payer… Le droit que vous aviez disparaît avec l'argent des caisses…

Il faut réformer!

J'ai eu cette envie particulière de refuser mon droit au chômage (je suis indépendant), à la sécurité sociale, à ma pension légale. Je suis prêt à me retirer du jeu… en contrepartie, je demande que l'on cesse de me prendre l'argent que je gagne et qui est si mal géré par celui qui me le prend.

Je préfère gérer les aléas de la vie moi-même, avec des assurances privées en connaissant d'avance (là au moins, le contrat est clair et signé par les deux parties!!!) les limites de leur intervention! En épargnant moi-même pour ma pension. Ce que j'épargne, au moins, je sais que j'en disposerai le jour venu. Car je n'ai guère d'espoir d'un jour bénéficier d'une pension légale. Le système est déjà virtuellement en faillite! Cet appel à plus de libéralisme ne veut pas non plus dire : démerdez vous vous même! Tout comme il faut cesser l'assistanat à outrance tel que pratiqué dans nos sociétés.

Conserver un socle

Je n’appelle pas à l’abrogation pure et simple du système de solidarité. Il faut conserver un socle de solidarité pour palier aux accidents de la vie et aider les plus démunis à retrouver une source de revenu stable et décente.

De même, la ponction sur les revenus et capitaux doit être plafonnée et limitée (le bouclier fiscal dont on entend tant parler). Pour plusieurs raisons :

  • Les plus démunis ne participent pas à l’imposition, ils disposent d’une rente.
  • Les plus « munis » tentent et ont les moyens s’ils le désirent de ne pas participer aux systèmes de solidarité par le biais de montages fiscaux. C’est compréhensible, qui accepte encore d’être ponctionné à plus de 50% ?
  • Reste la classe moyenne qui dispose de revenu juste suffisant que pour ne bénéficier d’aucune aide (ou presque), qui n’a pas les moyens de mettre en place l’ingénierie fiscale pour emprunter la voie la moins imposable et qui doit financer tout le système. Système qui tends à vouloir toujours donner plus et nécessite donc de moyens toujours plus importants…
  • Il faut éviter les pièges à l’emploi et creuser un différentiel entre rente de la sécurité sociale et salaire poche. Mais en aucune façon n’accepter que les avantages d’un chômeur lui soit acquis pour deux ans après l’acceptation d’un emploi… Cette technique tendrait à créer deux classes de travailleurs. Pour un même emploi à salaire équivalent, il vaudrait alors mieux avoir été chômeur pour continuer à bénéficier de réduction dans les crêches, de tarifs sociaux préférentiels etc. Ce qui crée alors une inégalité flagrante et est un appel du pied à tout travailleur de se retrouver, fut-ce pour une temps, au chômage.

En résumé

Je pense que la démonstration que je viens de vous faire vous en convainc et suggère implicitement plusieurs choses :

Si l'aide accordée par l'Etat est un droit, elle repose aussi sur des devoirs : devoirs de financer cette réserve, devoir de tout un chacun à participer à cette politique.

Il faut respecter les cycles et les bonnes nouvelles ne sont jamais celles que l'on croit.

Pour tout cela, les droits accordés doivent être temporaires, ils sont là pour corriger des accidents et relancer la machine, ils ne sont pas là pour être un droit inconditionnel basé sur la rente à vie!

Nous devons conserver un socle de solidarité sans que celui-ci devienne un droit acquis permanent et extensible à l’infini.

Rien n'est gratuit, n'en déplaise à certains qui se font les chantres du "tout gratuit". La facture est toujours envoyée quelque part… généralement vers le citoyen.Si tel n'est pas le cas, alors ce sera effectivement chacun pour soi, le système part en faillite et il faudra quitter la sécu…

Il est donc temps pour nous de lancer de grandes réformes, d’oser un nouveau système, de retrouver des Hommes d’Etat (ceux qui pensent à la prochaine génération) et plus des politiciens (ceux qui pensent aux prochaines élections…)

lundi 18 juin 2007

"Wall-Martisation de la société" ou "Pourquoi limiter le phénomène Low-Cost"

A qui la faute?

Il ne passe pas une semaine sans que je lise dans l’un ou l’autre journal les hurlements, cris, pleurs et surprises suite à l’annonce de l’un ou l’autre délocalisation… J’ai juste envie de leur répondre: “Et alors? Ne l’avons nous pas cherchée? Ne l’avons-nous pas provoquée ? ».

Si un certain nombre de délocalisations répondent à des critères purement financiers, la grande majorité réponde à un besoin économique que nous, consommateurs, avons-nous même créé.

C’est le phénomène que j’ai appelé la « wall-martisation » de notre modèle économique et social. Ceci se reflète dans le phénomène « low-cost » que tout le monde adule… mais se devrait de rejeter pour les perspectives long terme qu’il nous offre. Ce phénomène devrait rester, non pas un « accident » dans l’histoire mais un outil qui sert le consommateur de manière ponctuelle ; en aucun cas il ne faut l’accepter comme modèle économique viable ou souhaitable sur le long terme.

En effet, nos demandes répétées pour des produits toujours plus accessibles et toujours moins chers, poussent les entreprises à mettre une pression presque intenable sur leurs fournisseurs locaux, puis à se fournir ailleurs pour autant que ce soit moins chers. Qu’importe alors la charge écologique ou sociale de la démarche, seul compte le prix que l’on peut offrir aux consommateurs. Conséquence logique, pour conserver un marché, on finit par délocaliser ou créer des emplois précaires.

Pourquoi ai-je appelé ce modèle « Wall-Martisation »…

Quand la société Wall Mart ouvre une de ses grandes surfaces dans une ville, grande est la joie des consommateurs locaux. Il serait d’ailleurs incohérent de ne pas les comprendre ! Un panier de la ménagère comportant de substantielles économies est toujours bon à prendre. Notre pouvoir d’achat s’en trouve augmenté. L’économie ainsi réalisée permet alors de se fournir des biens supplémentaires fournissant aux consommateurs l’agréable impression « d’être ». On remarquera au passage l’évolution de la notion d’être qui confine au paraître, l’importance de pouvoir consommer la même chose que son voisin, d’exister parce que l’on peut acheter…

De corollaire en corollaire

Le corollaire des bas prix de notre Wall Mart est qu’il doit rogner dans tous les coûts possibles et imaginables, érigeant le « low cost » en modèle suprême. Ainsi, il pressurera ses fournisseurs et comprimera les salaires.

Le deuxième corollaire de cette politique est qu’il se crée lui-même ainsi un nouveau marché et finit par devenir le fournisseur « exclusif » des consommateurs. Bien vu les salaires bas… le seul magasin où vous pourrez dès lors trouver de quoi consommer et vivre sera… votre Wall-Mart local…
Bien vus les bas prix… les commerces locaux finissent par fermer boutique… et les rares clients qui leur restaient sont drainer vers le Wall Mart local…

Quant aux anciens employés, au chômage ils ont le choix entre consommer Wall Mart et … bosser chez Wall Mart pour consommer Wall Mart…

Encore bien vu … les fournisseurs locaux ne peuvent plus fournir les (ex-) échoppes locales et en sont réduites à fournir… je sais, c’est lassant, Wall Mart… qui comprime les marges… met nue pression telle sur les fournisseurs que ceux-ci sont obligés de réduire leurs coûts, donc de licencier ou réduire les salaires… et la boucle est bouclée.

Wall-Mart fonctionne du tonnerre parce que le consommateur moyen veut toujours consommer plus pour toujours moins cher.

...et conséquences

Les conséquences à court terme peuvent effectivement être une augmentation temporaire du pouvoir d’achat.

A moyen terme, on passe à la dégradation locale des conditions sociales de la population…

A long terme, on obtient une clientèle captive et dépendante du système. Une diminution de l’offre locale, un risque toujours plus grand de délocalisation vers des pays à bas salaire. Le tout se parachevant par une mise en place d’un monopole de fait.

Evénement Ponctuel...

Au début de cet article, je vous avais signalé que, oui, ce phénomène n’est pas accident mais n’en doit pas moins rester ponctuel.

Ce n’est pas un accident car il répond à une déficience du marché : les entreprises en place finissent par maintenir artificiellement des prix plus élevés que ce qu’ils devraient être. Il s’agit là d’une sorte d’entente tacite sur les prix : tu ne m’agresses pas et je ne t’ennuie pas…

Il est donc normal que de nouveaux entrants ne participant pas à ce système, proche du cartel ou d’un oligopole, traquent les déficiences et profitent pour jouer sur les prix.

Court terme actionarial

De même, les "sauts technologiques" doivent permettre cette réduction de prix, ou la mise en place d'une politique d'innovation, les profits générés servant alors à financer l'évolution. Hélas, la politique "court-termiste" d'un certains nombre d'actionnaires les poussent souvent à se lancer dans le low cost pour générer rapidemment des revenus pour l'actionnaire (ici plutôt un spéculateur) plutôt que de voir la viabilité à long terme d'une entreprise... Certains actionnaires agissant aussi par effet de mode, le low-cost étant à la mode, le mélange est explosif!

Il doit rester ponctuel car, érigé en système permanent, il mène à une paupérisation, à un nivellement par le bas des salaires et conditions sociales et donc nuisent à la société en générale. Par contre, l’action ponctuelle permet de profiter des efficiences dégagées par les « best practices » et les nouvelles technologies.

Ce faisant on accroît la concurrence, on en fait bénéficier la population et cela pousse les sociétés ayant engrangés des bénéfices de « rentes » à se remettre en question, à ré-innover et à proposer de nouveaux produits, plus performants ou offrant de nouveaux services (désirés ou provoqués, peu importe).

Ne pas le rejeter mais savoir le contrôler

Il ne faut donc pas rejeter tout le phénomène low-cost mais tenter d’en limiter la portée à des biens où l’efficience peut être traquée et où les entreprises en place peuvent innover.

La chose à éviter à tout prix est que les entreprises en place soient aussi tentées par le low-cost, cela signifierait que l’innovation serait en panne, que le consommateur-salarié va devenir « victime » de la tendance et que l’ensemble de la société va être pénalisée car, inévitablement, il y aura délocallisation.

jeudi 7 juin 2007

Parabole de la réduction d'impôts

Pour tout ceux qui pensent encore aujourd'hui que les plus gros revenus devraient être encore plus taxés qu'ils ne le sont aujourd'hui... Pour tout ceux qui maintiennent que ce sont les catégories les plus riches qui ont le plus profité des réductions récentes d'impôts, voici une explication simplifiée et compréhensible par un enfant de cinq ans......

Dix compères dans un bar

Imaginons que, chaque jour, dix hommes de retrouvent pour aller boire une bière.

La note pour ces dix personnes revient à 100 €. Nos dix personnes sont inégalement riches et donc ils ont décidé qu'ils appliqueraient à la facture le même principe que celui qui prévaut à la taxation. Graduellement et par tranche ainsi que chacun participe selon ses moyens.

Ainsi, les quatres premiers, les plus pauvres, ne paient rien.
Le cinquième va payer 1 €
Le sixième paiera 3 €
Le septième, 7 €
Le huitième, 12 €
Le neuvième, 18 €
et notre dixième, le plus riche, paiera le solde, 59 €...

Et ainsi, les dix hommes se retrouvent qutodiennement dans le bar et le temps passe. Ils sont tous heureux de l'arrangement conclu le premier jour et tous les jours, la note de 100€ continue a être répartie entre eux de cette manière.

La réduction...

Un jour, le propriétaire du bar vient les voir:
"Vous êtes d'excellents et fidèles clients, je n'ai jamais eu à me plaindre de vous et je vous propose donc, pour vous en remercier, de réduire le prix de vos consommations. Au lieu d'avoir une note de 100 €, à l'avenir, vos boissons vous ne vous coûteront plus que 80 €".

Le groupe décida qu'il serait sain que tous bénéficient de la réduction offerte.

Ainsi, les quatre premiers n'en furent pas affectés et continuèrent à ne rien payer et à boire "pro-deo".

Mais... les six autres, ceux qui payaient pour tous? Comment donc allaient-ils répartir les 20 € de réductions de telle manière que chacun recevrait une part équitable?

Ils réalisèrent que 20€ divisés en 6 donnent 3,33€...
Mais, s'ils soustrayaient cette somme de ce que chacun payait, alors le cinquième et le sixième étaient payés pour venir boire leur verre avec les autres...

La barman leur suggéra de plutôt réduire les sommes que chacun payait par le même ratio que celui utilisé pour répartir la note globale.

Après avoir recalculé les montants de chacun cela donnait ceci:
Le cinquième, tout comme les quatre premiers ne paiera plus rien (réduction de 100%)
Le sixième paie maintenant 2€ au lieu de 3 (réduction de 33%)
Le septième paie 5€ au lieu de 7 (réduction de 28%)
Le huitième paie 9€ au lieu de 12 (réduction de 25%)
Le neuvième paie 14€ au lieu de 18 (réduction de 22%)
Le dixième enfin paie 49€ au lieu de 59 (réduction de 16%)

Les six compères s'en sortent donc tous mieux qu'avant et les 4 premiers continuent à boire gratuitement.

Quand on compare ce qui ne l'est pas...

Mais, une fois sorti du restaurant, ils commencèrent à comparer leurs économies...

"J'ai seulement reçu 1€ sur les 20 de réduction!" déclara le sixième homme. Il pointa le dixième homme, "Mais lui, il en a eu 10!".

Le cinquième homme renchéri "C'est vrai! J'ai économisé 1€ aussi, et lui en a obtenu 10 fois plus! C'est INJUSTE!"

"Entièrement vrai!" s'exclama le septième. "Pourquoi recevrait-il 10€ quand je n'en reçois que 2? Le riche obtient plus de réduction que tout le monde!"

"Maiiiiiis, attendez une seconde" jappèrent les 4 premiers à l'unisson. "Nous n'avons RIEN reçu du tout! Le système exploite le pauvre!!!"

Ainsi, les neuf hommes entourent le dixième et commencent à le battre.

Sous des cieux plus cléments...

Le soir suivant... le dixième homme ne rejoint pas les neufs compèrent pour boire leur verre quotidien... Les neufs hommes s'asseyent donc et commencent à boire sans lui.

Vient le moment de payer... Et là, ils découvrent qu'ils n'ont pas assez d'argent pour payer leurs consommations. Ensemble, ils ne réunissent même pas la MOITIE de la note...


Et ça... c'est la façon dont notre système d'imposition fonctionne.

Les personnes qui paient le plus de taxes recoivent le plus grand bénéfice d'une réduction d'impôts.

Attaquez les trop, taxez les trop fort pour le simple fait d'être plus riche (trop riche oseront certains sans même voir les efforts consentis pour parvenir à celà), et ils finiront par ne plus venir.

En réalité, ils iront juste boire sous des cieux plus cléments où l'atmosphère est un peu moins hostile face à leur réussite.
(texte attribué à David R. Kamerschen, Ph.D., Professeur d'économie de l'Université de Georgie).


Ce texte illustre à merveille l'attitude de certains partis qui condamnent le fait que la catégorie la plus riche de la population a bénéficié le plus de la réduction d'impôts... ce qu'ils oublient de dire, c'est qu'ils calculent en terme absolu et non en terme proportionnel...

Pour ceux qui comprennent... je pense qu'il n'y a rien de plus à expliquer..
Pour ceux qui ne comprennent pas, aucune explication n'est possible...

mardi 29 mai 2007

Outsourcing et télécommunications...

Il faut bien que je commence par un sujet... J'aborde celui-ci car la question m'a été posée il n'y a pas tellement longtemps par un Hollandais qui, actif en stratégie télécom, se demandait où donc s'arrêterait la vague de l'outsourcing (sous traitance) du secteur.

Sa question était : Pensez vous que l'outsourcing des réseaux de télécommunications est une tendance générale dans les marché fixe, mobile et sans-fil (wireless)?

En fait, je pense qu'on peut le voir comme une mode (l'Histoire nous a appris que la vie des entreprises est un balancier... pendant un temps, elles se concentrent sur leur coeur de métier et décident de sous-traiter tout ce qui n'en fait pas partie et après décident de se re-consolider pour partager les synergies entre différentes entités. Très récemment, nous en avons eu la démonstration avec l'achat d'Endemol par Telefonica et sa revente récente à Mediaset...).

Il est donc une question de mode et dans quelques années on pourra probablement s'attendre à une amorce de mouvement inverse, tendant à récupérer la maîtrise de leur environnement... néanmoins sur le court terme, je pense que le mouvement d'externalisation n'est pas fini.

Aujourd'hui donc, les opérateurs télécoms prétendent que leur coeur de métier est de permettre la communication de point à point. Que celle-ci soit de la voix, des données, sur des lignes fixes ou par voies hertziennes importe peu. Traduisons cet objectif par : "revendre de la capacité de communication".

Néanmoins, on constate que les opérateurs aujourd'hui se contentent de sous-traiter le deploiement du réseau et sa maintenance. Ils conservent la pleine propriété de l'équipement constituant ce même réseau. Leur leitmotiv est : ce que les autres effectuent comme métier de base peut être mieux géré par eux que par nous même.

Ils n'ont pas tort en soi mais ils devront alors pousser leur raisonnement à ses limites et en tirer les conséquences qui s'imposent.

Peut-on réellement réaliser des économies et comment?

Si, une seule société est en charge de maintenir plusieurs réseaux, vous obtenez déjà des économies d'échelle. Aujourd'hui, si un opérateur doit intervenir sur site, il doit envoyer un technicien. Ce technicien n'intervient que sur les site de l'opérateur en question. Imaginons que sur le pylone voisin, une autre intervention est nécessaire, c'est le deuxième opérateur qui devra envoyer un autre technicien... Deux techniciens, deux déplacements... inéfficace ma foi.
Si ces deux opérateurs travaillent avec le même sous-traitant, le même ingénieur pourra intervenir sur les deux sites en minimisant le nombre de déplacements...

Mais... le réseau reste la propriété des opérateurs...

Poussons la logique... la revente des réseaux.

Tant que les réseaux appartiennent à des entités juridiques et économiques différentes, les quantités achetées par ceux-ci, et c'est particulièrement vrai dans les petits pays, restent relativement modestes comparées à la toute puissance des fabricants.

Il est donc logique stratégiquement et économiquement qu'à terme, les réseaux soient revendus.

Stratégiquement : les opérateurs vendent l'accès et les minutes / volumes de communication. La possession du réseau et d'assets immobiliers ne font pas partie de cette stratégie. Ils sont juste des "enablers" donc sous traitable.

Economiquement : si les opérateurs veulent tirer le meilleur de leur sous traitant, les meilleurs prix, ils ont tout intérêt à leur revendre ces réseaux.

Si la même société possède plusieurs réseaux, elle peut obtenir des meilleurs prix des fournisseurs car elle procédera à des achats en plus grande quantité.
De même, on peut uniformiser les équipements et donc spécialiser les techniciens à un outillage particulier. Ceci diminuera les coûts de formations, améliorera la consistance du réseau, améliorera la courbe d'apprentissage des techniciens etc... Il faut cependant pondérer cette affirmation en disant que celui qui se met à la merci d'un seul fournisseur pourrait un moment regretter sa toute puissance... Il faudra donc bien balancer les fournisseurs pour obtenir le meilleur équilibre.

Les raisons historiques

Il y a aussi des raisons historiques à cette évolution. Pour le réseau fixe et les opérateurs historiques, l'infrastructure à été majoritairement construite avec de l'argent public. Ces réseaux sont aujourd'hui amortis (ne soyons pas d'entière mauvaise foi, en Belgique, Belgacom a énormément investit ces dernières années pour mettre l'ADSL, le VDSL etc à disposition de la majorité de la population, ces investissements là ne sont pas encore amortis bien sur).
Si je prends le cas du réseau fixe et des régulations européennes, l'opérateur historique doit mettre à disposition de tout opérateur agréé, pour un tarif identique (toute autre condition étant égale par ailleurs) l'accès à son réseau. Au besoin, dégrouper la boucle locale, ce qui permet à l'entrant d'offrir le service de bout en bout au consommateur final.

On constate dans les faits que ça ne marche pas... Les différents concurrents passent leur temps à se plaindre que les tarifs sont exessifs et qu'ils ne peuvent dès lors pas offrir de tarifs consommateurs réellement compétitifs.

Le consommateur, le marché et l'écologie...

De même, dans le cadre du "provisionning" (activation de la ligne et des services) les différents opérateurs se renvoient la balle quand un client veut effectuer une portabilité de numéro. Les durées d'activation et de migration sont totalement dépassées et l'insatisfaction du consommateur se reflète au gré des articles de presse...

Si on rajoute à ces quelques facteurs la pression croissante des lobbies environnementaux et autres écologistes sur les opérateurs mobiles: trop de pylones, inesthétisme, sanitaire. Que l'on corrèle celà au fait que la partage des sites tels que voulu par le législateur ne fonctionne pas bien avec pour résultat trois pylones à 50 mètres de distance ou un seul pylones mais de multiples difficultés d'interventions pour les opérateurs...

On a alors tout intérêt à n'avoir qu'un seul propriétaire des différents réseaux qui louerait son infrastructure aux opérateurs.

Le futur?

Ma conclusion personnelle est que nos différents opérateurs vont probablement revendre leurs infrastructure à des "gestionnaires de réseaux" au niveau européen. Ceux ci feront des économies d'échelle soit sur de grandes surfaces géographiques soit sur de petites zones en agglomérant plusieurs réseaux... soit en combinant les deux.

Nous obtiendrions alors une possiblité de meilleure efficacité et une diminution de plainte pour concurrence déloyale... le propriétaire du réseau étant indépendant des opérateurs (aujourd'hui, l'opérateur historique est aussi souvent le propriétaire du réseau fixe qu'il loue à ses concurrents, situation malsaine s'il en est.)

De même, cette approche résoudrait les soucis actuels de partage des sites, pourrait voir le nombre de pylones diminuer et répondre au phénomène écologiste et NYMBY (not in my backyard = pas dans mon jardin). N'oublions pas non plus que ces sites sont souvent raccordé entre eux et avec les noeuds de réseau via... des lignes fixes. Ce qui engendre une fois de plus la discussion sur le prix à payer à l'opérateur historique comme droit d'usage de ces lignes. La sous traitance et la revente à une entité indépendante éviterait cette discussion.

Tous les opérateurs, historiques et nouveaux entrants, paieraient alors une redevance à des tarifs transparent pour utiliser cette infrastructure et éventuellement pour les services additionnels qu'ils souhaiteraient voir déployer sur ces équipements.

Pour l'opérateur historique, ce serait aussi une occasion unique de valoriser son réseau et de se (re-)financer. N'oublions pas que fin des années 90, de nombreux opérateurs se sont surendettés pour acquérir des licences d'exploitation et l'autorisation de déployer leur réseau (un comble...).

Quid de l'innovation technologique?

La question qui revient souvent quand je prône cette approche est : comment alors se différencier pour offrir des services ou des technologies différentes de nos concurrents?
Très simplement, ce sera une négociation en opérateur et gestionnaire pour que ce dernier mette en place l'infrastructure nécessaire au déploiement de la nouvelle technologie et la mette à disposition de celui qui le demande et le finance... éventuellement en étant un propriétaire pro-actif , le sous-traitant peut lancer un système d'enchères ou d'enchères inversées, ou encore proposer l'exclusivité de la technologie pendant une certaine durée etc...